Après le déploiement des Forces armées, les autorités locales et provinciales ont fait une descente sur le terrain le 20 octobre pour calmer les tensions entre agriculteurs et éleveurs et renforcer la sécurité dans la zone.
Des affrontements entre agriculteurs et éleveurs ont causé au moins 12 morts le dimanche 18 octobre 2026 dans la province de Salamat, frontalière entre la République centrafricaine et le Soudan. Les tensions ont atteint leur comble sur la route de transhumance. Le tracé d’un chemin de transhumance non loin du village Kouzi-Wahit près de Mouraye, département du Bahr-Azoum est à l’origine du conflit. Ledit tracé allait permettre aux nomades arabes de traverser les terres agricoles de la communauté Dagal. De cette opposition des agriculteurs face à la volonté des éleveurs naissent des affrontements avec un bilan d’au moins 12 décès et de nombreux blessés pointés en majorité du côté des agriculteurs.
Suite à ces affrontements, les autorités ont déployé les Forces armées sur le terrain pour calmer la situation. Le mardi 20 octobre, la gravité de la situation a nécessité la descente sur le terrain des autorités locales, du général et président du conseil provincial. Son objectif est d’œuvrer pour le retour à la paix dans la zone. Il a fait le déplacement en compagnie des renforts militaires pour appuyer la sécurité de la région. L’enjeu immédiat est de maitriser les tensions actuelles. Sur le long terme, la préoccupation demeure, celle de trouver des mesures durables pour éviter ce genre de conflits meurtriers.
Au Tchad, les affrontements entre éleveurs et agriculteurs demeurent une question longtemps restée sans réponse définitive. Situation qui rime avec une paix précaire. En période de transhumance, les agriculteurs et éleveurs sont en conflit en raison des conditions climatiques qui aggravent la rareté des ressources en eau et en aliments.
Entre 2022 et 2024, Amnesty International a documenté sept épisodes de conflits entre éleveurs et agriculteurs dans quatre provinces. Ces événements ont fait 98 morts, plus de 100 blessés. Des centaines de familles sont restées sans domicile et sans source de revenus. Les nations unies comptent aussi des milliers de victimes du fait de ces événements. L’urgence appelle ainsi les autorités à œuvrer davantage en faveur d’un meilleur encadrement des populations.

