INTERVIEW  |    

Baoré: le prix du ciment a été libéralisé

Par Djimet Biani, ATP - 14/01/2013

C’est par arrêté du ministère du Commerce et de l’Industrie, que la décision a été prise, faisant ainsi disparaître la subvention

 

Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Mahamat Allahou Tahir s’en explique
Laissez-moi d’abord vous rappeler que la politique du gouvernement est de produire du ciment de qualité, accessible, disponible à un prix raisonnable pour toutes les couches sociales. Malheureusement, la SONACIM ne couvre à peine que 20% de la consommation nationale. Le défi pour le Gouvernement, c’est d’augmenter la capacité de production, pour satisfaire la demande nationale qui est croissante. S’agissant du prix, il vous souvient qu’en janvier 2012, juste un mois avant la fixation du prix par le Gouvernement, une commission interministérielle avait travaillé et déterminé le coût réel de production du sac de 50kg à environ 8000FCFA, auquel si on ajoute la marque de SONACIM, on obtiendrait un prix réel sorti d’usine à peu près de 9134F CFA.

 


© atpe
Le ministre du Commerce et de l’Industrie du Tchad M. Mahamat Allahou Tahir

Pourquoi cette décision maintenant, et que devient la mesure de subvention?
Cette mesure avait pour but d’accompagner la SONACIM pendant un temps pour lui permettre de s’installer progressivement et d’augmenter sa capacité de production. Il n’était pas question de subventionner de façon permanente une société qui doit fonctionner comme d’autres sociétés de la place. Voilà les raisons qui ont amené le Gouvernement à libéraliser les prix du ciment et il appartient à la SONACIM de proposer un nouveau prix en fonction du cout de production. La SONACIM est désormais en concurrence parce que l’importation du ciment en provenance du Cameroun, du Nigeria ou d’autres pays n’a pas été interdite.

Pensez-vous que cette mesure ne pénalisera pas le citoyen moyen?
Je voudrais d’abord rappeler que le prix de 6500 FCFA le sac que nous avions fixé n’a pas permis de maitriser les circuits de distribution. Nous avons été confrontés à ce problème d’organisation et de distribution. Beaucoup de spéculateurs ont vendu le ciment tchadien à un prix exorbitant par rapport au prix officiel. Nous avons tous déploré l’incivisme de nos opérateurs économiques. Aujourd’hui, le Tchad amorce son développement et beaucoup de réformes économiques ont été menées. Les opérateurs économiques, surtout des secteurs informels, doivent s’organiser comme il faut pour remplir tous les critères et nous sommes prêts à encourager ces secteurs. Par contre, le Gouvernement met en garde tous les spéculateurs quel que soit leur secteur.

On a l’impression que l’Etat tchadien subit toujours le dictat des opérateurs économiques?
En subventionnant le prix du ciment Tchadien, nous pensions que ce prix allait aider à la réduction de l’importation du ciment. Curieusement, nous avons obtenu l’effet contraire. Nous sommes en deçà de nos attentes. La libéralisation est donc la seule manière, à moyen terme, d’arriver à faire baisser le prix et à couvrir les besoins du pays en ciment. Désormais, le Gouvernement ne subventionnera que l’électricité et le gaz.

 

 

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