Maroc/Arabie Saoudite: ambition de porter le volume des échanges à 5 milliards de dollars

Le Maroc vise à augmenter le volume des échanges avec l’Arabie Saoudite à 5 milliards de dollars pour les 5 années à venir, a affirmé, mardi à Casablanca, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour.S’exprimant lors du forum économique Maroc – Arabie Saoudite, organisé par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Fédération des Chambres saoudiennes, M. Mezzour a indiqué que le volume actuel des échanges, qui se chiffre à environ 1,7 milliards de dollars, demeure « très timide » au regard des grands moyens et opportunités dont dispose les deux pays.

A cet égard, il a précisé que l’ambition de porter le volume des échanges à 5 milliards de dollars est à la portée, notant qu’il existe des opportunités diverses d’investissement dans les deux pays, qui ouvriront la voie à un renforcement des relations économiques et commerciales bilatérales.

Aussi, le ministre a appelé à une mobilisation générale pour renforcer davantage cette relation, évoquant dans ce sens la banque de projet lancée par le ministère et qui offre de grandes opportunités pour les investisseurs, à travers 370 projets industriels.

Par ailleurs, il a souligné que la tenue de ce forum traduit les relations de fraternité remarquables entre le Maroc et l’Arabie Saoudite, appelant à mettre en place un nouveau modèle de coopération économique et commerciale, conformément à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud.

Pour sa part, le ministre saoudien du Commerce, Majid bin Abdullah Al-Qasabi a fait savoir que la visite au Maroc était fructueuse et a permis de rencontrer plusieurs responsables en vue de s’arrêter sur les moyens de renforcer notre coopération économique et commerciale.

Il a également relevé que les chiffres actuels ne sont pas à la hauteur des ambitions des dirigeants et des deux peuples frères, ajoutant que les meilleures opportunités ont été identifiées pour donner une forte impulsion aux échanges bilatéraux.

Le ministre saoudien a aussi annoncé qu’un nouveau siège de la représentation commerciale sera inauguré à Casablanca, dans le but de développer les relations, surmonter les difficultés qui affrontent le secteur privé, et attirer des investissements qualitatifs à même de contribuer au renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays.

M. Majid Ben Abdullah Al Qasabi effectue une visite de travail au Maroc à la tête d’une importante délégation représentant les secteurs public et privé.

Mali: 2 morts dans le crash d’un avion de l’armée dans le nord

Deux personnes sont mortes apres le crash d’un avion de l’armée malienne, à Gao, dans le nord du pays.Le bilan du crash d’un avion de type Sukhoi Su 25 de l’armée malienne  survenu mardi matin dans la zone aeroportuaire de Gao, a connu une évolution. Des sources locales avaient dénombré un mort et plusieurs blessés.

L’Etat-major général des armées (EMGA) fait,  de son coté, état de « 2 morts en service commandé, y compris un pilote et un personnel naviguant au sol et de 10 blessé au sol dont deux graves ».

Pour élucider les circonstances de cet incident impliquant un avion de combat immatriculé TZ-20C, l’EMGA affirme qu’ « une commission d’enquête a été dépêchée » sur les lieux « pour mener des investigations ». « À ce stade, les circonstances tendent à écarter toute action hostile sur l’appareil », conclut l’armée malienne, assurant que « la situation est sous contrôle ».

L’avion qui s’est crashé a été acquis en aout dernier par l’Etat malien, dans de sa coopération dont le renforcement tient à cœur les autorités des deux pays. Bamako s’est rapproché de Moscou après que Paris a annoncé en 2021, la réarticulation de l’opération Barkhane au Sahel.

Les militaires au pouvoir après le coup d’Etat contre Bah N’daw qu’ils avaient, eux même installée à la tête de la transition suite au putsch contre Ibrahim Boubacar Keita (IBK), ont fait appel à des « instructeurs russes » considérés comme des mercenaires de la compagnie militaire controversée, Wagner par les puissances occidentales. 

Burkina : La Cédéao a échangé avec le capitaine Traoré

La délégation de la Cédéao est arrivée à Ouagadougou, mardi, malgré une vague de contestations de plusieurs centaines de jeunes, hostiles à la présence de l’institution régionale au Burkina.Après une rencontre avec le capitaine Ibrahim Traoré, nouvel homme fort du Burkina, la mission de la Cédéao s’est dite, mardi, « satisfaite » et « confiante » de la poursuite de la transition avec les mêmes missions édictées en juillet dans un accord avec le président déchu Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Il s’agit essentiellement de « la reconquête du territoire hors du contrôle de l’Etat »,  de la « résorption de la crise humanitaire » et  du « retour à l’ordre démocratique », a rappelé l’ancien président du Niger, Mahamoudou Issoufou, médiateur de la Cédéao pour le Burkina.

« C’est toujours le même contenu sur lequel le travail va se poursuivre avec l’accompagnement et le soutien de la Cedeao », a-t-il indiqué.

Le Médiateur de la #CEDEAO pour le pays a salué « le rôle extrêmement positif » des autorités religieuses et coutumières pour avoir renoué le fil du dialogue pour une sortie de crise pacifique.

« Ce rôle a été important, ce rôle a été décisif », insiste-t-il.

C’est suite à une médiation menée de bout en bout par des autorités religieuses et coutumières que le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba, auteur d’un coup d’Etat contre Roch Marc Christian Kaboré a accepté de démission après avoir été déposé à son tour par le Capitaine Traoré.

Mahamoudou Issoufou a rappelé « l’engagement de la CEDEAO aux côtés du peuple burkinabè afin que le peuple burkinabè réussisse la transition qui est en cours ».

La délégation était composée du Médiateur de la CEDEAO pour le Burkina Faso, l’ancien Président nigérien Mahamadou Issoufou, de la ministre des Affaires étrangères de la Guinée-Bissau, par ailleurs Présidente du Conseil des ministres de la CEDEAO, Suzi Carla Barbosa et du Président de la Commission de l’organisation sous régionale, Dr Omar Alieu Touray.

Cette visite a été émaillée de manifestations de jeunes, hostiles à la présence des émissaires au Burkina. Pour beaucoup, la Cédéao est « une marionnette » de la France.

Le pays traverse une crise politico-militaire avec la chute du lieutenant-colonel Damiba, ce week-end, lui-même tombeur de Roch Marc Christian Kaboré.

Burkina : le GSIM revendique l’attaque de Gaskindé

Le coup d’Etat contre le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba est la conséquence de l’attaque d’un convoi d’approvisionnement dans le nord du Burkina Faso, affirme un groupe jihadiste.Après l’attaque de Gaskindé, dans la province du Soum, à plus de 200 kilomètres au nord de Ouagadougou, tous les regards étaient tournés vers le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM). Moins de deux semaines après, la fédération d’organisations jihadistes sahéliennes, affiliées à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) confirme son implication dans cette embuscade meurtrière.

Dans un communiqué en langue arabe diffusé mardi 4 octobre par sa branche médiatique « AZ – Zallaqa » et consulté par APAnews, le GSIM affirme avoir porté un « coup économique qui a provoqué un tremblement de terre dans les rangs de l’armée, qui s’est soldé par un coup d’Etat militaire dans le pays ».

Le groupe jihadiste dirigé par l’ancien rebelle touareg, Iyad Ag Ghjali depuis 2017 prétend avoir tué 65 militaires et 11 volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et avoir détruit au moins 90 des 119 véhicules qui composaient le convoi de ravitaillement. 

Le dernier bilan officiel révélé par une note interne de l’armée consultée par APAnews fait état de 27 militaires tués. Ils seront inhumés vendredi 7 octobre à Ouagadougou, précise la même note.

De leur côté, les jihadistes affirment que leurs combattants, auteurs de ce carnage sont « revenus sains et saufs ».

S’adressant aux « habitants des villes assiégées », le GSIM leur rappelle « qu’ils n’y a d’autre moyen de résoudre leur problème que par l’application de la charia».  

Les nouvelles autorités burkinabè, issues du coup d’Etat contre le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba amorcé vendredi 30 septembre et achevé deux jours plus tard, ont fait de la délivrance des villes du nord sous blocus jihadiste depuis plusieurs mois, une priorité. Mardi 4 octobre, 70 tonnes de vivres ont été acheminées à Djibo par voie aérienne.

Hausse des prix café-cacao : l’Etat ivoirien consent plus de 140 milliards Fcfa

Pour fixer le prix de 900 Fcfa le Kg de cacao, le gouvernement a consenti un peu plus de 135 milliards de Fcfa, tandis qu’il a accordé une subvention de 5 milliards Fcfa pour relever le prix du Kg de café à 750 Fcfa pour la campagne 2022-2023.Au cours d’une conférence de presse mardi le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et du développement rural, Kobenan Kouassi Adjoumani, a indiqué que malgré un contexte économique mondial préoccupant, l’Etat a bien voulu rehausser le prix au producteur de cacao à 900 F CFA le kilogramme ; ce qui représente plus de 70% du prix CAF de référence.

Pour la campagne 2022-2023 le prix garanti au producteur de cacao connait une hausse de 75 F CFA le kilogramme par rapport au prix bord champs de 825 FCFA/Kg fixé par le gouvernement lors de la campagne 2021-2022. 

« C’est un peu plus de 135 milliards de F CFA qui ont été consentis afin de permettre aux producteurs de toucher 900 F CFA le Kg », a-t-il déclaré, ajoutant que concernant le café, le gouvernement a décidé d’«offrir 750 F CFA le Kg, ce qui correspond à une subvention non négligeable de 5 milliards de F CFA».

« Si nous devions fixer le prix du Kg de cacao à 825 Fcfa tel que c’était (la campagne précédente), c’était plus de 195 milliards Fcfa qui allait être généré pour le développement de la Côte d’Ivoire. En fixant le prix à 850 Fcfa le Kg, c’était 134 milliards Fcfa », fait observer M. Adjoumani.

« A 875 Fcfa le Kg de cacao, c’était 75 milliards de Fcfa et à 900 Fcfa c’est à peine zéro milliard de franc CFA », a-t-il poursuivi. De ce fait, dira-t-il « l’Etat de Côte d’Ivoire n’a même pas voulu faire de l’économie sur le dos des paysans ».

« C’est pour cela que le président de la République a décidé qu’on aille à 900 Fcfa » pour le Kg du cacao, a-t-il souligné, annonçant que des paysans sont en train de s’organiser pour dire merci au président de la République.

Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et du développement durable, a fait savoir que le volume de fèves de cacao produit en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, est aujourd’hui de 2,2 millions de tonnes.

Sénégal : l’énergie renouvelable, un facteur de compétitivité des entreprises

Le recours aux énergies propres devrait permettre d’optimiser la consommation d’électricité et réduire en même temps les coûts de production.Dans un contexte de renchérissement des coûts mondiaux de l’énergie, orienter l’effort d’innovation industrielle et l’offre de biens et services vers des technologies économes en consommation est une nécessité. Une hausse des prix de l’électricité plus marquée au Sénégal pénaliserait davantage la compétitivité de l’industrie.

Conscient de cela, le Bureau de Mise à Niveau des entreprises (BMN) a initié une série de formations pour sensibiliser les acteurs financiers et les promoteurs industriels à promouvoir des projets de développement moins gourmands en ressources énergétiques.

« Notre objectif est d’aider nos entreprises à mettre en place des systèmes de production qui valorisent les énergies renouvelables et qui, à terme, vont leur permettre d’être plus compétitives », a expliqué la directrice du BMN, Mme Fatou Dyana Ba. Elle présidait la cérémonie d’ouverture d’un séminaire de formation dont le thème est : « Green Banking Africa : Financement des Énergies Vertes et du Climat ».

Plusieurs objectifs sont visés pour cette rencontre prévue du 4 au 6 octobre.  Il s’agit notamment de sensibiliser les acteurs bancaires, les consultants, les entreprises et les porteurs de projet sur les fondamentaux, mécanismes et opportunités du développement durable ; outiller les institutions financières sur le financement des projets d’usage productif des énergies renouvelables (EnR), le financement de l’efficacité énergétique (EE) et du climat.

Somalie: Al-Shabaab revendique des attaques meurtrières

Au moins 20 personnes ont été tuées dans de multiples attaques revendiquées par Al-Shabaab.Les attaques de lundi impliquant trois voitures piégées ont eu lieu à Beletweyne, faisant plus de 30 blessés. 

La principale cible des attaques était la base militaire de Lama-Galaay qui est également le siège du gouvernement local et  qui abrite les bureaux du chef adjoint de l’État de Hirshabelle. Le gouverneur de la région de Hiran y est également basé. 

Les principales victimes des attaques sont le gouverneur adjoint de Hiran, Abukar Sheikh Madey, et Zakariye Mohamed Ahmed, le ministre de la Santé de la région. 

Les Nations unies ont condamné ces attaques, affirmant qu’elles ne pouvaient que renforcer la détermination de la communauté internationale à aider la Somalie à lutter contre une insurrection vieille de plusieurs décennies. 

Les attaques ont eu lieu quelques heures après que le co-fondateur d’Al-Shabaab, Abdullahi Nadir, a été tué par un drone lors d’une opération conjointe des forces de sécurité américaines et somaliennes le 1er octobre dernier. Nadir était une figure clé d’Al-Shabab qui dirigeait également le département de prédication dudit mouvement.

Burkina : Le bilan de l’attaque de Gaskindé revu à la hausse

Alors que le gouvernement déchu a annoncé un bilan de 11 soldats tués au cours de l’attaque de Gaskindé, le 26 septembre dernier, l’armée prépare les obsèques suivi d’inhumation de 27 militaires, prévus pour vendredi 07 octobre 2022.Le 26 septembre dernier, un convoi d’approvisionnement à destination de la ville de Djibo, à plus de 200 kilomètres de Ouagadougou est tombé dans une embuscade jihadiste. 

Dans un premier bilan, l’armée avait déploré 11 morts et une cinquantaine de civils. Selon une note interne de l’armée burkinabè consultée par APAnews., 27 militaires sont morts dans cet incident.

Ils seront inhumés vendredi à Ouagadougou. Le message de l’armée invite à prendre toutes les dispositions à cet effet.

Début septembre, un convoi de civils, composé essentiellement de commerçants et en partance pour Ouagadougou, a été la cible d’une embuscade sur l’axe Djibo-Kongoussi.

Au moins 32 personnes avaient été tuées et 37 autres blessés, selon un bilan officiel.

Pour plusieurs observateurs, l’attaque de Gaskindé a précipité la chute du lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, le week-end dernier. 

Le tombeur de Roch Marc Christian Kaboré a été renversé à son tour par le capitaine Ibrahim Traoré, désigné depuis dimanche 2 octobre, chef d’Etat par intérim du Burkina Faso. 

Timor Port lance les activités du premier port en eaux profondes de Tibar Bay

Ce 30 septembre 2022, Timor Port a officiellement démarré ses activités au port de Tibar Bay avec l’arrivée des navires Selatan Damai de la compagnie singapourienne Mariana Express Lines (MELL), filiale de Pacific International Lines (PIL) et Meratus pematangsiantarde de l’armateur Meratus.Au total, quatre ans de travaux ont été nécessaires pour transformer ce greenfield en un nouveau port hautement compétitif. Premier partenariat public-privé du pays, ce projet représente un investissement total de 490 millions de dollars sur une durée de 30 ans.

Le nouveau port de Tibar Bay vise à atteindre un niveau de productivité et de performance digne des plus grands ports dans le monde. Il dispose d’infrastructures modernes avec 630m de quai et 15m de tirant d’eau. Il est également doté d’équipements à la pointe de la technologie notamment 2 portiques de quais, 4 portiques de parc, 10 tracteurs portuaires et 16 remorques.

« Nous sommes fiers de l’aboutissement de ce projet sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années. Le nouveau port de Tibar Bay concentre les dernières innovations en matière d’équipements et de systèmes d’exploitation et sera en mesure dès à présent d’accueillir tous types de navires. » a déclaré Laurent Palayer, Directeur général de Timor Port.

La mise en service du port de Tibar Bay s’accompagne d’une stratégie de développement local à travers la création d’emplois suivie par la formation des collaborateurs ainsi que d’un plan d’actions visant à préserver la biodiversité environnante. Récemment certifiée EDGE1 (Excellence in Design for Greater Efficiencies), la nouvelle infrastructure devrait par ailleurs prochainement obtenir le label Green Terminal de Bolloré Ports après audit des experts de Bureau Veritas.

« Au nom de Bolloré Ports, je remercie vivement les autorités timoraises, les équipes de Tibar Bay et tous nos partenaires qui ont uni leur force pour réaliser ce projet majeur pour l’économie timoraise. Cette nouvelle infrastructure est l’illustration même de notre savoir-faire dans le domaine portuaire. Sa mise en service offrira de nouvelles perspectives et viendra favoriser les échanges commerciaux au niveau régional et international. », a déclaré Olivier de Noray, Directeur général Ports et Terminaux de Bolloré Ports.

À propos de Timor Port

 Premier partenariat public-privé dans le pays, Timor Port représente un coût total de 490 millions de dollars sur une durée de 30 ans. Le nouveau port se situe dans la Baie de Tibar, à 12km de la capitale Dili. Il est doté d’équipements de manutention et de systèmes d’exploitation parmi les plus modernes permettant de traiter plus de 7 500 EVP. Son ambition est de faciliter les échanges commerciaux du pays avec le reste du monde notamment la Chine, l’Australie du Nord et les pays de l’Asie. Il se positionne en outre comme un hub de transbordement et une porte d’entrée maritime en région AsiePacifique. Acteur engagé pour le développement des territoires, Timor Port a mis en œuvre des plans de recrutements et de formation à destination de la population timoraise pour accompagner la croissance du projet tout en contribuant au développement local.

Contacts presse :

Cindy Patan, Responsable Relations Médias – Bolloré Transport & Logistics

T +33 1 46 96 49 75 / +33 7 72 40 49 75 – cindy.patan@bollore.com

Patricia Ekey-Misse, Chargée communication – Timor Port

Zanzibar : vers la construction d’un gratte-ciel en bois

L’île de Zanzibar, dans l’océan Indien, prévoit de construire le plus haut bâtiment en bois du monde, une tour d’appartements de 28 étages conçue selon la technologie du bois hybride.Baptisée Burj Zanzibar – « burj » signifiant tour en arabe – cette tour spectaculaire devrait atteindre 96 mètres de haut.

Également baptisée « village vert vertical », elle sera un point de repère emblématique non seulement pour l’île, mais aussi pour toute l’Afrique, et un jalon environnemental mondial, puisqu’il s’agit de la première structure en bois de cette envergure dans le monde.

La conception de l’immeuble d’appartements et de commerces à usage mixte, dans un style ruche ludique offrant une vue à couper le souffle sur l’océan, a été dévoilée au public à Muscat, en Oman, le 1er octobre.

L’architecte d’origine néerlandaise Leander Moons, responsable du concept, a déclaré : « Burj Zanzibar n’est pas seulement un bâtiment exceptionnel mais un nouvel écosystème pour l’avenir de la vie ».

La tour résidentielle de 266 logements sera située à Fumba Town, une ville écologique pionnière d’Afrique de l’Est aménagée par la société d’ingénierie allemande CPS.

Classée comme un investissement stratégique et entièrement soutenu par le gouvernement de Zanzibar, cette ville en plein essor près de la capitale, où les étrangers sont autorisés à acheter des propriétés, s’étend le long d’un bord de mer de 1,5 kilomètre sur la côte sud-ouest.

« Burj Zanzibar sera le point culminant et la continuation naturelle de nos efforts pour fournir des logements durables en Afrique, favorisant ainsi l’emploi et les entreprises locales », a expliqué Sebastian Dietzold, PDG de CPS, à Muscat.

Avec des mers turquoise, des plages de sable blanc et une ville historique de Stone Town protégée par l’UNESCO, Zanzibar a enregistré une croissance annuelle de 15% du tourisme ces dernières années et une croissance économique de 6,8%.

Au début de l’année, l’archipel semi-autonome, situé à 35 kilomètres au large de la Tanzanie, a également déployé ses ailes dans une autre direction, en lançant une initiative visant à attirer des entreprises technologiques africaines d’une valeur totale de six milliards de dollars.

Les avantages du bois

Le bois est le plus ancien matériau de construction au monde. En tant que technologie du bois, il connaît actuellement une renaissance en raison de ses avantages environnementaux et de sa longévité.

Les nouveaux produits en bois tels que le bois lamellé-croisé (CLT) et le lamellé-collé sont considérés comme le matériau de construction de l’avenir.

Un mètre cube de bois absorbe une demi-tonne de dioxyde de carbone, alors que la construction conventionnelle en béton est responsable de 25% des émissions de CO2.

Une fois réalisé, Burj Zanzibar serait le plus haut bâtiment en bois du monde et le premier gratte-ciel africain utilisant cette technologie innovante.

Il y a quelques semaines, la tour Ascent Tower de 86,6 mètres situés à Milwaukee, aux Etats-Unis, a été certifiée comme étant le plus haut bâtiment hybride en bois du monde par le Council on Tall Buildings and Urban Habitat (CTBUH).

Le plus haut gratte-ciel conventionnel d’Afrique est une tour de bureaux de 385 mètres nommée « Iconic Tower » en Egypte, il est toujours en construction.

Le plus haut gratte-ciel de Tanzanie est le bâtiment de 157 mètres de la Ports Authority à Dar es Salaam. Le plus haut bâtiment conventionnel du monde est Burj Khalifa à Dubaï, avec 828 mètres.

Consortium de spécialistes de New York à la Suisse

La Burj Zanzibar est conçue comme une tour hybride en bois. Un noyau en béton armé est conçu pour répondre à toutes les normes de sécurité incendie et de sécurité des personnes.

Le projet sera réalisé par un consortium de spécialistes de premier plan originaires de Suisse, d’Autriche, d’Allemagne, d’Afrique du Sud, de Tanzanie et des Etats-Unis.

Des jardins verts sur le toit et des balcons plantés réduisent encore l’empreinte carbone du bâtiment.

« Burj Zanzibar sera un nouveau point de repère très visible pour Zanzibar et au-delà, non seulement en raison de son apparence mais aussi de sa méthode de construction », a déclaré l’architecte Leander Moons lors de la cérémonie de lancement.

Dans le but de promouvoir le bois disponible localement comme matériau de construction, la Tanzanie et ses vastes ressources foncières pour l’agroforesterie bénéficieraient également de cette ambitieuse méga tour verte.

Un grand développement forestier dans le centre de la Tanzanie, près d’Iringa, couvre déjà deux fois la taille de New York ; « une industrie forestière élargie pourrait créer des centaines de milliers d’emplois dans le pays d’Afrique de l’Est », a déclaré le directeur du CPS, M. Dietzold.

Un style ludique et élégant qui s’adapte à toutes les cultures

Le style architectural ludique – rappelant une ruche avec des alvéoles – combine les tendances urbaines modernes avec la culture locale.

« Des fenêtres panoramiques, des loggias vertes fermées et une disposition modulaire permettront de renforcer la nature verte de la tour et de faciliter l’élaboration de plans d’appartement flexibles, adaptés à toutes les préférences culturelles », explique l’architecte principal Moons. Les résidents pourront avoir leur jardin extérieur même au dernier étage.

Représentatif d’un style de vie jeune, dynamique et surtout durable, le bâtiment propose un mélange de studios, d’appartements d’une ou deux chambres et de penthouses (appartements en terrasse) de luxe.

L’élégante tour se dresse sur un podium en terrasse avec des jardins communs et privés, des boutiques et une piscine commune. Les tailles des unités vont des studios à partir de 79.900 dollars à un vaste penthouse avec piscine privée au 26ème étage à 950.880 dollars.

« Comme point culminant de l’architecture mondiale, le Burj Zanzibar va établir une nouvelle référence en matière de construction au 21ème siècle », a conclu Sebastian Dietzold, le directeur de CPS.