INTERVIEW  |    

Festival Sem Ta Doua: l’heure est au bilan

Par Edouard Takadji - 09/01/2013

Maskemngar Djim Black, promoteur du festival qui s’est déroulé à Mondou, revient sur l’organisation des festivités

 

Comment avez-vous trouvé le festival et le niveau des artistes traditionnels?
Les artistes présents au festival ont montré leurs talents. Rares sont ceux d’entre eux qui ont déjà eu une occasion comme celle là pour s’exprimer. Avec le festival, c’est un cadre bien indiqué qui leur a permis de communier avec le public mais surtout la jeunesse. Certains participent parfois à des cérémonies nationales mais n’ont pas le temps de s’exploser ou de bien communier, car le plus souvent, ils sont installés au bord de la route pour danser pendant que la cérémonie se déroule. Mais pour le festival, ils ont le cadre qu’il faut pour partager avec le public mais aussi faire découvrir à la jeunesse les diversités culturelles.

 


© journaldutchad.com
Maskemngar Djim Black, promoteur du festival

La jeunesse était à la une à ce festival, car elle a découvert une richesse culturelle. Le festival fera-t-il long feu surtout que les difficultés…?
Maintenir le festival est notre souhait au quotidien. Cependant, cela nécessite d’énormes moyens. Je voudrais vous faire comprendre que cela aurait pu être plus difficile pour cette édition si le Ministère de la Culture n’avait pas intervenu promptement. Les représentants du Chef de l’Etat dans les provinces n’accordent pas de l’importance à la culture. J’ai eu tous les problèmes avec les préfets et Sous-préfets dans la zone. Certains ont refusé même que les groupes de danses traditionnels se déplacent. J’ai écris pour demander leurs aides mais c’était le silence, je suis allé vers eux mais rien. Il faut que ces représentants du Chef de l’Etat dans les provinces changent et donnent de l’importance à la culture.

Peut-on dire que la tenue de ce festival est un pari gagné?
Oui et non. Oui parce que nous avons eu un grand public, une marrée humaine durant tout le festival. C’est un brassage entre les différents groupes de danses traditionnelles et le public. Alors pour que ce festival ne s’arrête pas en chemin, il nous faut de moyens. Pour cette édition, c’est grâce au Ministère de la Culture, la Mairie de Moundou, l’express sud voyage et un député de la région qui ont mis la main dans la poche sinon ce festival n’allait pas avoir lieu. Mais cela ne nous découragera pas, nous allons toujours nous battre pour que ce festival se déroule.

 

 
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