Burkina : l’activité minière à l’épreuve du terrorisme

Face à l’insécurité, plusieurs sociétés minières ont réduit leurs activités, à défaut de mettre la clé sous le paillasson.C’est un message qui a réveillé Salam Congo, conducteur d’engins miniers à Ouaré (Centre-Est), une usine de la compagnie Avesoro ressources, l’informant de la cessation des activités de la société pour fin janvier 2022.

« C’était prévisible. La zone de la mine est sous contrôle des terroristes depuis longtemps. Certains convois ont été attaqués, d’autres ont sauté sur des engins explosifs. Le transport et la sécurité des employés coûtaient de plus en plus cher »,  a expliqué ce polygame et père de sept enfants.

Par la suite, les mines de Youga et Nietiana, dans le Centre-Est (du canadien Avesoro ressources), de Namissiguima dans le Nord (de l’australien Riverstone Karma), de Taparko et Bouroum dans le Centre-Est (du russe Nordgold) ont successivement fermé leurs portes du fait de l’insécurité. Pour la seule année 2022, ce sont six mines industrielles qui ont cessé leurs productions pour le même motif.

« Les mines qui ont fermé ne l’ont pas fait de gaieté de coeur », s’est désolé Adama Soro, président de la Chambre des mines du Burkina.

En attendant de trouver un nouvel emploi, M. Congo se tourne les pousses, à l’image des 2257 autres employés directs miniers, au chômage, selon le rapport 2020 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Les emplois indirects perdus sont estimés entre 5000 et 7500, toujours selon la même source.  

Sur les 17 sociétés minières que compte le pays, seulement huit sont toujours en activité. La production industrielle de l’or, par exemple, a baissé de 20% en mars 2022 (5.22 tonnes), comparativement à la même période en 2021 (26.1 tonnes), selon le ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective. 

Le journaliste, Elie Kaboré, directeur de publication du journal en ligne « Mines Actu Burkina » a noté, lui, une baisse générale de la production minière. Entre janvier et septembre 2022, 43,651 tonnes de ressources minières ont été produites contre 50,126 tonnes à la même période en 2019, soit une chute de 13,4% entre 2022 et 2021.  

L’ITIE a rapporté que ces fermetures ont engendré la perte et un manque à gagner aux recettes de l’Etat de près de 25 milliards de FCFA. Au premier semestre de l’année en cours, 331 communes reparties dans les 13 régions du pays ont engagé plus de 144  milliards FCFA, au titre du Fonds minier de développement local (FMDL). La cessation des activités des mines industrielles constitue « des manques à gagner pour les budgets des collectivités en termes de taxe superficiaire, de patente, d’investissement dans les infrastructures socio-économiques…», a relèvé Elie Kaboré.

Les exactions des groupes armés non étatiques ont fini par avoir raison de la sérénité du climat des affaires dans le secteur minier. « La fermeture des projets de recherche n’est pas de nature à assurer un avenir radieux pour le secteur minier. On arrivera à un moment où il sera difficile développer de nouveaux projets miniers parce que la recherche a manqué », s’est-il inquiété.

Outre les attaques contre le personnel et les biens des entreprises minières, le commissaire de police Harouna Bambara a noté des harcèlements de sites et les attaques contre les convois miniers. En novembre 2019, une embuscade contre un convoi transportant des employés de la société canadienne Semafo, à Boungou, a fait 37 morts et 60 blessés.

L’officier de police a affirmé que les mines en exploitation sont obligées à investir « massivement » dans le transport et la sécurité des travailleurs et des biens. Pendant que certaines sociétés ont opté pour le transport aérien des employés, d’autres ont choisi de renforcer les escortes des convois de travailleurs, a indiqué le commissaire de police. Il a soutenu que, selon le Code minier, c’est à l’Etat d’assurer « la sécurisation des activités minières et des sites miniers ».

A cet effet, il a été créé en 2014, l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) dont la mission est d’assurer la sécurité et d’améliorer les conditions sécuritaires des sites miniers. Le journaliste Elie Kaboré a appelé à « réaffirmer le rôle de l’ONASSIM en le dotant de moyens conséquents ». Il a invité le gouvernement à « intégrer la sécurisation des mines dans la stratégie globale de lutte contre le terrorisme ».

Attentat de Bassam : audition de l’hébergeur d’un jihadiste

Le prévenu Kounta Sidi Mohamed reconnaît avoir hébergé Kounta Dallah, un auteur de l’attaque terroriste de la station balnéaire de Grand-Bassam, ayant fait 19 morts et 33 blessés.Au deuxième jour du procès devant le Tribunal criminel de première Instance d’Abidjan-Plateau, ce jeudi 1er décembre 2022, l’accusé Kounta Sidi Mohamed (43 ans), a déclaré avoir hébergé Kounta Dallah, un Malien, visé comme l’un des jihadistes qui ont ouvert le feu le 13 mars 2016 sur des personnes à la principale plage de Grand-Bassam. Trois hôtels ont été ciblés.  

L’accusé, à la barre, a expliqué avoir rencontré Kounta Dallah à Abidjan pour la première fois. Le mari de l’une de ses sœurs, résident au Mali, l’avait appelé un jour pour lui demander d’accueillir Kounta Dallah à une période où il devrait se rendre dans le Nord ivoirien pour prendre part à un mariage.

De retour de ces noces, il dit découvrir Kounta Dallah chez lui. Ce dernier passa au moins une nuitée avant qu’il ne lui demande d’aller dans une auberge vue que son appartement de trois pièces ne pouvait contenir, lui, ses deux femmes, et l’hôte Kounta Dallah venu avec son ami Ibrahim Cissé.

Durant le séjour de l’étranger, Kounta Sidi Mohamed, marabout à Adjoufou, un quartier de Port-Bouët (Sud D’abidjan), affirme s’être rendu avec Kounta Dallah à la plage à Grand-Bassam, où ils se sont tous livrés à une partie de baignade. Mohamed qui regrette aujourd’hui de l’avoir hébergé, dit ne pas savoir son projet sur l’attaque de la station balnéaire de Grand-Bassam. 

Selon Kounta Sidi Mohamed, le présumé terroriste Kounta Dallah est également un marabout. Il était venu pour rencontrer un client. Par la suite, il aménagera dans une villa dont la valeur mensuelle serait de plus de 200.000 FCFA dans le quartier d’Adjoufou, à Port-Bouet. 

Kounta Sidi Mohamed, dont le Français est approximatif, indiquera avoir été à la plage de Grand-Bassam avec son hôte le 21 février 2016. Par contre, dans le procès-verbal établi par l’enquête préliminaire, il déclare qu’ils se sont rendus à la plage le 6 mars 2016 pour, tous nager.

Ce parcours montre que Kounta Dallah a eu le temps de prospecter le théâtre d’opération avant de mener son assaut avec deux autres individus aperçus par des témoins. Kounta Mohamed dit avoir pris un repas et bu un thé avec Dallah entre 11h et 12h ce 13 mars 2016, jour de l’attaque.

Par ailleurs, un autre accusé, Moussa Soleimin, rapporte dans sa déposition que Kounta Dallah était présent à 14h (GMT, heure locale) ce 13 mars 2016, jour de l’attaque, chez Kounta Mohamed à Adjoufou. Alors que l’assaut était en cours à 13h.

La défense a demandé qu’une photo portant des écritures en arabe, dont la signification du procureur de la République, représentant le ministère public, et de Kounta Mohamed était différente. Un expert assermenté auprès du Tribunal devra trancher lors de la prochaine session.

Le procès qui s‘est ouvert le 30 novembre 2022, et dont la deuxième journée a vu comparaître le 2e accusé, se poursuit mercredi prochain. L’audience se tient chaque mercredi et jeudi. Seulement, quatre prévenus sont devant la barre sur 18 accusés dans l’affaire de l’attaque terroriste de Grand-Bassam.

L’opération a été revendiquée par Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) qui l’a attribué à sa branche Al Mourabitoune qui venait de commettre quelques semaines plus tôt, en janvier à Ouagadougou, au Burkina Faso un attentat dans lequel 30 personnes ont été tuées.

Pour cet assaut, les jihadistes ont aussi diffusé les images du commando constitué des nommés Hamza al-Fulani, Abd ar-Rahman al-Fulani et Abu Adam al-Ansari. Alors que le supposé commanditaire, Mohamed Ould Nouini, commandant au sein d’Al Mourabitoune a été éliminé par l’armée française en 2018.

L’un des principaux organisateurs, Mimi Ould Baba Ould Cheikh est encore en vie, mais en détention au Mali. Fawaz Ould Ahmed dit Ibrahim 10 lui également, impliqué dans cet attentat, a été jugé en octobre dernier au Mali et condamné à mort pour avoir participé aux attaques, en 2015, du bar-restaurant La Terrasse et de l’hôtel Radisson Blu à Bamako.

Faute de mettre la main sur ces gros poissons, la justice ivoirienne se contentera de juger leurs présumés complices ou encore tous ceux qui sont impliqués dans l’exécution de cet attentat, le premier qu’a connu la Côte d’Ivoire sur son sol.

Les noms des accusés affichés par le Tribunal criminel sont : Kounta Dallah ; Kounta Sidi Mohamed ; Barry Hassan ; Cissé Hantao AG Mohamed ; Ould Mohamed Ibrahim ; Hamza Ben Mohamed ; Mimi Baba Ould ; Allou Doumbia. Figurent également parmi les accusés Dicko Midi ; Cissé Sidi (Mali) ; Diallo Ali ; Gaye Oumar ; Kandiallo Mamadou ; Haidara Boubacar Mahadi ; Koné Soleimin Moussa ; Yanourga Koné et Cissé Ali.

La Côte d’Ivoire veut réduire les actes d’incivisme

Une étude révèle la recrudescence des actes d’incivisme commis aussi bien par des jeunes, des adultes que par des aînés sensés être des garants des valeurs de la société traditionnelle africaine.Au cours d’un atelier tenu ce jeudi 1er décembre 2022 à Cocody, une commune dans l’Est d’Abidjan, l’Observatoire de la solidarité et de la cohésion sociale a rendu public les résultats de son étude intitulé « Comment contribuer à la réduction des actes d’incivisme pour le renforcement de la solidarité sociale en Côte d’Ivoire ?

Ces travaux, selon le directeur général de l’Observatoire de la solidarité et de la cohésion sociale, Ibrahima Coulibaly Tiohozon, font suite aux études préalablement réalisées par le Conseil national de sécurité et le ministère de la Promotion de la jeunesse, de l’insertion professionnelle et du service civique.

Cela, après le constat de la recrudescence des actes d’incivisme. L’objectif principal de ces travaux de l’Observatoire de la solidarité et de la cohésion sociale est de contribuer à combattre l’incivisme en Côte d’Ivoire.

« Notre monde, notre environnement immédiat enregistrent au quotidien des effets d’actes d’incivisme émanant soit des citoyens ordinaires, de nos proches, de nos voisins et parfois de nous-mêmes », a-t-il fait observer.

Cette agression de l’ordre normal établi provoque souvent une désorganisation et un désordre qui, inéluctablement « dérangent très souvent notre quiétude ainsi que l’harmonie dont nous avons besoin pour vivre mieux dans notre environnement », a-t-il poursuivi.

Pour sa part, la directrice de Cabinet adjointe du ministère de la Solidarité et de la lutte contre la pauvreté, Marie Koné Kouadio, a fait observer qu’une « petite violation » du Code de la route, une intolérance traduite par un refus de céder le passage sont des gestes courants.

Des gestes, dira-elle, peuvent à priori paraître anonymes, mais dont les effets à grande échelle pourront causer des embouteillages empêchant un médecin urgentiste d’arriver à l’heure pour sauver un malade dans le besoin de l’intervention du médecin.

« Il s’agit là de la réalité de l’impact de certains cas d’incivisme sur nos vies » et « plus généralement sur le   bien-être de l’ensemble de la communauté. », a souligné la représentante de la ministre de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté.  

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé dévoile son agenda

Rentré de la Haye le samedi dernier, Charles Blé Goudé a tenu à travers un point de presse organisé ce 1er décembre 2022 au siège de l’ONG Fidhop, à Cocody-Riviera (Abidjan), à remercier le Comité d’accueil dirigé par Dr Gervais Boga Sako.Après avoir rendu les honneurs aux différentes personnalités impliquées dans les préparatifs de son retour en Côte d’Ivoire, il a indiqué effectuer une visite à ses parents ce week-end, aux fins de revivre avec eux la chaleur d’un fils qui retrouve ses terres.

« Je voudrais au nom de tous mes collaborateurs dire merci au Dr Boga Sako », le président de la Fondation pour les Droits de l’Homme et la vie politique (Fidhop), a déclaré Blé Goudé qui l’a désigné comme président du Comité d’accueil pour son retour en Côte d’Ivoire.  

« Ce week-end, je fais ma rentrée officielle dans ma région natale », a dit Blé Goudé. Embranchant toujours sur un ton apaisé, il a manifesté le besoin d’être un acteur de la réconciliation en Côte d’Ivoire à travers des visites aux guides religieux, ensuite aux chefs traditionnels, puis aux politiques.

Pour lui, ce n’est pas trop demander d’aller à la cohésion, parce que l’Allemagne et la France, rappellera-t-il en dépit d’un passé douloureux ont su passer d’une situation de belligérance à une alliance, à tel point qu’il n’est plus question « d’un duel mais d’un duo ».

M. Blé Goudé, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des Peuples (COJEP), parti de l’opposition ivoirienne, croit encore à la réconciliation entre les fils et filles de la Côte d’Ivoire, qui a connu une grave crise post-électorale en 2010-2011 qui a fait plus de 3.000 morts.  

« Nous nous sommes arrêtés à un moment de douleur. Je suis venu panser ses plaies », a-t-il lancé. Il s’est par ailleurs réjoui du présent que lui a remis le Dr Boga Sako au nom du président du Conseil Supérieur des Imams, des mosquées et des affaires islamiques (Cosim), Ousmane Diakité, à savoir un Coran.

Pour lui, cela représente un symbole fort pour la réconciliation de la part de ce guide religieux. Blé Goudé n’a pas manqué de donner les raisons qui ont milité au choix du Dr Boga Sako, pour la direction du Comité d’accueil.

Il a soutenu que cela est dû à l’engagement de ce dernier à leur côté pendant leur période de détention à la Haye, l’ancien président Laurent Gbagbo et lui. La cérémonie s’est achevée par la remise d’attributs de la Fidhop au président du Cojep, Charles Blé Goudé.

Côte d’Ivoire : retour du maire de Kasséré au Rhdp

Le maire de Kasséré (Nord), Guibessongui Ouattara, rejoint le parti au pouvoir à la suite d’une démission du « GPS », l’appareil politique de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, actuellement en exil.« Aujourd’hui jeudi 01 décembre 2022, je rends ma démission au poste de coordonnateur GPS de la Bagoué », a déclaré le maire de Kasséré, Guibessongui Ouattara, lors d’une cérémonie, en présence de hauts responsables du Rhdp (pouvoir).

Selon M. Guibessongui Ouattara, « le Conseil municipal de Kasséré a pris la décision de rejoindre le président Alassane Ouattara et de l’accompagner dans son action de développement en marquant notre adhésion au Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) ».

Le maire de Kasseré a salué l’action discrète et efficace de la ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Mariatou Koné, dont les arguments ont été un facteur déterminant dans sa décision de retourner au RHDP.

« Avec respect, humilité et une forte capacité persuasive, elle a réussi à me convaincre pour faire le bon choix », a témoigné le premier magistrat de Kasséré, assurant qu’il revient dans sa maison pour reprendre sa place avec ses frères élus et cadres de la région de la Bagoué, du département de Boundiali.

« C’est le lieu pour moi de témoigner toute ma reconnaissance à M. Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire pour la main tendue », a ajouté M. Guibessongui Ouattara, qui depuis 2018 est le maire de la commune de Kasséré.

Sorti du rang du Rassemblement des républicains (RDR), le parti qui a amené l’actuel chef de l’Etat au pouvoir, Guibessongui Ouattara a répondu en 2018 à l’appel de ses parents pour les élections municipales, ce qui a occasionné le rejet de sa candidature au RHDP.

Son équipe et lui ont formé une liste indépendante et ont remporté les joutes électorales. Il a été suspendu puis radié par les responsables du parti à cette époque. Après un temps d’observation, il intègre le GPS (Générations et peuples solidaires) de M. Soro et est nommé Coordonnateur régional GPS de la Bagoué.

Egrainant le motif de son retour au Rhdp, il a évoqué entre autres, la reconstruction de la mairie de Kasséré, la construction et l’équipement de la nouvelle brigade de la ville, le projet d’extension de l’électricité de certains quartiers

En outre, le Département de Boundiali a bénéficié des actions de développement « bien visibles ». Et aujourd’hui, le canton le Pongala compte 17 villages tous électrifiés, soit un taux de couverture de 100 %.

Son père, feu Ouattara Zana, a dès la création du RDR démissionné officiellement de son poste de premier adjoint au maire de la commune PDCI de Kasséré pour rejoindre le RDR. Il a fait savoir qu’il a été nourri à la sève politique du parti de Alassane Ouattara.

Ce retour au Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) intervient un peu plus de deux semaines après l’adhésion de l’ex-footballeur international, Kalou Bonaventure, maire indépendant de la commune de Vavoua (Ouest) au Rhdp, parti dont Alassane Ouattara est le président. 

RDC : Félix Tshisekedi cherche-t-il à reporter les élections ?

Le président congolais chercherait à repousser la date des élections prévues dans son pays en décembre 2023 en invoquant la crise sécuritaire qui sévit à l’Est selon son homologue rwandais, Paul Kagamé.Les armes se sont temporairement tues dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) grâce aux pourparlers de la semaine dernière au Kenya. Mais le ton ne baisse pas entre Kinshasa et Kigali. Dans une adresse à la nation à l’Assemblée nationale rwandaise, le président Paul Kagamé a accusé, mercredi 30 novembre, son homologue congolais, Félix Tshisekedi, de vouloir instrumentaliser la crise qui sévit dans l’Est de la RDC pour reporter les élections générales prévues dans son pays en décembre 2023.

« S’il essaie de trouver un autre moyen de faire reporter les prochaines élections, alors je préférerais qu’il utilise d’autres excuses, et pas nous », a déclaré Paul Kagamé qui a encore nié tout soutien au mouvement rebelle du M23.

A l’en croire, plus de 100 groupes rebelles combattent dans l’Est de la RDC. « Si tout ceux-ci bénéficiaient du soutien du Rwanda peut-être qu’ils seraient actuellement ensemble », a affirmé M. Kagamé, soulignant que « ce problème (la crise dans l’Est) peut être résolu si un pays qui se dirige vers des élections l’année prochaine n’essaie pas de créer les conditions d’une situation d’urgence pour que les élections n’aient pas lieu ».

Selon la Commission électorale nationale indépendante, l’insécurité persistante dans certaines parties du pays constituerait un défi pour un vote « libre, démocratique et transparent » lors de ces joutes électorales qui regroupent la présidentielle, les législatives ainsi les élections des députés provinciaux et des conseillers communaux.

Le cessez-le-feu entré en vigueur le 25 novembre dernier demande au M23 de quitter les territoires qu’il a conquis, faute de quoi, elle devra affronter la force régionale de l’Afrique de l’Est. « Ils ont déjà été prévenus : La RDC ne sera pas un centre de combat pour d’autres pays », a déclaré l’ancien président Kenyan, Uhuru Kenyatta, qui supervise les pourparlers entre Kinshasa et les rebelles.

Maroc : Scènes de joie et de liesse après la qualification des Lions de l’Atlas

Aussitôt la rencontre entre le Maroc et le Canada terminée, les Marocains sont descendus dans les rues de plusieurs villes pour fêter la qualification des Lions de l’Atlas en 8e de finale de la Coupe du monde 2022.Ainsi, une immense clameur de joie a envahi les supporters. De Casablanca à Rabat, de Marrakech à Salé, des quartiers huppés aux banlieues populaires, les scènes de liesse ont éclaté partout dans ce pays. Avenue Mohammed V, la grande artère de la capitale, les supporters tout habillés de rouge, enveloppés dans le drapeau national, ont craqué des fumigènes, dans un vacarme assourdissant de klaxons.

Une ambiance festive s’est emparée de toute la ville au milieu des drapeaux nationaux accrochés aux immeubles et sur les voitures, les motos et les trottoirs de tous les quartiers de la cité ocre.

Hommes, femmes, jeunes et enfants, sifflets à la bouche et drapeaux aux couleurs du Maroc à la main, ont sillonné les rues, chantant la victoire des Lions de l’Atlas.

Une victoire qui était très attendue vu le précieux nul arraché contre les Croates et une prestation qui avait dissipé les doutes et redonné la confiance dans cette équipe dirigée par un jeune entraîneur ambitieux et prometteur.

Dans une ambiance euphorique, toutes les villes marocaines ont vibré au son des klaxons des voitures et des motos, des sifflets, des cris de joie, des danses et chansons à la gloire de la sélection, qui a remporté une victoire amplement méritée face à son homologue belge.

La sélection marocaine de football a signé une victoire historique face à la Belgique par 2 buts à 0 (mi-temps 0-0), dimanche au stade Al Thumama à Doha, en match de la 2è journée du groupe F de la Coupe du monde de football Qatar 2022.

 Premier du groupe F devant la Croatie et la Belgique, les Marocains, invaincus depuis le début du Mondial (deux victoires, un nul) seront donc au rendez-vous des 8es de finale. Ils attendent désormais le dénouement du groupe E (Espagne, Allemagne, Japon, Costa Rica), ce jeudi soir, pour connaître le nom de leurs adversaires.

Mondial-2022: Le Maroc bat le Canada et se qualifie haut et fort au tour prochain

Pour la première fois de l’histoire de ses participations en Coupe du Monde, le Maroc a décroché deux victoires en phase de poules, suite à son succès face au Canada, jeudi au stade Al Thumama, sur le score de 2-1. Les Lions de l’Atlas bouclaient ainsi le premier tour en tête du groupe F, devançant la Croatie qui a accroché la Belgique (0-0). Après 36 d’attente, le Maroc a donc enfin réédité son exploit de 1986, se qualifiant pour les huitièmes de finale.Le Maroc a décroché son billet pour les huitièmes de finale du Mondial-2022 de football, en battant le Canada par 2 buts à 1 (mi-temps : 2-1), jeudi au stade Al-Thumama de Doha, pour le compte de la 3è et dernière journée du groupe F.

Hakim Ziyech (4e) a ouvert le score pour les Lions de l’Atlas, avant que Youssef En-Nesyri ne double le score (23e).

Les Canadiens ont réduit le score sur un but contre son propre camp de Nayef Aguerd (40e).

Avec cette victoire, les Lions de l’Atlas, qui égalent la performance de 1986, portent leur actif à sept points et poinçonnent leur ticket pour les huitièmes de finale, sans attendre l’autre résultat de ce groupe.

Le Maroc s’emparait de la possession du ballon dès l’entrée de jeu. Pourtant, l’ouverture du score survenait sur un contre-éclair. Sur un dégagement de Romain Saïss, Youssef Ennesyri y allait d’un pressing sur le portier du Canada qui a craté sa sortie, permettant à Hakim Ziyech d’envoyer un tir lobé victorieux des 35 mètres (1-0, 5e minute). Ce but boostait la confiance des Lions, qui n’ont toutefois pas pris le risque de s’avancer, maintenant leur bloc défensif bas et construisant leurs offensives dans leur moitié du terrain, pratiquement à partir de Yassine Bounou.

Le Canada tentait d’en profiter en investissant la surface marocaine, une erreur que les Canucks payaient à la 24e minute. En effet, Achraf Hakimi servait Youssef Ennesyri, qui a accéléré pour doubler les deux défenseurs centraux du Canada avant de fixer le gardien adverse d’un tir sec du pied droit (2-0). 

Cette entame idéale permettait aux Lions de l’Atlas d’évoluer en plein confort. A la 33e minute, le Maroc passait tout près du 3-0, suite à un service parfait d’Achraf Hakimi pour Soufiane Boufal, qui manquait d’appui pour reprendre.

A la 42e minute, sur un centre du Canadien Adekugbe, Nayef Aguerd tentait d’éloigner le danger mais trompait Yassine Bounou au premier poteau (2-1). La réduction du score renforçait la confiance du Canada, qui pressait encore une fois. A la 45e+3, Ziyech envoyait un centre parfait dans la boîte sur coup-franc, donnant lieu à un troisième but œuvre d’Ennesyri, mais l’arbitre annulait le 3-1 sous peine d’hors-jeu après recours à la VAR.

Les Canadiens, fidèles à leur philosophie de jeu, ont essayé de presser haut et de surprendre l’équipe marocaine, mais c’était sans compter avec la technicité des joueurs marocains qui parvenaient à faire sortir le ballon et à exploiter les espaces laissés par l’adversaire dans sa propre zone, pour se procurer des opportunités sérieuses de scorer.

Malgré ce passage à vide, l’équipe nationale a maintenu sa pression et aurait pu regagner les vestiaires pour la pause avec un écart plus important, mais le but d’En-Nesyri (45+3e) a été refusé pour hors-jeu.

De retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas maintenaient la même tendance défensive, se regroupant dans leur moitié du terrain et cédant le ballon aux Canadiens. En refusant de faire le jeu et en se contentant des tâches défensives, les Marocains s’exposaient constamment au danger du Canada. Walid Regragui réagissait donc en sortant Sabiri et Boufal, remplacés par Selim Amallah et Zakaria Aboukhlal (64e).

A la 76e minute, la transversale sauvait Yassine Bounou du but égalisateur, suite à une reprise de la tête du capitaine Atiba Hutchinson. La 75e minute marquait l’entrée en jeu d’un nouveau renfort en défense, Jaouad El Yamiq, en plus de Abderrazak Hamdallah (à la place de Hakim Ziyech et Azzedine Ounahi). Lors des 10 dernières minutes, les Lions de l’Atlas ont complètement déserté la ligne médiane, se contentant de bétonner la défense en entrée de surface.

La rencontre se terminait juste après sur une victoire 2-1 et l’hystérie s’emparait des gradins, suite à cette deuxième qualification historique en huitièmes de finale. Le premier objectif a été dûment rempli, place à présent aux rêves les plus fous en cette Coupe du Monde Qatar 2022. 

Avec cette victoire, les Lions de l’Atlas portent leur actif à sept points et trônent en tête de leur groupe, face à la Croatie (5 pts) qui les accompagne au prochain tour après son nul (0-0) face à la Belgique, dans l’autre match de ce groupe.

Vincent Aboubakar, un « Lion indomptable dans l’âme »

L’attaquant de l’équipe nationale de foot du Cameroun a récemment attiré la lumière sur lui et relancé le débat autour de son utilisation au Mondial 2022.Lundi dernier, Vincent Aboubakar a enfilé le costume de sauveur au Qatar. L’avant-centre de 30 ans a tiré son pays d’un mauvais pas. Malmenés par la Serbie (1-3), les Lions indomptables ont finalement arraché le nul après l’entrée en jeu du natif de Garoua, dans le Nord du Cameroun.

Aboubakar, lancé à la 55ème minute à la place de Martin Hongla, a rapidement pris ses marques pour mettre au supplice la défense serbe sur deux actions de classe. L’actuel sociétaire d’Al-Nasr Riyad (Arabie saoudite), parti à la limite du hors-jeu, a réduit le score sur un superbe lob au sortir d’un crochet bien à-propos (63′).

Trois minutes plus tard, il a encore piégé une défense adverse mal alignée pour servir un caviar à Eric Maxim Choupo-Moting. Ce dernier, avec facilité, a égalisé pour le Cameroun (3-3).

Ce nul inespéré permet aux hommes de Rigobert Song d’être toujours en course pour la qualification en huitièmes de finale. Au pays des Lions indomptables, la performance de Vincent Aboubakar remet au goût du jour le débat sur sa concurrence avec Choupo-Moting.

À deux jours du match face au Brésil, les Camerounais sont toujours divisés sur la question. « Même les entraîneurs et les spécialistes ont des avis divergents », fait savoir Mohamed Moluh, journaliste au quotidien Le Messager.

Si Aboubakar (1m84) est régulier dans la sélection avec laquelle il a joué 94 rencontres et marqué 34 buts depuis son intégration dans la Tanière en mai 2010, Choupo-Moting a merveilleusement saisi sa chance au Bayern Munich pour s’installer dans le onze. Sur le front de l’attaque bavaroise, il a enchaîné les réalisations au point de faire oublier le départ du Polonais Robert Lewandowski au FC Barcelone.

En outre, Karl Toko-Ekambi (30 ans) est intéressant avec l’Olympique Lyonnais et Bryan Mbeumo (23 ans) étincelant avec Brentford en Premier League anglaise. Contre la Suisse et la Serbie, ces deux joueurs sur les côtés et Choupo-Moting dans l’axe ont été titularisés par Rigobert Song.

« Certains pensaient que Vincent devait être utilisé comme joker à l’image de Roger Milla lors de l’épopée 1990 (le Cameroun avait atteint les quarts de finale en Italie) », rapporte M. Moluh.

Pour lui, « il est plus judicieux » de retenter la même stratégie contre le Brésil car Aboubakar s’est montré efficace en sortie de banc. Le sélectionneur peut également opter de jouer avec quatre attaquants. Histoire de ne pas faire des frustrés.

En tout état de cause, Vincent Aboubakar jouit plutôt d’une belle cote dans l’opinion publique camerounaise : « Il y a des joueurs qui sont énormes en club et transparents en sélection. C’est d’ailleurs le cas actuellement avec André-Frank Zambo Anguissa. Aboubakar est maintenant dans un championnat exotique, mais il se transcende toujours en équipe nationale. C’est un Lion indomptable dans l’âme  », constate Mohamed Moluh.

Dans ce Mondial, le Cameroun n’est plus maître de son destin. En cas d’exploit face aux Auriverde, vendredi à 19 heures (Temps Universel), il faudrait aussi un concours de circonstances favorables pour que s’ouvre la porte des huitièmes de finale.

Sénégal: le secteur privé invité à s’unir pour gagner des marchés publics

Le Directeur général de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), Saër Niang, a invité les entreprises locales à mutualiser leurs forces pour augmenter leur chance de gagner des marchés publics.Au Sénégal, 67 % des marchés de la commande publique, passés sur les deux dernières années, ont été exécutés par les entreprises locales selon les rapports d’audit et de gestion des années 2020 et 2021 de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) publiés mercredi 30 novembre 2022 à Dakar.

Ce taux, bien que salutaire, peut être amélioré si l’on en croit le Directeur général de l’ARMP, Saër Niang. « Il faut mettre en confiance le secteur privé national et lui permettre d’arriver à remporter les marchés. Aujourd’hui, si 67 % des marchés sont entre ses mains, seul ou en groupement, nous pouvons peut-être arriver à l’améliorer pour atteindre 80 voire 85 % », a-t-il déclaré.

Pour y arriver, « nous encourageons le secteur privé à davantage aller en groupements. Il ne sert à rien d’aller toujours seul, d’être un singleton dans un environnement concurrentiel. (Car) les gens peuvent tirer leur épingle du jeu en favorisant les groupements entre entreprises locales », a-t-il souligné.

Au Sénégal et dans l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa), l’essentiel des groupements qui soumissionnent à la commande publique sont l’œuvre, selon M. Niang, d’une entreprise locale et celle étrangère.

« Les entreprises nationales doivent aujourd’hui se parler et aller ensemble. Si elles le font, il y a de fortes chances que dans les années à venir elles remportent 100 % des marchés. Nous devons tout faire pour que la collaboration au niveau communautaire soit renforcée », a-t-il plaidé.

Saër Niang est convaincu que si le Sénégal veut avoir un secteur privé national fort, « il faut que les autorités contractantes jouent correctement
le jeu».  Cela, d’autant plus que les textes permettent, dans un appel d’offre ouvert international, que les sociétés sénégalaises ou communautaires aient un taux de préférence de 15 %. « Cela veut dire qu’elles peuvent être 15 % plus chères par rapport aux entreprises extra-communautaires et gagner le marché », a-t-il indiqué.

En 2020 et 2021, environ trente mille marchés ont été passés chaque année pour un budget d’environ 2600 milliards de FCFA. Ceux-ci sont dominés par les marchés de travaux qui représentent à peu près 85 % de la commande publique. Les appels d’offres ont représenté près de 82 à 85 % des marchés passés. Par ailleurs, les ententes directes, autrefois calculées par la valeur, sont désormais mesurées par le nombre. Cela a permis de passer de 6 % voire 7 % en 2018 et 2019 à 4 % et 5 % durant les deux dernières années.

« Nous pouvons retenir que la transparence est respectée dans les marchés publics qui, pour l’essentiel, sont passés par appel d’offre, le mécanisme par défaut de passation des marchés », s’est réjoui le Directeur général de l’ARMP.

En outre, le nombre de recours de contestation sur l’attribution des marchés a drastiquement diminué ces deux dernières années. D’environ 400, il y a quelques années, ils sont respectivement passés à 200 et 175 recours en 2020 et 2021.

« Cette baisse drastique est due à la professionnalisation consécutive aux diverses formations octroyées aux agents contractants et la transparence dans l’attribution des marchés », a soutenu Saër Niang.

S’agissant des entreprises étrangères qui opèrent sur le territoire national, il a fait savoir que celles-ci sont dominées par les sociétés chinoises qui gagnent 18 % des appels d’offres. Elles sont suivies par les entreprises françaises et turques qui sont autour de 4 %. Les sociétés allemandes, marocaines et émiraties complètent la liste avec environ 3 % des parts de marché.