Sénégal : l’UE veut combattre la migration irrégulière

Cofinancé par l’Union européenne (UE), le programme Pasped appuie les projets d’entrepreneurs de la diaspora au Sénégal dans la lutte contre l’émigration irrégulière.L’Europe veut couper le mal à la racine. Alors que des centaines de milliers de jeunes africains continuent de risquer leur vie sur la Méditerranée pour entrer dans le Vieux Continent et accéder à« l’eldorado », l’Union européenne (UE), l’Agence de la coopération italienne et d’autres partenaires testent de nouvelles approches pour leur donner de nouvelles perspectives socioéconomiques sur le continent.

C’est ainsi que le Projet de contraste à la migration irrégulière à travers l’appui au secteur privé et à la création d’emplois au Sénégal (Pasped) a présenté jeudi 11 novembre à Dakar les 51 entreprises sélectionnées parmi 1197 propositions et qui bénéficient d’un financement total de plus d’un million d’euros, réparti entre 5000 et 30.000 euros.

Les projets retenus sont basés dans les six régions du programme, à savoir Dakar, Thiès, Saint-Louis, Louga, Diourbel, Kaolack, et cinq multi-régions entre Dakar, Thiès et Saint-Louis, expliquent les promoteurs. Plusieurs secteurs d’activité sont couverts notamment l’artisanat, l’élevage, la pêche, la transformation de produits agricoles, l’industrie, les services (tourisme, éducation, hôtellerie), et les entreprises (location de machines de production, gestion d’événements). Ils sont menés par des Sénégalais résidant en Italie, en Espagne, en France et en Allemagne.

L’un d’eux est le styliste Malick Niang, originaire de Saint-Louis (nord) et qui travaille dans l’innovation de la mode sénégalaise à Turin, en Italie. Avec son frère Mbaye Niang, il a lancé à Saint-Louis, cette « ville d’hospitalité et d’élégance » du Nord du Sénégal, l’atelier Baobab Couture qui emploie des jeunes dont certains étaient tentés par l’émigration irrégulière. « Nous avons réussi notre pari. Pas mal de jeunes viennent chez nous pour demander du travail », se réjouit Mbaye Niang, ajoutant que « rien n’est impossible. Pour réussir, il faut travailler ».

Pour le représentant de la Délégation de l’UE au Sénégal, Amaury Hoste, le Pasped est « une expérience positive » qui a engendré de « bons résultats » et des « acquis importants ». C’est la raison pour laquelle il appelle l’ensemble des parties prenantes, particulièrement les entrepreneurs de la diaspora, à « valoriser ces acquis » en continuant de travailler ensemble, en se structurant et en se renforçant parce que « c’est un travail de longue haleine ».

De son côté, le directeur de la Microfinance du Sénégal, Moussa Dieng, s’est réjoui des « résultats positifs » du projet sans omettre « les difficultés » rencontrés par les Sénégalais de la diaspora qui entreprennent dans leur pays. Mais « l’Etat sera (à leurs côtés) à travers ses différents mécanismes » tels que le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) et la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des jeunes et des femmes (DER/FJ) pour les accompagner, a-t-il rassuré.

Le profil des bénéficiaires du Pasped est « intéressant », d’après les promoteurs qui précisent que 67% d’entre eux « sont titulaires d’un diplôme ou d’un certificat de formation professionnelle ». Douze des attributaires ont moins de 35 ans (23%) dont 24 sont des femmes entrepreneuses (46 %) qui viennent d’Italie et de France. La grande majorité est déjà employée, avec un emploi salarié ou en gérant une activité indépendante, précisent les initiateurs du projet.

Mondial 2022 : le second tour, obsession de la Tunisie

Le gratin du foot a rendez-vous au Qatar du 20 novembre au 18 décembre 2022 pour la plus belle des compétitions du sport roi : la Coupe du monde. L’occasion pour APA News de jeter un faisceau de lumière sur les cinq représentants de l’Afrique. Aujourd’hui, la Tunisie. (2/5)C’est un accueil grandiose auquel la délégation tunisienne en costume-cravate a eu droit au Qatar. Lundi soir, le bus des Aigles de Carthage, à leur arrivée à Doha, a été ceinturé par une foule de fans en délire.

Sur le parcours menant vers l’hôtel, le sélectionneur Jalel Kadri et ses hommes ont été accompagnés par des chants à la gloire de la Tunisie de supporters portant fièrement les couleurs de leur pays. « Plus de 30.000 Tunisiens vivent et travaillent à Doha. Les attentes autour de cette équipe sont énormes. Notre rêve est de la voir franchir enfin le second tour
d’une Coupe du monde », souligne Ahmed Adala, journaliste à Mosaïque FM (Tunis).

Dans leur histoire avec le Mondial, les Aigles de Carthage n’ont jamais déployé leurs ailes jusqu’en huitièmes de finale en cinq participations (1978, 1998, 2002, 2006 et 2018). Et pourtant, la Tunisie est la première nation africaine à signer une victoire dans cette compétition quadriennale. Menée par le Mexique pour ses grands débuts, en Argentine, elle a renversé le match grâce à des réalisations d’Ali Kaabi (55′), de Nejib Ghommidh (80′) et de Mokhtar Dhouib (86′) pour finalement s’imposer sur le score de trois buts à un.

La suite n’est pas rose parce que ces Maghrébins ne comptent que deux succès en quinze rencontres de Coupe du monde. Vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (Can) chez elle en 2004, la Tunisie alterne ces dernières années le meilleur et le pire.

Déplumés par le Burkina Faso en quarts de finale de la Can 2021 (défaite un à zéro), les Aigles de Carthage ont redécollé lors des éliminatoires du Mondial qatari. Au 2e tour des qualifications, la Tunisie a terminé première avec 13 points au compteur du groupe B qu’elle partageait avec la Guinée équatoriale, la Zambie et la Mauritanie. En barrages, elle a remporté le duel de rapaces contre le Mali (0-1 à l’aller à Bamako et 0-0 au retour à Tunis).

« Après l’élimination à la Can, un nouvel entraîneur a été nommé. Il s’agit de Jalel Kadri. Ce dernier est beaucoup plus pragmatique que Mondher Kebaier dont il était l’adjoint. Kadri a insufflé à ses joueurs un nouvel état d’esprit avec de la rigueur, de la discipline tactique et de la générosité dans les efforts », affirme Abdoulaye Wade Diallo, correspondant à Tunis de Sport News Africa. Avec Kadri, 50 ans, sur le banc, la Tunisie a gagné la Coupe Kirin 2022 (tournoi international amical organisé par le Japon) en battant le Chili (2-0) et le pays hôte (3-0) en finale.

Une formation sans stars

Sur la liste des 26 joueurs tunisiens appelés pour disputer la 22ème édition de la Coupe du monde, aucun ne mange à la table de Sadio Mané (Sénégal), Mohamed Salah (Égypte) ou encore Riyad Mahrez (Algérie). « Cette équipe mise plutôt sur le collectif. Il y a quand même des leaders comme Wahbi Khazri et Youssef Msakni, qui avait raté le précédent Mondial à cause d’une rupture des ligaments croisés du genou droit. On espère voir au Qatar le Msakni des grands jours. Très talentueux, il est capable de débloquer la situation dans des moments clés d’un match. On compte également sur le jeune Hannibal Mejbri, Aïssa Laïdouni, Ellyes Skhiri, Montassar Talbi et Naïm Sliti », explique M. Adala.

Pour son entrée en matière dans la poule D de ce Mondial, la Tunisie défiera le Danemark, avant d’affronter l’Australie puis la France, tenante du titre. « C’est un groupe très relevé », reconnaît M. Diallo, ex-journaliste à Stades (quotidien sénégalais d’informations sportives). « Mais dans un tournoi sous forme de championnat, toutes les équipes partent à chances égales. Quatre points peuvent parfois suffire pour passer au second tour », ajoute son confrère de Mosaïque FM.

D’après lui, « si la Tunisie arrive à tenir en échec le Danemark, ce serait un bon résultat. L’Australie est quant à elle prenable. La partie contre la France sera très particulière car certains joueurs tunisiens, des binationaux, sont nés et ont grandi dans l’Hexagone. Ils seront alors surmotivés pour vaincre les Bleus ».

En septembre dernier, les Aigles de Carthage ont laissé quelques plumes dans un match amical contre le Brésil de Neymar (5-1). Hier mercredi, ils ont dominé l’Iran (2-0) lors de leur ultime match de préparation avec des buts de Naïm Sliti sur penalty (62′) et d’Ali Abdi (69′).

« La Tunisie, depuis la prise de fonction de Jalel Kadri, a disputé neuf matchs pour une défaite seulement. Elle a inscrit quatorze buts contre cinq encaissés (contre la Seleção). Un match durant laquelle elle a été réduite à dix dès la première période », précise Abdoulaye Wade Diallo. 

Sous la houlette de l’ancien coach du Stade Tunisien et du Club athlétique bizertin, les Aigles de Carthage espèrent écrire une page d’histoire du football de leur pays. « Le public tunisien exigeant, critique et passionné souhaite que son équipe nationale atteigne la phase à élimination directe du Mondial », indique le correspondant de Sport News Africa à Tunis depuis janvier 2020. « Tout le monde est derrière cette sélection même s’il y a eu un débat autour des 26 joueurs sélectionnés », conclut Ahmed Adala.

Liste des 26 Tunisiens pour le Mondial 2022

Gardiens (4) : Aymen Dahmen (CS Sfaxien, Tunisie), Mouez Hassen (Club Africain, Tunisie), Béchir Ben Said (US Monastir, Tunisie) et Aymen Mathlouthi (Étoile Sportive du Sahel, Tunisie).

Défenseurs (9) : Ali Abdi (Caen, France), Mohamed Dräger (FC Lucerne, Suisse), Ali Maaloul (Al Ahly, Égypte), Wadji Kechrida (Atromitos FC, Grèce), Nader Ghandri (Club Africain, Tunisie), Yassine Meriah (Espérance Sportive de Tunis, Tunisie), Bilel Ifa (Koweït SC, Koweït), Dylan Bronn (Salernitana, Italie) et Montassar Talbi (FC Lorient, France).

Milieux
(7) : Ellyes Skhiri (FC Cologne, Allemagne), Ghailene Chaalali (Espérance Sportive de Tunis, Tunisie), Aïssa Laïdouni (Ferencváros, Hongrie), Mohamed Ali Ben Romdhane (Espérance Sportive de Tunis, Tunisie), Ferjani Sassi (Al-Duhail SC, Qatar), Hannibal Mejbri (Birmingham, Angleterre) et Anis Ben Slimane (Brøndby, Danemark).

Attaquants
(6) : Youssef Msakni (AL-Arabi SC, Qatar), Seifeddine Jaziri (Zamalek, Égypte), Naïm Sliti (Ettifaq FC, Arabie saoudite), Issam Jebali (Odense Boldklub, Danemark), Taha Yassine Khenissi (Koweït SC, Koweït) et Wahbi Khazri (Montpellier, France).

Entraîneur : Jalel Kadri (Tunisie)

Programme de la Tunisie au Mondial 2022

1ère journée : mardi 22 novembre 2022

13h00 (Temps Universel) Danemark / Tunisie

2ème journée : samedi 26 novembre 2022

10h00 (Temps Universel) Tunisie / Australie

3ème journée : mercredi 30 novembre 2022

15h00 (Temps Universel) Tunisie / France

Le Congrès mondial des médias, une opportunité de s’informer des meilleures pratiques (journaliste)

La rencontre qui se tient du 15 au 17 novembre à Abou Dabi contribue à la promotion de la tolérance et de la coexistence, selon le directeur général par intérim de l’Union des agences de presse de l’OCI (UNA).Mohammed bin Abed Rabbo Al-Yami a souligné, hier mercredi, que le Congrès mondial des médias organisé organisé dans la capitale des Émirats arabes unis, Abou Dabi, représente une opportunité pour les médias des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) de s’informer sur les dernières technologies et les meilleures pratiques.Dans le domaine des médias, il favorise également la connaissance et la coexistence entre différents peuples et cultures.

selon Al-Yami, le Congrès qui est organisé par le groupe ADNEC en partenariat avec l’agence de presse des Emirats (WAM) vient également confirmer le rôle important et central des Emirats arabes unis, dirigé par Son Altesse Cheikh Mohammed bin Zayed Al. Nahyan, président de l’État, dans le lancement de projets et d’initiatives mondiaux. « C’est l’aboutissement d’années d’efforts au cours desquels les Émirats arabes unis ont pu construire un système médiatique international intégré basé sur le soutien aux efforts de développement, la promotion de la tolérance et répandre les connaissances », a-t-il souligné.

Poursuivant, Al-Yami a salué les efforts de l’Agence de presse des Emirats dans l’organisation du Congrès, expliquant que ces efforts confirment l’excellence des agences de presse de l’OCI et leur leadership dans l’exploration et l’adaptation aux transformations dans le domaine du travail médiatique.

Le Congrès mondial des médias a vu la participation de plus de 1200 dirigeants et pionniers du secteur des médias, pécialistes, influenceurs, experts et symboles de pensée dans la région et dans le monde, représentant six continents.

SIMA 2022 : le Prix Hamed Bakayoko décerné à un Ivoirien

Le mécénat, un moyen prôné par le Salon des industries musicales d’Afrique (SIMA) pour encourager des personnes à accompagner l’industrie musicale dans l’espace Francophone.Dans cette optique, le fondateur du Salon des industries musicales d’Afrique (SIMA), Mamby Diomandé, a initié le Prix Hamed Bakayoko de la personnalité culturelle pour rendre hommage à ceux qui contribuent à l’éclosion de l’écosystème de la musique.

Le Prix Hamed Bakayoko de la personnalité culturelle a été décerné à l’Ivoirien Ouattara Dramane dit « OD », à l’ouverture de la 1ère édition du Salon des industries musicales d’Afrique (SIMA) qui se tient les 17 et 18 novembre 2022 à Abidjan.

Pour Mamby Diomandé, commissaire général de l’évènement, « le SIMA est aussi une plateforme d’hommage et de reconnaissance à ces hommes et à ces femmes qui soutiennent inlassablement la musique en Afrique Francophone ».

Tidiane Bakayoko, fils aîné de feu Hamed Bakayoko, ancien Premier ministre, a remis le prix au représentant de M. Ouattara Dramane, un mécène de la musique. Et ce, « au nom de (sa) mère, de ses frères, de sa sœur et de la grande famille Bakayoko ».

Il a dit « merci pour cet honneur » qui est fait à son père, l’ancien Premier ministre Hamed Bakayoko, pour qui la culture, et en particulier la musique était un pan de sa vie, remettant « avec reconnaissance et plaisir » cette distinction au représentant de M. Ouattara Dramane dit « OD ».

« Ce prix est un prix qui valorise un homme de culture et nous savons que M. Ouattara Dramane soutient énormément les actions en faveur de la culture en Côte d’Ivoire », a expliqué M. Mamby Diomandé, à propos du choix de cette personnalité.

« Il a d’ailleurs été à la base de bon nombre de concerts qui se sont déroulés en Côte d’Ivoire et par rapport à cet impact, nous avons décidé de lui décerner pour la première édition le prix d’homme de culture, le Prix Hamed Bakayoko », a-t-il insinué.   

De nombreux experts de la musique sont réunis à Abidjan pour discuter des questions liées à la digitalisation de l’industrie musicale africaine à cette première édition du SIMA, ouvert ce jeudi par le ministre ivoirien de l’Emploi et de la protection sociale, Me Adama Kamara.

Représentant Mme Françoise Remarck, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Me Adama Kamara a salué la thématique abordée, faisant observer que l’industrie musicale et le numérique génèrent aujourd’hui un ensemble de métiers qu’il faut professionnaliser.

« Outre l’adaptation des productions artistiques aux nouvelles plateformes de consommation de la musique, qui sont en pleine mutation, l’une des solutions structurelles à la préservation des métiers de l’industrie musicale reste la protection sociale », a-t-il déclaré.

Au cours de ce salon, la question brûlante des droits d’auteur sera également abordée, afin d’éclairer la lanterne de nombreux artistes africains qui, en réalité, ne maîtrisent véritablement pas cette notion du droit d’auteur pour lequel une nécessité de sensibilisation s’impose.

Pit Baccardi, de son vrai nom Guillaume N’Goumou, rappeur et producteur franco-camerounais est co-fondateur de ce Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone, dont la première édition se déroule sur les bords de la lagune Ebrié.

Mali : la société civile fustige la décoration d’un juge islamique

Des organisations de la société civile malienne, ont montré leur hostilité à la décoration d’un juge islamique Houka Houka Ag Alhousseini.La décoration de Houka Houka par l’État malien pour « service rendu à la paix et au vivre ensemble » n’est pas du goût de 37 organisations de la société civile malienne. Elles ont manifesté leur désaccord dans un communiqué conjoint publié mercredi 16 novembre. « Nos 37 organisations condamnent avec énergie la distinction par le gouverneur de la région de Tombouctou de monsieur Houka Houka Ag Alhousseini, ancien commissaire islamique d’Ansar Dine à Tombouctou, toujours poursuivi par la justice malienne pour des faits de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, perpétrés pendant la période d’occupation de Tombouctou », déplorent les organisations de la société civile qui appellent « à l’annulation de cette reconnaissance et à la mise à la disposition de l’intéressé à la justice malienne pour qu’il soit jugé ».

Pour ces organisations, parmi lesquelles le Cadre de concertation des ODDH de Tombouctou et Yermatoun, une association de défense des droits civils active dans la même région, l’ « acte du gouverneur est contraire au principe de l’Etat de droit et constitue une atteinte à la mémoire des victimes ».

« Cet acte est de nature à célébrer les bourreaux au moment où les victimes attendent désespérément que des procès soient organisés », dénonce la société civile malienne. Elle est d’autant plus remontée contre le gouverneur de Tombouctou qui « est censé savoir que Houka Houka est toujours poursuivi pour des crimes de droit international imprescriptibles », rappelant qu’en 2015, des organisations avaient déposé une plainte contre l’intéressé avec constitution de parties civiles « pour le compte de 33 victimes présumées de violences sexuelles commises à Tombouctou qualifiées de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre ».

Le 11 novembre dernier,Houka Houka Ag Alhousseini a été honoré en même temps qu’une trentaine de personnalités religieuses et coutumières lors de la journée des légitimées traditionnelles pour service rendu en faveur du retour de la paix et du vivre ensemble dans la région de Tombouctou.

Deux semaines plus tôt, en sa qualité de Cadi ((juge musulman remplissant des fonctions civiles, judiciaires et religieuses) de Zouérat, dans le cercle de Goundam, il a posé trois conditions au gouverneur de la région de Tombouctou pour la réouverture des écoles. La première consiste à « introduire l’arabe à l’école, dont le Coran et son interprétation en langue du milieu et dans tous les ordres d’enseignement ». Au sujet du second cycle, le religieux exige aussi que les « rangées des filles et des garçons soient séparées par une barrière lorsqu’il est impossible de séparer la classe ». « Il est souhaitable que les filles soient enseignées par les femmes et les garçons par des hommes lorsque les classes sont séparées », ajoute-t-il, souhaitant que les enseignants soient visibles par les élèves en fonction de leur genre.

En 2019, le Conseil de sécurité des Nations Unies a prononcé des sanctions contre Houka Houka Ag Alhousseini pour ses agissements faisant obstacle à la mise en œuvre de l’Accord d’Alger signé en 2014 entre l’État malien et des groupes rebelles nordistes.

Arrêté en janvier 2014 par les soldats français à la faveur de l’intervention Serval pour chasser les jihadistes du nord du Mali, Houka Houka a été libéré huit mois plus tard par les autorités maliennes. Depuis, il vit à Zouérat, un village situé à l’ouest de Tombouctou. Selon les Nations-Unies, il a été réintégré dans ses fonctions d’enseignant en septembre 2017 par le gouverneur de la région de Tombouctou de l’époque, Koina Ag Ahmadou, sous la pression du dirigeant de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), Mohamed Ousmane Ag Mohamidoune.

AfSud : arrestation de l’homme le plus « plus recherché » en Israël

L’Afrique du Sud et Interpol ont arrêté le « chef de gang le plus recherché » d’Israël et sa bande, dans une maison située dans le quartier de Bryanston à Johannesburg.Un raid mené jeudi à l’aube a permis d’appréhender le fugitif. Le porte-parole des services de police sud-africains (SAPS), Athlenda Mathe, a déclaré que ses agents avaient lors de cette opération effectuée dans la maison confisquée cinq fusils d’assaut, sept pistolets, quelque 40.000 dollars américains et trois motos probablement volées.

Le fugitif âgé de 46 ans et dont le nom a été tenu secret, a été arrêté au cours d’une opération menée par les deux organismes chargés de l’application de la loi, a-t-il ajouté.

L’homme était soupçonné d’être lié à une organisation criminelle en Israël appelée l’Organisation Abergil, qui a été liée au trafic de drogue, à l’extorsion et à d’autres activités criminelles, a déclaré le porte-parole.

« Il figure sur la notice rouge d’Interpol depuis 2015 et est recherché en Israël pour conspiration en vue de commettre un meurtre et tentative de meurtre », a-t-il ajouté.

Sénégal : « victoire diplomatique » de Macky Sall au G20

Les quotidiens sénégalais parvenus jeudi à APA titrent sur une diversité de sujets allant de la situation d’insécurité alimentaire dans certaines parties du pays à la déliquescence de la société nationale des fibres textiles en passant par les craintes soulevées par l’usage du bracelet électronique et la demande d’adhésion de l’Afrique au G20.Le Quotidien alerte sur « la faim des ménages » au Sénégal, avec « plus de 1,3 million de personnes en situation de crise » recensées dans « 12 départements ». « Les autorités de l’Etat et leurs partenaires indiquent que si rien n’est fait dans six mois, c’est plus d’un million de personnes qui seront en situation d’insécurité alimentaire ».

L’Observateur fait état du « grand drame économique » qu’est devenue la Société de développement et des fibres textiles (Sodefitex) du Sénégal, notant un « risque de fermeture des usines de Tamba (est), Kolda, Vélingara (sud), Kédougou (est) et les pertes d’emploi ». Le journal souligne aussi « la baisse de -32 % des rendements de coton et le manque à gagner de l’ordre de 10 milliards FCFA ».

Sur le concours d’agrégation de médecine du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames), Le Soleil note que « le Sénégal frôle le carton plein ». Sur 70 candidats, les 68 ont réussi à passer là où 19 rangs de major dont le titre de « Major des majors » ont été obtenus, signale le journal.

Vox Populi passe à la loupe le bracelet électronique, « le nouveau bijou de la justice pour emprisonner en semi-liberté » des personnes placées sous mandat de dépôt et que « soupèsent » les Sénégalais. Ils expriment leurs « craintes de sélection discriminatoire des bénéficiaires et méfiance sur son réel impact ». Selon Ibrahima Sall, président de l’Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (Asred), « le bracelet électronique est venu à son heure même s’il y a le doute et des contraintes ».

Par conséquent, « ces bracelets ne doivent pas être distribués exclusivement aux politiques, VIP, fils à papa… », estime-t-il avant de demander « qu’ils soient gérés en toute transparence, sans aucune discrimination de quelque nature que ce soit ».

En politique, Bés Bi estime que le Premier ministre Amadou Ba est « invisible » puisqu’il est « sans bureaux, sans cabinet, marge de manœuvre étroite… ». Mais selon des confidences recueillies par le journal, « le président ne veut pas l’exposer » mais « il va rejoindre le building » administratif.

Plusieurs journaux sont revenus aussi sur le soutien reçu par le président Macky Sall de son homologue français Emmanuel Macron pour « l’adhésion de l’Union africaine (UA) au G20 », comprenant les vingt pays les plus riches du monde, lors du sommet organisé à Bali, en Indonésie. Le Témoin salue cette « victoire diplomatique de Macky Sall », par ailleurs président en exercice de l’UA, dont la demande l’adhésion au G20 sera « examinée au Sommet de 2023 en Inde ».

A trois jours du démarrage de la Coupe du monde de football au Qatar, Tribune Sport note que « le rythme s’accélère » pour les Lions qui ont effectué hier leur troisième galop d’entraînement à Doha, une séance dominée par le « renforcement musculaire » et « l’animation offensive ». Face à la presse, le sélectionneur Aliou Cissé estime que « l’état d’esprit des joueurs est bon ». « A part la chaleur, il y a un bon état d’esprit », ajoute-t-il dans Bés Bi.

Fête de l’indépendance et PLF-2023 au menu des quotidiens marocains

La fête de l’indépendance et les conséquences des dispositions fiscales prévues par le projet de loi de finances pour 2023, sont les principaux sujets traités par les quotidiens marocains parus ce jeudi.+Aujourd’hui le Maroc+, qui s’attarde sur la fête de l’indépendance, célébrée le 18 novembre de chaque année, écrit que le Maroc célébrera cette semaine 67 années d’indépendance, expliquant qu’entre le Maroc de 1955 et celui d’aujourd’hui, la différence est évidemment flagrante sur tous les plans, surtout économique, social mais aussi démographique, culturel, politique.

Pour autant, la métamorphose qui s’est opérée depuis n’a pas affecté les fondements, l’ADN, car que ce soit pendant les crises et conflits armés du siècle dernier ou durant les grandes dépressions de type nouveau de ce début du 21ème, ce sont les fondamentaux de la Nation qui ont toujours permis au Maroc de faire preuve de résilience et de traverser les turbulences, estime la publication.

Le 18 Novembre est, certes, une date symbolique importante dans l’histoire de notre pays, mais aussi un rendez-vous annuel pour régénérer les valeurs qui ont fait à travers des siècles, qui font et feront encore la véritable force du Maroc, relève-t-il.

Évoquant les dispositions fiscales prévues par le PLF 2023, qui ont provoqué des remous, +L’Opinion+ estime qu’après plusieurs jours de grèves, les avocats affichent un premier signe d’apaisement, après avoir obtenu gain de cause sur l’affaire des nouvelles dispositions du PLF 2023, à l’issue d’une réunion houleuse avec le chef de l’Exécutif.

Cette concession du gouvernement sur les mesures fiscales annoncées initialement envoie un double message, non seulement aux autres catégories de libéraux, mais aussi au citoyen lambda, et particulièrement ceux issus de la classe moyenne qui s’attendaient cette année à des mesures révolutionnaires pour améliorer leur pouvoir d’achat, prévoit le quotidien

Le premier message est que l’Exécutif est ouvert au dialogue et qu’il est prêt à fournir plus d’efforts pour accompagner les différents secteurs afin de dépasser cette période de crise, tandis que le deuxième est que, pour obtenir ce que l’on souhaite, il faut monter au créneau, tenir des grèves et mettre la machine au point mort, explique-t-il.

Et si, jusqu’à aujourd’hui, plusieurs représentants de professionnels libéraux, à l’instar des topographes, des architectes, des courtiers d’assurances, des experts comptables, n’ont pas investi les rues et se contentent de protester via les communiqués de presse, l’accord entre le gouvernement et les avocats va sûrement les aiguillonner à suivre la même démarche, entravant ainsi le fonctionnement de plusieurs secteurs déjà à bout de souffle, fait-il remarquer.

Ceci pour dire qu’il est bien d’éteindre un feu, mais ses braises peuvent déclencher plusieurs autres, dont les conséquences pourraient être beaucoup plus lourdes ! met-il en garde.

Même son de cloche du côté de +l’Economiste+, qui estime que pour la première fois, près d’une dizaine de professions libérales montent au créneau pour manifester contre des mesures fiscales apportées par le PLF en cours d’examen à la Chambre des conseillers.

La plupart des professionnels ont pris conscience que l’envoi de courriers à la primature ne suffit pas et que le moyen le plus efficace aujourd’hui est de discuter avec le chef du gouvernement, constate le journal.

« Cette idée s’est ancrée dans leur tête, juste après la réunion avec les avocats qui a donné ses fruits », note-t-il.

“Le comble c’est que les avocats, malgré les concessions du gouvernement, maintiennent la pression. Leur arme, la grève pour immobiliser les tribunaux et forcer l’exécutif à lâcher davantage du lest”, déplore-t-il.

Municipales ivoiriennes 2023 : Bictogo candidat du Rhdp à Yopougon

Le Rhdp (pouvoir) se positionne comme le parti leader sur l’échiquier politique national en vue de la présidentielle ivoirienne de 2025.M. Bictogo est le candidat du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) aux élections municipales de 2023 à Yopougon, la plus grande commune du pays, a rapporté à APA une source proche du président de l’Assemblée nationale.

Les dernières élections législatives ont été remportées par l’opposition à Yopougon, une commune populaire dans l’Ouest d’Abidjan, notamment par le PPA-CI, le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et son allié du Pdci, la formation de l’ancien président Henri Konan Bédié.

L’actuel maire de Yopougon, Koné Kafana, avait plié devant la coalition de l’opposition lors de ces dernières élections législatives. En affichant, déjà, M. Bictogo comme son candidat à Yopougon, le Rhdp veut gagner la bataille d’Abidjan qui compte le plus fort électorat.

La cité de Yopougon est considérée comme un fief de l’opposition. La candidature de M. Bictogo est inéluctablement une stratégie du Rhdp, une démarche qui pourrait être corrélée de succès avec le Front populaire ivoirien (FPI, opposition) qui se rapproche du parti au pouvoir.     

La révision de la liste électorale sur l’ensemble du territoire national est prévue du 19 novembre au 10 décembre 2022, tandis que celle à l’étranger se déroulera du 26 novembre au 10 décembre 2022. Les élections municipales, elles, sont fixées pour « octobre-novembre 2023 ».  

Minusma: Ces pays africains sur le départ

D’ici neuf mois, la Côte d’Ivoire ne comptera plus de casque bleu au Mali.

En septembre 2021, à la tribune des Nations unies, le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, avait reproché à la France son « abandon en plein vol », déplorant le retrait partiel de la force Barkhane dans son pays confronté à la violence jihadiste depuis une décennie. Ces derniers mois, des pays africains ont annoncé également leur désengagement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

Les derniers casques bleus ivoiriens quitteront le territoire malien en août 2023, sans être relevés. Les autorités ivoiriennes en ont fait l’annonce mardi 15 novembre sans expliquer les raisons du retrait de leurs 900 compatriotes déployés au Mali dans le cadre de la mission onusienne de stabilisation de ce pays sahélien. Mais avant la Côte d’Ivoire, le Bénin et l’Egypte étaient les deux autres pays africains à avoir annoncé leur retrait de la Minusma à la suite de plusieurs pays européens tels que le Royaume-Uni.

En mai dernier, le Bénin avait exprimé le besoin de rappeler ses troupes en vue de renforcer sa sécurité intérieure après des attaques à la frontière avec le Burkina Faso. Ce sont ainsi 456 éléments béninois de la Minusma qui rentreront progressivement dans leur pays avant novembre 2023, assure Cotonou.

« Ces derniers temps, le Bénin est confronté à une situation sécuritaire inquiétante du fait des actes de terrorisme orchestrés à ses frontières nord par des hommes armés non identifiés. De ce fait, le pays prévoit de mobiliser toutes les compétences humaines, matérielles et logistiques nécessaires pour renforcer sa sécurité », avait expliqué le ministère béninois des Affaires étrangères dans sa lettre adressée au secrétaire général des Nations unies.

A la suite du Bénin, l’Onu a reçu la lettre de désengagement de l’Egypte qui compte un millier de soldats dans la Minusma. Après avoir perdu sept soldats depuis le début de l’année, Le Caire a décidé de suspendre temporairement les activités de ses casques bleus présents au Mali à compter du 15 août 2022 pour une durée indéterminée. 

« La décision de l’Égypte de se retirer temporairement des forces des Nations Unies correspond d’abord aux attaques contre ces soldats. La force de la Minusma est une force défensive. Elle n’est pas une force qui a l’autorisation d’attaquer et d’éliminer. Et je pense que c’est aussi une faiblesse structurelle liée à cette présence », analysait pour la chaîne panafricaine Africa 24 Hichem Ben Yaïche, expert en géopolitique.

Quant à la Côte d’Ivoire, son retrait inexpliqué de la Minusma intervient alors que les relations diplomatiques avec Bamako se sont considérablement dégradées depuis l’affaire dite des « 49 militaires ». Ces soldats ivoiriens accusés de « mercenariat » sont arrêtés à Bamako le 10 juillet dernier et placés sous mandat de dépôt. Si trois d’entre eux ont été libérés, 46 sont toujours détenus au Mali, accusés par la justice malienne de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État ».

La Côte d’Ivoire a toujours réfuté ces accusations, assurant que ces soldats étaient appelés en opération de soutien logistique à la Minusma. Le Togo joue le rôle de médiateur entre Abidjan et Bamako depuis le 28 juillet, mais les négociations n’ont toujours pas permis d’aboutir à un règlement de cette affaire dans un contexte de lutte contre le terrorisme encore prégnant dans la région du Sahel, particulièrement au Mali.

A la date du 16 septembre, dix-neuf pays africains étaient contributeurs de militaires et de policiers à la Minusma. 

Le retrait annoncé de troupes africaines de la Minusma est diversement commenté et sonne chez certains analystes comme un mauvais signe quant à la longévité de cette mission dont l’efficacité est de plus en plus en remise en cause. Le mandat de la Minusma a été renouvelé le 30 juin dernier par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour une année supplémentaire avec quelques changements majeurs comme la suppression de l’appui logistique de Barkhane aux forces onusiennes ainsi que la réduction par la junte malienne du champ d’action de la Division des Droits de l’Homme pour enquêter sur les allégations d’exactions qui lui sont rapportés.