L’Arabie Saoudite abrite le premier Sommet sino-arabe

Le premier sommet sino-arabe aura lieu le 9 décembre prochain en Arabie saoudite, une rencontre qui entrevoit des lendemains meilleurs dans le renforcement des relations économiques et commerciales entre la Chine et les pays arabes.

 A cet égard, le président chinois Xi Jinping est arrivé mercredi à Ryad, pour une visite officielle de trois jours, au cours de laquelle il assistera à ce sommet, ainsi que deux autres sommets : Le sommet saoudien-chinois et le sommet Pays de golfe-Chine.

Plus de 30 dirigeants de pays et d’organisations internationales devraient participer au sommet arabo-chinois, tandis que le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani est arrivé ce soir à Jeddah, accompagné d’une délégation qui comprenait cinq ministres et plusieurs hauts responsables, pour prendre part à ce sommet.

L’autre sommet saoudo-chinois constitue une étape importante dans les relations entre les deux pays dans la mesure où plus de 20 accords bilatéraux seront signés, pour un montant de 29 milliards de dollars.

Les deux pays devront également conclure un « Partenariat stratégique », avec un plan visant à harmoniser entre la « Vision 2030 » que le Royaume d’Arabie saoudite met en œuvre depuis des années pour le progrès économique, et l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route lancée par Beijing pour renforcer sa position économique dans le monde.

A son arrivée à Riyad, le président chinois s’est dit heureux de participer à ce premier sommet sino-arabe ainsi que du tout premier sommet Chine-Pays du Golfe.

Dans une brève déclaration, le chef de l’Etat chinois a rappelé que son pays et l’Arabie saoudite entretiennent « une relation étroite d’amitié, de partenariat et de fraternité », notant que depuis l’établissement des relations diplomatiques bilatérale il y a 32 ans, « les deux parties ont renforcé la compréhension et la confiance mutuelles ».

 Et de conclure que « la coopération entre les deux pays a débouché sur des résultats fructueux dans nombre de domaines, et les deux parties maintiennent une communication et une coordination étroites sur les questions internationales et régionales ».

Pour sa part, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal Bin Farhan Bin Abdullah, a qualifié les relations entre son pays et la Chine de « stratégiques et d’étroites à la lumière des développements et des mutations qui se produisent sur la scène internationale ».

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie saoudienne a estimé qu’en abritant trois sommets, Ryad « confirme sa volonté de développer des relations stratégiques distinguées avec la Chine « , exprimant la détermination  de son pays à travailler avec la Chine et les pays du Golfe et arabes pour « intensifier la coopération dans les domaines politique, économique, social, afin de parvenir à plus de sécurité, de stabilité, de croissance et de prospérité pour tous.

Cité dans le communiqué, l’ambassadeur saoudien en Chine, Abderrahmane bin Ahmed Al-Harbi, qualifié d' »historique et de grande importance » ces assises qui confortent la position du Royaume en tant que pays leader dans les régions du Golfe et arabe.

Pour lui, « les dirigeants chinois tenaient à ce que le Royaume soit le premier hôte des sommets Chine-Golfe et Arabo-chinois, en raison du statut et de l’importance du Royaume au niveau de la région du Golfe et arabe.

Etablies en 1990, les relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et la Chine ont connu un développement remarquable depuis 2016, lorsque le président chinois s’est rendu à Riyad dans le cadre d’une tournée dans la région, suivie de la visite du roi saoudien Salman bin Abdulaziz en Chine en 2017, puis la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane en Chine en 2016 et 2019.

Les chiffres montrent que les échanges commerciaux entre les deux pays en 1990 valaient 500 millions de dollars, un volume qui a bondi en 2000 pour atteindre 3 milliards de dollars. En 2021, la valeur des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 88 milliards de dollars, et durant les dix premiers mois de 2022, le volume des échanges commerciaux a dépassé les 97 milliards de dollars.

L’Arabie saoudite est le premier partenaire commercial de la Chine dans la région, et elle se positionne également au premier rang des pays exportateurs de pétrole vers la Chine. A cet égard, l’ambassadeur saoudien en Chine a annoncé que « le Royaume est la première destination des investissements étrangers chinois au cours du premier semestre de cette année, avec une valeur de 5,5 milliards de dollars, ce qui équivaut à 20% du total des investissements étrangers chinois durant cette période.

Dans une interview à la presse, le diplomate saoudien a déclaré que les deux pays « cherchent à approfondir leur coopération économique à travers les points de rencontre entre la « Vision 2030 » du Royaume et l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », du fait que le Royaume bénéficie de son stratégie visant à relier l’Asie à l’Afrique et à l’Europe.

Il a expliqué que le premier projet de coopération saoudo-chinois au niveau de l’initiative « La Ceinture et la Route » a été inauguré en 2019. Il s’agit du projet de la société chinoise « Pan Asia » pour les industries de base et manufacturières dans la ville de Jizan, au sud-ouest du Royaume. Dans sa première phase, ce projet a mobilisé des investissements de l’ordre de 1,15 milliard de dollars.

Les deux pays prévoient de renforcer leur coopération pour englober les secteurs de l’éducation et de la culture, comme a été annoncé par le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman lors de sa visite en Chine en 2019, outre l’inclusion de la langue chinoise dans les programmes d’enseignement en Arabie saoudite. Aussi, l’Arabie saoudite compte envoyer un grand nombre d’étudiants en Chine pour poursuivre leurs études.

En 2019, le ministère saoudien de la Culture a lancé le « Prix Prince Mohammad bin Salman pour la coopération culturelle entre l’Arabie saoudite et la République populaire de Chine ».

Une plateforme d’interconnexion des bourses africaines lancée

Cette interface a été lancée le 7 décembre 2022 à Abidjan, en marge de l’Assemblée générale et de la Conférence annuelle 2022 de l’Association des bourses africaines (ASEA), organisée par la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).Il s’agit de la plateforme « AELP Link » du Projet d’interconnexion des bourses africaines (AELP). Elle a été lancée lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté des dirigeants des bourses africaines, de la Banque africaine de développement, des courtiers en valeurs mobilières et de la communauté des investisseurs.

L’Assemblée générale et de la Conférence annuelle 2022 de l’Association des bourses africaines (ASEA) se tient du 7 au 9 décembre 2022. L’objectif de l’AELP est de faciliter les flux de capitaux et les investissements transfrontaliers et de connecter les marchés de capitaux africains à un public mondial.

La Banque Africaine de Développement (BAD), par le biais d’un don du Fonds fiduciaire de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), a soutenu l’ASEA, l’association regroupant 28 bourses du continent, pour mettre en œuvre la phase 1 du projet.

La première phase de l’AELP porte sur sept places boursières couvrant 14 pays africains (Maroc, Égypte, Nigéria, Kenya, Maurice, Afrique du Sud et l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine regroupant le Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et le Togo).

La mise en œuvre du projet devrait permettre l’interconnexion des bourses participantes grâce à l’intégration de la plateforme AELP Link, une solution technologique pour soutenir l’intégration du marché, le système d’acheminement des ordres (ORS) et le partage des données sur les marchés et les carnets d’ordres.

Grâce à un partenariat avec Direct FN Ltd, AELP Link a été déployé avec succès et testé en version bêta par 30 courtiers en valeurs mobilières et a été mis en service le 18 novembre 2022. La plateforme a également permis de renforcer les capacités des organismes de réglementation et des opérateurs du secteur financier.

Par le biais de la coordination de l’ASSDA, les courtiers en valeurs mobilières ont signé des accords de contrepartie pour les transactions transfrontalières. Finance Gestion et Intermédiation (FGI Bourse) courtier en valeurs mobilières à la BRVM et Dyer & Blair Investment Bank, courtier en valeurs mobilières à la Bourse de Nairobi (NSE) ont effectué la première transaction en direct lors de la cérémonie de lancement.

« Avec l’AELP, nous entrons dans une nouvelle ère des marchés de capitaux africains où tous nos membres effectueront progressivement des transactions transfrontalières d’une bourse africaine à une autre. Ce projet représente une grande opportunité pour les investisseurs et les émetteurs à travers le continent », a déclaré le président de l’ASEA.

Le directeur de la division du développement des marchés de capitaux de la BAD, M. Ahmed Attout a dit que c’est un plaisir pour son institution de s’associer à l’ASEA dans le cadre de ce processus qui aboutira à l’opérationnalisation de la plateforme AELP Link.

« L’AELP est un projet de transformation qui s’inscrit dans les priorités « High 5 » de la Banque africaine de développement, en particulier « Industrialiser l’Afrique » et « Intégrer l’Afrique », ainsi qu’avec l’objectif de l’Accord de libre-échange continental africain (ZLECA) d’établir un marché libéralisé pour faciliter la circulation des capitaux, faciliter les investissements et approfondir l’intégration économique du continent, a-t-il fait observer.

« Nous espérons que la mise en œuvre de l’AELP atteindra l’objectif d’élargir les investissements transfrontaliers et de faciliter la mobilisation de capitaux dans les entreprises et le secteur réel dans les pays participants », a estimé M. M. Ahmed Attout.

Côte d’Ivoire : le secteur vivrier contribue à plus de 14% au PIB

Les performances de ce secteur stratégique pour la sécurité alimentaire sont contrariées par les pertes post-récoltes oscillant entre 10% et 40%.Pour trouver des solutions idoines à cette problématique, la GIZ, agence de coopération internationale allemande pour le développement, tient à Abidjan une conférence hybride sur les pertes post-récoltes en vue de réduire les pertes de produits agricoles, le long de la chaîne de valeur.

Lors de la session d’ouverture de cette conférence hybride qui se déroule les 7 et 8 décembre 2022, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et du développement rural, Adjoumani Kobenan Kouassi, a appelé à une approche intégrée en vue de permettre à l’agriculture de réaliser pleinement son potentiel.

Selon certaines recherches, dira-t-il, les pertes post-récoltes représentent 37% de la production et sont évaluées à près de 48 milliards de dollars (environ 30.000 milliards F Cfa) à travers la planète. La part des céréales dans ces pertes est de 10 à 20%, soit 4 milliards de dollars (près de 2.500 milliards F Cfa).

Il a fait savoir que « le secteur vivrier en Côte d’Ivoire contribue à 14,7 % de la valeur du PIB et occupe plus de 2,5 millions d’actifs agricoles, dont la majorité sont des femmes ». Les pertes post-récoltes touchent les principales productions alimentaires de base du pays avec des « pertes assez significatives ».

Les pertes post-récoltes sont « de l’ordre de 30 à 40% pour la banane plantain, 10 à 20% pour le manioc, 30 à 40% pour l’igname, environ 10% pour le riz, 20% pour le maïs, 20 à 30% pour les légumes et 40% pour la mangue », a-t-il précisé.

M. Magnus Schmid, coordonnateur du cluster agriculture à GIZ Côte d’Ivoire, a indiqué que cette initiative a pour objectif d’accroître les revenus des petits producteurs agricoles, tout en redynamisant les secteurs agricoles à travers des innovations.

Le projet sur la réduction des pertes post-récoltes vise en outre la transformation des chaînes de valeur du cacao, du manioc et de la banane plantain. Il est placé sous la tutelle du ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture et du développement rural de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Le coordonnateur du cluster agriculture de la GIZ Côte d’Ivoire, M. Magnus Schmid, a relevé que l’on enregistre dans le pays « plus ou moins 30% de pertes post-récoltes », ajoutant que ces pertes sont évaluées à plusieurs milliards de francs, sans avancer de chiffre.

Pour contribuer à réduire de façon significative les pertes après récolte, la GIZ à travers un portefeuille de huit projets, veut accompagner les petits producteurs à transformer leurs fèves de cacao, et aider les producteurs de manioc à mieux conserver et commercialiser leurs produits.

Le GIZ envisage également d’ouvrir un nouvel incubateur à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INPHB) de Yamoussoukro pour former des startups et des étudiants afin de travailler sur les pertes post-récoltes, a-t-il poursuivi.

Quant à Mme Stella Gaetani, chargée de mission pour la coopération économique et le développement à l’ambassade de l’Allemagne en Côte d’Ivoire, elle a fait observer que ce projet devrait permettre de stimuler des « solutions techniques pour la transformation des produits après la récolte ».

Citant la FAO, Mme Gaetani a fait remarquer qu’« à peu près 1,3 milliard de tonnes d’aliments sont toujours perdus au niveau mondial chaque année, alors que le taux de personnes sous et malnutries augmente ».

« En 2021, 820 millions de personnes étaient affamées » or la réduction des pertes post-récoltes constitue un moyen pour surmonter ce problème, a souligné la chargée de mission pour la coopération économique et le développement de l’ambassade de l’Allemagne en Côte d’Ivoire.

Selon M. Adjoumani Kouassi, les pertes post-récoltes peuvent survenir des opérations de récolte, de transport, de conditionnement et de stockage. Au niveau de la récolte, elles sont induites par l’emploi de mauvaises techniques qui endommagent le produit ou le fuit à la cueillette.

Il a relevé que les moyens de stockage des denrées alimentaires sont encore traditionnels et les chaînes de froid sont insuffisantes. Par ailleurs, le mauvais état des routes et l’insuffisance des moyens de transport réduisent l’accès aux marchés et accroissent le retard dans l’écoulement des produits.

Le ministre ivoirien a recommandé la promotion et la vulgarisation des technologies améliorées de conservation traditionnelles, le développement de chambres froides alimentées par des énergies vertes et solaires et encouragé l’implantation d’industries d’emballage pour les productions alimentaires.

Le chef des projets internationaux à la société allemande d’agriculture (DLG) Frederick Tipp a signé une convention avec le Centre d’excellence régional contre la faim et la malnutrition (CERFAM), transférant à ce centre le site web « Innovations pertes post-récoltes » afin de développer des solutions sur cette thématique.

Les résultats de six startups en compétition sur la thématique des pertes post-récoltes ont été dévoilés. Déclarée lauréate, BII Côte d’Ivoire, une structure de lutte contre les gaspillages, les pertes et l’insécurité alimentaire, arrive en tête suivie de Magic Arcad et de Edindia, selon des données du jury.

Maroc/RAM: RAM : nouveau programme de vols pour les supporters du Maroc en quart de finale

Royal Air Maroc annonce un nouveau programme de vols pour les supporters des Lions de l’Atlas qualifiés aux quarts de finale de la Coupe du monde. Sept vols au départ de Casablanca à l’aller et sept vols au retour sont ainsi programmés.Après l’exploit et la qualification historique de l’équipe nationale de football aux quarts de finale de la coupe du monde, le ministère de l’Education Nationale du Préscolaire et des Sports, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) et Royal Air Maroc lancent un nouveau programme de vols spéciaux pour le déplacement des supporters marocains à Doha afin de soutenir les Lions de l’Atlas lors de sa prochaine rencontre samedi 10 décembre.

A l’instar des dispositifs mis en place lors de la première phase et des huitièmes de finale de la coupe du monde, ce programme met à la disposition des supporters le billet d’avion au tarif fixe de 5000 DH TTC, aller-retour en classe économique, non modifiable et non remboursable, indique un communiqué de la RAM parvenu mercredi à APA.

Ainsi, la Compagnie Nationale programmera, les 09 et 10 décembre, sept vols spéciaux au départ de la capitale économique et sept vols retours le 11 décembre. Ces vols seront opérés par des avions gros porteurs d’une capacité allant de 274 à 340 sièges chacun.

Guinée : Ibrahima Sory 2 Tounkara, le « discret » juge du 28-Septembre

Avant le procès du massacre du 28-Septembre, le juge Ibrahima Sory 2 Tounkara était peu connu du grand public.En Guinée, le procès du massacre du stade du 28 septembre 2009 se poursuit, plus de deux mois après son ouverture. Ce procès historique met en cause onze anciens officiels militaires et gouvernementaux guinéens dont l’ex-chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Les audiences se déroulent au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé dans la Cour d’appel de Conakry, sous la présidence d’Ibrahima Sory 2 Tounkara, un juge de 45 ans qui suscite l’attention de plusieurs observateurs depuis le début du procès.

Malgré la froideur de son regard plongé dans un front plissé, le natif de Conakry paraît courtois avec toutes les parties, même avec la défense. Il tient coûte que coûte à vouloir faire respecter les droits des prévenus s’ils ne veulent pas répondre de nouveau aux questions des avocats ou si leur santé ne leur permet pas de durer à la barre. Lundi 5 décembre 2022, il a décidé de renvoyer le procès d’une semaine après que Moussa Dadis Camara lui a fait savoir qu’il était malade.

Toujours concentré sur son sujet, le juge Tounkara ne se laisse pas dominer par les réactions parfois hilarantes de certains accusés, à l’image de l’ancien chef de la garde présidentielle, Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba ». Il ne manque pas de recadrer également les parties prenantes quand ça commence à aller dans tous les sens dans la salle d’audience.

« Le tribunal vous informe qu’il n’acceptera pas certains propos, surtout ethniques ou régionalistes. Ce procès n’est pas un procès ethnique ou régionaliste. Ce procès est organisé pour la manifestation de la vérité… Et ce sont des Guinéens qui sont là. Parce que toutes les composantes sont représentées dans ce procès. Donc, ce n’est pas dirigé contre une ethnie ou une région », a-t-il dit à l’entame de la 23e journée de ce procès, en novembre.

Un produit de l’école guinéenne

Menant jusque-là une carrière de magistrat loin des projecteurs, Ibrahima Sory 2 Tounkara présente le profil type d’un intellectuel formé par l’école guinéenne. Certaines personnes seraient tentées de dire qu’il est inspiré dans son choix de carrière par son frère aîné : Ibrahima Sory 1 Tounkara, magistrat aussi de son état et président du tribunal de première instance de la commune de Kaloum, à Conakry.

A la différence des adjectifs numéraux cardinaux contenus dans leur prénom commun, Ibrahima Sory 2 Tounkara dispose d’un parcours particulier avant d’obtenir des promotions au sein de la magistrature de son pays. Mohamed Lamine Diallo, avocat général à la Cour d’Appel de Conakry, considère d’ailleurs son collègue comme un « magistrat professionnel, discret et humble ».

Après avoir décroché son baccalauréat en 1998 au lycée du 2 octobre de Kaloum, Ibrahima Sory 2 Tounkara est orienté à la Faculté des sciences économiques et juridiques (FSJP) de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Spécialisé en droit privé, il valide successivement son Diplôme d’études universitaires générales (Deug), sa Licence et sa Maîtrise avant d’être reçu au concours du Centre de formation et de documentation judiciaires (CFDJ).

Après sa formation dans la promotion 2007-2009 du CFDJ, il est nommé tour à tour juge correctionnel au tribunal de première instance de Kaloum et au tribunal de première instance de Mafanco, dans la capitale guinéenne. Il dirige ces juridictions jusqu’en 2018 et « assure la bonne marche de cette section à travers des décisions rendues en toute impartialité », selon des témoignages. C’est à la suite de ces expériences qu’il est appelé à présider le tribunal de première instance de Macenta (sud) avant son affectation au tribunal de première instance de Mamou (centre).

Après le renversement du président Alpha Condé en septembre 2021 par un groupe d’officiers militaires dirigés par le colonel Mamady Doumbouya, les nouvelles autorités guinéennes opèrent un vaste changement dans l’appareil judiciaire. Ibrahima Sory 2 Tounkara est d’abord nommé président du tribunal de première instance de Coyah (ouest) avant d’atterrir en septembre 2022 au tribunal de première instance de Dixinn. Il reçoit pour mission principale d’« organiser et diriger le service pour une meilleure administration de la justice ».

Professionnel ou partisan ?

Ainsi, depuis le 28 septembre, il dirige le procès du 28-Septembre au tribunal criminel de Dixinn. L’ancien chef d’Etat Moussa Dadis Camara et dix autres membres de son régime militaire y sont jugés pour des faits liés au massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Selon le rapport d’une commission d’enquête internationale mandatée par les Nations unies, pas moins de 157 personnes ont été tuées, des centaines blessées et près de 109 femmes violées après un rassemblement de l’opposition dont le but était de dissuader le capitaine Dadis Camara de se présenter à l’élection présidentielle de janvier 2010.

« C’est une première dans notre pays. Et le président (Ibrahima Sory 2 Tounkara) se distingue par la sérénité de sa conduite des débats. La défense a tenté à plusieurs reprises de le déstabiliser mais il est resté serein et professionnel. Je pense qu’il mérite le poste de président à ce procès. Nous, nous attendons que cela se poursuive pendant tout le procès et nous espérons que cela va se faire et que ce procès-là va être une réussite pour le pays », a indiqué Me Alpha Amadou Bah, un des avocats de la partie civile, interrogé par APA.

Toutefois, à ce stade du procès, certains de ses confrères de la défense, à l’instar d’Antoine Pépé Lamah et Salifou Béavogui, ne veulent pas décerner une note positive au juge Ibrahima Sory 2 Tounkara. Ces dernières semaines, certains parmi eux ont dénoncé une attitude partisane du président du tribunal chargé de juger l’affaire du massacre du 28-Septembre.

« Nous avons constaté que le président est très calme et patient lorsque c’est le parquet qui intervient et laisse passer beaucoup d’irrégularités. Si c’est la partie civile qui intervient, il prend tout son temps pour écouter. Mais dès que la défense commence à intervenir, ce sont des interventions de types : + Maître, est-ce que c’est lié au dossier ? – Maître, cette question nous amène où ? – Maître, posez les questions ? – Maître, vous vous croyez supérieur. Vous êtes discourtois, je vous retire la parole. C’est toutes sortes de menaces, nous n’allons pas l’accepter. (…) Nos clients aussi ont des droits », s’insurgeait notamment Me Salifou Béavogui dans la presse guinéenne à l’encontre du juge Ibrahima Sory 2 Tounkara.

Zimbabwe: la population dénonce les longues coupures d’électricité

Le pays d’Afrique australe fait face à une crise énergétique aggravée par le récent arrêt de la production de l’une de ses principales centrales électriques.Ces deux dernières semaines, dans la plupart des régions du Zimbabwe, l’électricité est coupée vers 4 heures du matin (2 heures GMT) pour être rétablie après minuit.

Il s’agit de la plus grave crise de l’électricité que le pays d’Afrique australe a connue depuis 2000, une année marquée par des délestages récurrents, imputés au vieillissement des infrastructures de production et à la mauvaise planification des autorités.

Les habitants ont réagi à l’aggravation de la crise électrique en effectuant les tâches qui nécessitent de l’électricité pendant sa courte période de disponibilité, comprise entre minuit et 4 heures du matin.

 « Pour éviter les désagréments, je fais maintenant la plupart de mes travaux de repassage et de cuisine aux premières heures du matin, lorsque nous avons l’électricité. Sinon, je ne peux pas me permettre de payer le gaz, car je finirais par en utiliser beaucoup », s’est désolée Emily Chareza, une habitante de Harare, la capitale zimbabwéenne.

La crise affecte également les entreprises, qui ont dû recourir à des générateurs diesel pour alimenter les opérations dans la plupart des usines. Ce qui a eu pour effet d’augmenter les coûts de production, le diesel coûtant plus cher que l’essence au Zimbabwe.

La Confédération des industries du Zimbabwe (CZI) a prévenu que la crise de l’électricité « bloque la dynamique de croissance ». Selon la CZI, environ 35,4% des entreprises du pays ont enregistré une baisse de leur production au cours du troisième trimestre jusqu’à la fin du mois de septembre 2022, tandis que 42,5% seulement ont enregistré une augmentation.

Le quatrième trimestre, jusqu’à la fin du mois de décembre, risque d’être pire en termes de volumes de production en raison des déficits énergétiques actuels.

Le groupement de fabricants a déclaré qu’il fallait s’attaquer d’urgence à la crise énergétique pour éviter une chute de la production et de la productivité économique.

Le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa a reconnu que la situation nécessite une gestion urgente.

« Les coupures d’électricité sont source de détresse, de désagréments et de coûts pour les citoyens et les entreprises. C’est regrettable », a posté sur Twitter Nick Mangwana, le secrétaire général du ministère de l’Information, rassurant que le gouvernement envisage des mesures urgentes pour ramener la situation à la normale.

Af’Sud : croissance de l’économie au 3ème trimestre

Le redressement de l’économie de la nation arc-en-ciel est une amélioration considérable par rapport à la croissance négative de 0,7% enregistrée au précédent.L’économie sud-africaine a affiché une légère croissance alors qu’elle se remet de la pandémie de Covid-19, le Produit intérieur brut (Pib) ayant connu une hausse de 1,6% entre juillet et septembre 2022.

Le directeur général adjoint des statistiques économiques, Joe de Beer, a déclaré mercredi 7 décembre 2022 que les plus grands contributeurs étaient les industries agroalimentaires, la sylviculture et la pêche qui ont augmenté de 19,2% au troisième trimestre, contribuant ainsi à 0,5 point de pourcentage de la croissance du Pib.

« Les exportations nettes ont également contribué positivement à la croissance des dépenses sur le Pib au troisième trimestre », a-t-il ajouté.

Selon M. de Beer, les exportations de biens et services ont augmenté de 4,2%, du fait largement de l’augmentation des échanges de produits minéraux, de métaux de base, de produits végétaux et de produits en papier.

« Les importations de biens et services ont augmenté de 0,6%, principalement en raison de la hausse des produits minéraux et des graisses et huiles animales et végétales », a poursuivi le directeur général adjoint des statistiques économiques, Joe de Beer.

Il a indiqué qu’au cours des trois mois pris en compte, une augmentation des activités économiques avait été signalée pour les grandes cultures et les produits horticoles.

Samuel Eto’o s’excuse après l’agression d’un youtubeur algérien

Samuel Eto’o Fils s’est excusé après sa bagarre avec un youtubeur algérien qui l’interrogeait sur l’arbitre gambien Papa Bakary Gassama qui avait officié lors du barrage retour entre l’Algérie et le Cameroun.Une vidéo tournée au Qatar est devenue virale, montrant son altercation avec le Youtubeur algérien Sadouni SM après le huitième de finale entre le Brésil et la Corée du Sud. Après la diffusion en boucle de l’extrait de l’altercation, le Camerounais a présenté ses excuses, dans un communiqué. Il explique qu’il « regrette profondément d’avoir perdu son sang-froid et d’avoir réagi d’une manière excessive. » Il précise également qu’il « s’engage à continuer de résister aux provocations incessantes et au harcèlement quotidien de certains supporters algériens ».

Sadouni SM, qui a déposé une plainte contre Samuel Eto’o, a lui aussi présenté sa version des faits. Il affirme l’avoir « interrogé sur Gassama (arbitre gambien d’Algérie-Cameroun). Je lui ai demandé s’il lui avait donné un pot-de-vin. Il s’est énervé et m’a frappé. » Le youtubeur a déclaré vouloir porter plainte contre le président de la fédération camerounaise.

L’arbitre gambien Papa Bakary Gassama avait reçu des menaces de la part d’Algériens, dont l’entraîneur de l’équipe nationale Djamel Belmadi, à propos de sa gestion du match que le Cameroun a remporté grâce à la règle du but à l’extérieur et qui lui a permis de se qualifier pour la Coupe du monde au Qatar.

Eto’o ambassadeur de la Fifa dans cette coupe du monde, se trouve au Qatar à la tête de la délégation de football du Cameroun pour la Coupe du monde.

Les Lions indomptables ont quitté le tournoi dès la phase de poule avec un bilan d’une victoire contre le Brésil (0-1), un nul contre la Serbie (3-3) et une défaite contre la Suisse (1-0)

Soudan : l’UA salue l’accord visant à rétablir un régime civil

Un accord pour un retour rapide à un régime civil a été conclu au Soudan, suscitant les éloges de l’Union africaine.L’Union africaine (Ua) décrit cet accord comme une « étape significative » vers une « fin définitive » de la crise politique du pays. Dans une déclaration, l’Union africaine se félicite de la signature de l’accord-cadre entre la junte militaire soudanaise et les politiciens civils qui étaient en désaccord sur la nature et la durée de la transition vers un régime constitutionnel.

Le conseil militaire au pouvoir a signé lundi l’accord initial visant à rétablir un régime civil au Soudan avec la coalition pro-démocratique des Forces de la liberté et du changement. L’accord prévoit une transition de deux ans dirigée par des civils, qui se terminera par des élections démocratiques.

Malgré une brève période de gouvernement de partage du pouvoir incluant des civils, le Soudan est sous régime militaire depuis qu’Abdel Fattah al-Burhan a pris le pouvoir en 2021, deux ans après le renversement par un soulèvement populaire de l’ancien président Omar el-Béchir (1993-2019)

Le président de la Commission de l’Ua, Moussa Faki Mahamat, a déclaré mardi que les signataires de l’accord doivent désormais « rester ouverts aux forces politiques qui n’ont pas signé l’accord ». Il a également exhorté toutes les parties « à travailler ensemble en toute bonne foi, pour la mise en place des institutions démocratiques assurant la restauration de l’ordre constitutionnel de la transition soudanaise ».

L’Ua, dans le cadre d’un groupe trilatéral, a soutenu les négociations entre l’armée et les civils comme un moyen de rétablir la stabilité, de mettre fin aux manifestations de masse et de sauver l’économie soudanaise qui s’effondre. M. Mahamat a réaffirmé le soutien de l’Ua aux efforts du groupe trilatéral, auquel participent également les Nations unies et L’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD, sigle en anglais)

La communauté internationale doit également soutenir le Soudan « dans cette phase cruciale de son histoire dans le strict respect de sa souveraineté, de son indépendance, de son unité et des choix de son peuple », a ajouté M. Mahamat.

L’Ethiopie, pays voisin du Soudan, a également salué l’accord initial de transition, le qualifiant d’« étape importante » qui conduira le pays à des élections libres et équitables. « L’Éthiopie, tout en soutenant pleinement l’accord et sa mise en œuvre, a pleinement confiance dans la sagesse des forces militaires et politiques soudanaises pour mener leur pays à une transition démocratique qui répondra aux aspirations du peuple soudanais », a déclaré le ministère des Affaires étrangères à Addis-Abeba dans un communiqué.

Sénégal : Sonko et Adji Sarr « s’évitent » devant le doyen des juges

Les quotidiens sénégalais parvenus mercredi à APA titrent principalement sur la confrontation entre les deux protagonistes de l’affaire du salon de massage Sweet Beauty, une affaire qui a coûté au moins quatorze vies de personnes en mars 2021.EnQuête livre « les coulisses de la confrontation » entre la masseuse Adji Sarr et son présumé bourreau qu’elle accuse de « cinq viols » et menaces de mort, en l’occurrence l’opposant Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor (sud), arrivé troisième à la dernière présidentielle avec plus de 15 % des suffrages.

« Lors d’une confrontation électrique, les deux protagonistes ont choisi leurs questions » et « se sont +courtoisement+ évités ». C’est pourquoi Walf Quotidien estime que « la confrontation n’a pas eu lieu ».

« C’était un massacre, ce n’était pas une confrontation », soutient Ousmane Sonko dans Vox Populi là où Adji Sarr note que « c’était décevant, (parce que) il (Sonko) a refusé de parler ». Mais d’après ce journal, c’est une « farouche bataille d’opinion » que se mènent les deux parties.

Revenant sur « les minutes du face-à-face » entre le leader du parti Pastef et son accusatrice, L’Observateur note qu’« aucune des deux parties n’a voulu dévoiler sa stratégie ». Le journal affirme que « la masseuse déroule un film érotique » dans le bureau du doyen des juges, Oumar Maham Diallo, avant que Sonko n’« accrédite la thèse du complot et nie le viol ».

Après cette confrontation, Sud Quotidien s’attend « maintenant à savoir quelle suite sera donnée à cette scabreuse affaire teintée de politique, ayant causé la mort de plus d’une dizaine de jeunes Sénégalais », en mars 2021, à la suite de la courte arrestation du maire de la ville de Ziguinchor, considéré comme le principal opposant du pouvoir de Macky Sall.

Les Lions du foot rentrent au bercail

Le Soleil se fait l’écho de l’accueil de l’équipe nationale de football du Sénégal au palais de la République après son parcours qui s’est terminé en huitième de finale de la Coupe du monde en cours au Qatar. Malgré tout, le président « Macky Sall (se dit) fier des Lions » et a décidé de maintenir les primes de qualification prévues pour le quart de finale, l’objectif initial du Sénégal dans cette compétition footballistique, souligne le quotidien national qui fait état aussi de la qualification du Maroc en quart de finale après sa victoire mardi soir aux tirs au but devant l’Espagne.

La pilule de l’élimination du Sénégal ne semble toujours pas passer pour Stades, notant que les absences d’Idrissa Gana Guèye et de Cheikhou Kouyaté « ont fait mal » aux Lions. Les protégés du sélectionneur Aliou Cissé « ont perdu cette agressivité » en l’absence des deux expérimentés milieux de terrain, ayant été « de toutes les campagnes internationales depuis 2012 », rappelle le quotidien sportif. A eux deux, ils comptent 182 sélections, onze buts et six passes décisives.

« Ils ont fini par nouer une complicité à fort caractère ». Un élément qui a probablement manqué dans le jeu des Lions du Sénégal, battus (3-0) dimanche par l’Angleterre, en huitième de finale de cette Coupe du monde 2022 qui doit s’achever le 18 décembre prochain par la grande finale.