Tchad : l’ENA ouvre le débat sur les voies d’un développement africain autonome

Réunis à N’Djamena pour la 5ᵉ édition du colloque international de l’École nationale d’administration (ENA), experts, chercheurs et hauts responsables réfléchissent aux conditions d’un développement fondé sur les ressources, les compétences et les potentialités propres aux États africains.

 

Comment les États africains peuvent-ils construire leur prospérité en s’appuyant davantage sur leurs propres ressources et compétences ? C’est autour de cette problématique que se tient, les 29 et 30 octobre à N’Djamena, la cinquième édition du colloque international de l’École nationale d’administration (ENA) du Tchad. Placée sous le thème « Le développement endogène des États d’Afrique : enjeux, obstacles et perspectives », cette rencontre scientifique ambitionne de dégager des pistes concrètes pour promouvoir un modèle de développement mieux adapté aux réalités du continent.

La cérémonie officielle d’ouverture s’est déroulée à l’amphithéâtre Idriss Déby Itno, sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement, Allah-Maye Halina, représentant le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, qui a placé l’événement sous son haut patronage. Elle a réuni des membres du gouvernement, des universitaires, des chercheurs, des experts, des investisseurs et plusieurs acteurs de l’administration publique.

Au cœur des échanges, la nécessité pour les pays africains de dépasser les modèles de développement largement dépendants des financements et des orientations extérieurs. Pour les organisateurs, le continent dispose d’importantes ressources naturelles, d’un patrimoine culturel riche et d’un potentiel humain considérable. Encore faut-il parvenir à transformer ces atouts en véritables leviers de croissance et de progrès social.

Dans son intervention, le Premier ministre Allah-Maye Halina a souligné que l’Afrique ne pouvait durablement construire son avenir en reproduisant des modèles conçus ailleurs et parfois peu adaptés à ses réalités économiques, sociales et culturelles. Il a toutefois précisé que le développement endogène ne signifiait pas un rejet de la coopération internationale, mais plutôt la nécessité de construire des partenariats plus équilibrés, respectueux des priorités des États africains et favorables au renforcement de leurs capacités productives.

Le directeur général de l’ENA, le Dr Mahamat Borgou Hassan, a, pour sa part, rappelé que le développement endogène suppose avant tout une meilleure connaissance des forces, des faiblesses et des potentialités de chaque État. L’ambition est ainsi de passer d’une réflexion théorique à des propositions susceptibles d’orienter les politiques publiques et les stratégies nationales de développement.

Pendant deux jours, les participants examinent les différents facteurs susceptibles de favoriser ou de freiner cette dynamique. Six axes structurent les discussions. Ils portent notamment sur les indicateurs de développement, les obstacles institutionnels et sociologiques, la gouvernance, l’État de droit, l’industrialisation, la protection de l’environnement, l’autosuffisance alimentaire ainsi que la valorisation du capital humain.

Une attention particulière est également accordée à l’éducation, à la formation professionnelle, à l’innovation et au transfert de compétences, considérés comme des conditions essentielles à la transformation des économies africaines. Les questions d’intégration sous-régionale, de coopération internationale, de politique monétaire et de sécurité figurent aussi parmi les sujets abordés.