Les fonds serviront à la promotion du recours à l’innovation technologique dans le secteur agricole afin d’accroître durablement la productivité mais aussi d’assurer la résilience face au changement climatique dans les zones ciblées.
Aujourd’hui plus que jamais, le Tchad a besoin d’augmenter sa productivité agricole. Alors que le secteur subit plusieurs facteurs dont l’insuffisance des moyens mais aussi les changements climatiques. La Banque mondiale (BM) a annoncé ce mardi avoir approuvé l’octroi à l’Association internationale de développement (IDA), une enveloppe de 41 millions de dollars en faveur du Tchad pour le renforcement de l’agriculture. Selon un communiqué de la représentation locale de la Banque, ce financement ira à la mise en œuvre du Projet de renforcement de la productivité agricole et de la résilience au climat (Propad).
Il s’agit d’une initiative qui vise avant tout, à améliorer l’accès aux technologies adaptées aux systèmes de production rurale et à accélérer leur adoption dans la zone agroécologique (ZAE) soudanaise (régions de Salamat, Moyen-Chari et Mandoul). Le Propad vise également à donner aux exploitants les moyens de prendre des décisions avisées et de pouvoir anticiper sur les phénomènes climatiques, permettant ainsi de renforcer la résilience aux aléas climatiques. «Alors que le Tchad possède une superficie agricole totale de plus de 49 millions d’hectares, seuls 6% sont actuellement cultivés. De même, seuls 9% des ressources disponibles en eau sont exploitées et moins de 1% des terres agricoles sont irriguées», a relevé Soukeyna Kane, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Tchad. «Alors que d’autres projets ciblent l’élevage dans la ZAE sahélienne, cet appui se concentrera sur la ZAE soudanaise qui offre une occasion unique de diversifier la production agricole et de développer des chaînes de valeur dynamiques et complémentaires pour les cultures et l’élevage», a-t-elle ajouté.
A en croire le communiqué de la BM, la mise en œuvre du Propad devrait particulièrement permettre d’augmenter la production des céréales pluviales (sorgho, millet, maïs, riz) et leurs cultures associées (arachide, niébé et sésame). Il vise également la diversification de l’élevage et la production laitière dans les zones périurbaines. Un programme de renforcement des capacités nationales en matière de recherches et de développement agronomiques et en services de conseils agricoles, est aussi prévu lors de la mise en œuvre du Propad.
Depuis près de 75 ans, la production cotonnière du Tchad est tombée au plus bas. C’est dans le but de pallier à ce problème que la compagnie nationale Coton Tchad a fait appel au géant asiatique Olam.
Au Tchad la saison des semis de coton approche, le géant asiatique Olam vient de racheter 60% de la société cotonnière nationale, le pays sahélien se voit déjà produire 300 000 tonnes de coton graine dans cinq ans, mais il sera difficile pour la filière de remonter la pente. La production est tombée à 25 000 tonnes de coton graine l’an dernier, elle a été divisée par six en deux ans !
Effondrement du coton au Tchad
Entré en récession faute de recettes pétrolières suffisantes, le Tchad ne pouvait plus financer sa société cotonnière, totalement revenue dans le giron de l’Etat. Coton Tchad n’était donc plus en mesure de fournir les semences et les pesticides ni de payer le coton au producteur un prix encourageant : c’était le prix le plus faible de la zone Franc, 220 francs CFA et il avait chuté en cours de campagne. En aval : désorganisation totale. Du coton s’était perdu, ou n’avait pas été égrené…
Olam poids lourd du coton
Aujourd’hui c’est toute une filière en crise qu’il faut relancer et remotiver. L’arrivée d’Olam suscite beaucoup d’espoirs : c’est un grand du coton, il commercialise un quart de la fibre africaine à lui tout seul. Le géant singapourien est aussi présent dans la production et l’égrenage du coton en Côte d’Ivoire, en Ouganda, au Mozambique, en Tanzanie et en Zambie. Olam s’intéresse en outre à plusieurs cultures de rente dans les pays où il s’installe. Au Tchad ce pourrait être le sésame, la noix de cajou, et pourquoi pas la gomme arabique…
Remotiver les producteurs
Pour mettre un pied dans ce pays, le géant singapourien a endossé les dettes de Coton Tchad, c’était impossible pour l’autre candidat à la reprise Advens Geocoton, déjà endetté. Olam envisage de construire 3 nouvelles usines d’égrenage, à Kyabe, à Doba et à Gounou Gaya, au sud et au sud-ouest du Tchad. Le repreneur a également promis qu’il céderait 5% du capital aux producteurs à titre gratuit. En attendant c’est un bon prix au kilo de coton graine qu’il va falloir annoncer aux paysans pour les remotiver à semer dans les prochaines semaines. Il faudra ensuite acheminer au plus vite, d’ici le mois de juillet, les pesticides nécessaires. Si besoin, par avion.
Six rhinocéros noirs sud-africains en route pour le Tchad
Six rhinocéros noirs sud-africains ont quitté le 03 Mai, leur réserve pour un long voyage vers le Tchad, coup d’envoi d’une ambitieuse opération de repeuplement du pachyderme dans le pays d’Afrique centrale où il a disparu il y a un demi-siècle.
Les animaux ont quitté dans la matinée le parc national sud-africain d’Addo (sud-ouest) par la route vers Port Elizabeth, d’où ils doivent s’envoler plus tard dans la journée à destination du Tchad, a annoncé la direction des parcs nationaux sud-africains.
Au terme d’un vol de près de 5.000 km vers le nord, ils seront lâchés dans le parc national de Zakouma, dans la savane du sud-est tchadien, où ils doivent constituer l’amorce d’un nouveau foyer de rhinocéros noirs.
Le Tchad et l’Afrique du Sud ont signé en 201 un accord de coopération visant à protéger la biodiversité et à assurer la survie à long terme des espèces animales menacées à Zakouma.
Après sept ans d’efforts, il a permis d’y réduire quasiment à néant le braconnage, autorisant ainsi la réintroduction des rhinocéros.
« En établissant un foyer de rhinocéros viable et protégé au Tchad, nous contribuons à l’expansion de leur population en Afrique et à la survie d’une espèce qui a beaucoup souffert de braconnage ces dix dernières années« , s’est réjouis la ministre sud-africaine de l’Environnement, Edna Molewa.
Chaque année, des milliers de rhinocéros sont ainsi abattus en Afrique pour leurs cornes, très prisées des adeptes de la médecine traditionnelle en Chine ou au Vietnam.
Il reste 5.000 spécimens de rhinocéros noirs sur le continent africain, dont près de 1.900 en Afrique du Sud. Le pays abrite aussi quelque 20.000 rhinocéros blancs, soit 80% de la population mondiale.
Avant le Tchad, des rhinocéros noirs ont déjà été expatriés au Botswana, en Tanzanie, en Zambie, au Malawi ou au Rwanda.
Depuis le début de la crise entre les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Egypte, Bahreïn et le Qatar, en juin 2017, certains pays africains se sont positionnés pour l’une ou l’autre partie. Le Tchad s’est alors démarqué par son activisme contre le Qatar en affichant une proximité à toute épreuve avec les Emirats. Cette relation vient encore de prendre de l’ampleur avec l’arrivée du premier ambassadeur tchadien à Abou Dhabi.
Depuis plusieurs mois, son nom était évoqué avec de plus en plus d’insistance dans les couloirs de la présidence, à N’Djamena. Le propre fils du président Idriss Déby, Zakaria Idriss Déby, a été confirmé, le 4 avril, comme le premier titulaire du poste d’ambassadeur tchadien à Abou Dhabi. Jusqu’à présent, N’Djamena n’était représenté dans les Emirats que par un simple consul à Dubaï.
Bouée de sauvetage
Ancien directeur de la compagnie Toumaï Air Tchad, qu’il n’a pas réussi à sauver de la faillite, puis directeur adjoint du cabinet civil de son père, Zakaria Idriss Déby, 33 ans, n’a encore jamais été associé aux activités du ministère des affaires étrangères. Cependant il a, dès le début de la crise avec le Qatar, été dépêché par son père à Abou Dhabi. Durant plusieurs semaines, Zakaria Idriss Déby a fait valoir avec succès auprès du prince héritier, Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, combien l’influence de son père pouvait s’avérer déterminante pour ramener plusieurs pays africains dans le giron saoudo-émirati.
En parallèle, Idriss Déby a mis tout son poids pour que ses voisins du Sahel rappellent leurs ambassadeurs basés au Qatar, faisant ainsi basculer en juin 2017 le Niger, la Mauritanie et même le Sénégal – jusqu’au retour à Doha de l’ambassadeur de ce dernier, en septembre. Le Tchad a même été plus loin en rompant toutes relations diplomatiques avec le Qatar fin août.
L’activisme du président tchadien dans le Golfe lui a permis de récolter d’importantes promesses d’aide. Lors d’une conférence organisée à Paris du 6 au 8 septembre 2017, les Emirats arabes unis ont largement contribué à ce que la Banque islamique de développement, le fonds de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) se mobilisent massivement en faveur du Tchad.
Un autre forum économique sur les investissements au Tchad a même été organisé le 13 septembre à Abou Dhabi. Le président Déby perçoit les Emirats comme une possible bouée de sauvetage de son économie, plombée par une production pétrolière en constante diminution et des cours très bas depuis 2014.
Virage à 180 degrés
Si Idriss Déby a souhaité personnaliser sa relation avec les Emirats arabes unis via la nomination de son fils, il a depuis quelques semaines fait faire un virage à 180 degrés à sa politique envers le Qatar. Le président tchadien a soudainement dépêché en jet privé, le 20 février, son ministre des affaires étrangères, Mahamat Zene Cherif, à Doha, afin de signer un accord prévoyant la reprise des relations diplomatiques et la réouverture prochaine de son ambassade dans ce pays du Golfe.
Etranglé économiquement, le Tchad a été contraint à ce revirement complet du fait de la nécessité de rediscuter un prêt de 1,4 milliard de dollars (près de 1,2 milliard d’euros) qu’il avait contracté en 2014 avec le trader Glencore.
Or l’un des principaux actionnaires de Glencore n’est autre que le fonds d’investissement qatari, la Qatar Investment Authority. Celle-ci a été particulièrement précieuse pour que Glencore accepte enfin une renégociation des termes du prêt dont les résultats, favorables pour N’Djamena, ont été annoncés quelques heures avant la reprise des relations bilatérales entre les deux pays. Ces discussions, totalement bloquées depuis plusieurs mois, ont alors été menées à leur terme, comme par magie, à la vitesse de la lumière.
Malgré la reprise des relations diplomatiques, aucun ambassadeur n’a encore été nommé par Idriss Déby au Qatar. Il vient tout juste de décharger officiellement de ses fonctions celui qui avait été rappelé en juin 2017, Aboubakar Siddick Tchoroma. Le profil du futur impétrant sera particulièrement intéressant à scruter afin de comprendre quel type de relation le président tchadien souhaite entretenir dans l’avenir avec l’émirat gazier.
En attendant, le Qatar vient d’envoyer une équipe pour trouver un terrain afin de construire une ambassade à N’Djamena. Jusqu’à la rupture des relations diplomatiques l’année dernière, Doha logeait son ambassadeur dans un hôtel.
Les Saos manquent d’argent pour financer leur préparation
Le Tchad demeure l’un des rares pays africains à n’avoir jamais pris part à la phase finale de le Coupe du monde. Pourtant le pays s’est doté d’une structure chargée du financement et de la promotion du sport, le FNDS.
Au Tchad, c’est la désolation chez les supporters des Saos qui n’ont pas participé pas à la CAN 2017 au Gabon, remporté par le Cameroun.
Il y a 6 ans le gouvernement a pourtant mis sur pied une structure chargée de financer le sport. Le FNDS où sont logés des milliards de Francs CFA, prélevés sur les appels des abonnés des différentes compagnies de téléphonie.
Mais le pays ne s’est jamais qualifié pour une compétition majeure telle que la Coupe du monde, faute de moyens financiers.
« Il faut que ces moyens financiers viennent à temps. Si on a un match par exemple en juin, les gens au niveau de l’encadrement technique font leur programme, déposent à la Fédération qui le dépose à son tour au ministère des sports. Après le programme passe à la primature avant d’arriver au ministère des Finances. Et ça prend en moyenne cinq mois pour aboutir. Ce qui fait que l’argent arrive à une semaine de la compétition. Donc même si on met tout l’argent du pétrole dans la compétition, on ne va pas se qualifier. Parce que un match se prépare des mois à l’avance », a réagi Mahamat Admed Yaya, président de la commission technique à la Fédération tchadienne de football.
« On n’aimerai que le Tchad n’accède pas seulement à la CAN mais à la Coupe du monde. Dommage, nous avons une tête pourri qui ne permet pas la progression de notre football », déplore un supporter de l’équipe nationale de football du Tchad.
Mais le Tchad ne pourrait pas participer aux éliminatoires de la CAN 2019, disqualifié par la CAF.
On espère que tout rentrera dans l’ordre d’ici peu afin que le Tchad puisse prendre part aux éliminatoires de la prochaine coupe du monde qui aura lieu en 2022.
Lors des qualifications de la Coupe du monde 2018, le Tchad avait été éliminé par l’Egypte. Pourtant vainqueur du match aller à Njamena (1-0), le Saos avaient pris une douche froide au match retour au Caire (0-4). L’équipe avait rallié la capitale égyptienne sans avoir eu une séance d’entrainement après le match allé.
Incapable à chaque fois de franchir le 1er tour des qualifications, le Tchad est obligé de voir le Nigéria, le Maroc, l’Egypte, le Sénégal et la Tunisie représentés l’Afrique en Russie du 14 juin au 15 juillet prochain.
Ce que gagnent les participants à la Coupe du monde.
Champion du monde : 25,6 millions d’Euros
Finaliste : 18,3 millions d’Euros
Troisième place : 16 millions d’Euros
Quatrième place : 14,6 millions d’Euros
Quarts de finalistes : 10,2 millions d’Euros
Huitièmes de finalistes : 6,6 millions d’Euros
Eliminés au premier tour : 5,8 millions d’Euros
Frais de préparation pour les 32 qualifiés : 1,1 millions d’Euros
La remise de ces deux avions miliaires a eu lieu le 2 Mars dernier à la base aérienne Adji Kossei.
Les Etats-Unis ont officiellement remis, le mercredi 2 mars, à la Base Aérienne Adji Kossei, deux avions de reconnaissance de marque CESSNA ISR, des équipements, des matériels de servitude et des hangars à l’armée de l’air tchadienne, lors d’une cérémonie en présence de l’ambassadrice des Etats-Unis au Tchad, Geta Pasi et des autorités militaires tchadiennes.
L’ambassadrice des Etats-Unis au Tchad a indiqué que la livraison de ces avions, des éléments de soutien et la formation de l’équipage ont été rendus possibles grâce à l’excellente coopération en matière de sécurité entre le Tchad et les Etats-Unis d’Amérique.
Elle a ajouté que cet équipement renforcera la capacité du Tchad à assurer la sureté et la sécurité de ses concitoyens, et aussi celles de ses voisins du Bassin du Lac Tchad et du grand Sahel.
Ce don d’un montant de 43 millions de dollars que les Etats-Unis ont fourni en équipements est un investissement en faveur du Tchad. Cela reflète le rôle crucial du Tchad en tant que leader régional.
Les Etats-Unis apprécient la contribution du Tchad aux efforts de lutte contre le terrorisme en Afrique. Les Etats-Unis se sont engagés à soutenir le Tchad dans ces efforts.
Ces avions CESSNAS « permettront au Tchad de mieux protéger son territoire et sa population », a expliqué l’ambassadrice des Etats-Unis au Tchad, Geta Pasi.
L’acquisition de ces matériels de pointe, dotés de moyens de reconnaissance et de surveillance performants, permettront inéluctablement à l’armée de l’air de participer activement à la lutte contre le terrorisme dans la sous-région, d’après l’Etat-major de l’armée de l’air tchadienne.
Le ministre délégué à la présidence de la république, chargé de la défense nationale, des anciens combattants et victimes de guerre, Bichara Issa Djadallah a déclaré que les Etats-Unis d’Amérique, guidés par le bon sens, ont mis en place cet important projet dans le domaine du renseignement en dotant l’armée de l’air de ces deux avions d’observations, équipés des systèmes performants pour les vols de reconnaissance.
« L’octroi de ces matériels est un apport important aux forces armées de sécurité du Tchad dans la lutte contre le terrorisme. Désormais, les informations seront traitées en temps réel et permettront d’avoir une appréciation précise de la situation à nos frontières », a souligné le ministre délégué à la présidence de la République, chargé de la défense nationale, des anciens combattants et victimes de guerre, Bichara Issa Djadallah.
Une vingtaine de députés de l’opposition ont déposé hier un recours en annulation de la loi constitutionnelle portant IVe République votée lundi 30 avril 2018 par le Parlement.
L’opposition qui a boycotté tout le processus espère que le Conseil constitutionnel obligera le pouvoir à passer par voie référendaire pour faire adopter une nouvelle Constitution.
Ce sont 28 députés de l’opposition qui ont signé ce recours déposé mercredi 2 mai au Conseil constitutionnel. Pour eux, le procédé par lequel passe le gouvernement est simplement illégal. « La majorité des députés de l’opposition veut que le droit soit dit dans toute sa plénitude, afin d’éviter au Tchad des regrets demain, et que la Constitution en vigueur soit respectée ou qu’en lisant le préambule, vous allez vous rendre compte que s’il devait y avoir des manipulations constitutionnelles, le peuple va s’opposer », explique le porte-parole des députés d’opposition, Madtoïngué Bénelngar.
Dans le texte du recours, les députés rappellent que le gouvernement a utilisé des dispositions portant révision de la Constitution pour faire adopter une nouvelle Constitution.
A l’annonce du dépôt du recours, beaucoup d’observateurs se sont interrogés sur les chances d’une telle procédure. Mais lui veut y croire : « Ce n’est pas parce que les hommes et les femmes qui composent ce conseil sont nommés par Idriss Déby que nous ne devons pas avoir confiance en eux. Ils ont appris le droit et ne peuvent que dire le droit. Il ne peut pas dire le gauche. »
En privé, beaucoup de députés signataires du document admettent que la procédure tient plus du devoir politique que d’une réelle volonté de faire dire le droit.
Alors que depuis quelques jours des informations circulent sur l’éventuel engagement de soldats tchadiens dans le conflit au Yémen aux côtés de la coalition menée par l’Arabie Saoudite, le gouvernement tchadien vient dément l’information.
Face à l’ampleur de la rumeur, le gouvernement tchadien n’a pas voulu garder trop longtemps le silence. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, monsieur Ahmat Makaila a rompu le silence.
“Il a apporté un démenti catégorique à ce qu’il qualifie d’affabulations. Le président de la République et le Tchad ne sont en aucune manière concernés par ces accusations aux buts et visées inavoués. Le ministère des affaires étrangères du Tchad regrette et dénonce vivement le relais et l’amplification faite à cette grotesque accusation qui a tout l’air d’une campagne de dénigrement” a-t-il entre autres affirmé.
Le Groupe de travail de l’ONU sur les mercenaires a appelé à l’accroissement du soutien financier et des autres ressources pour mettre fin au conflit armé au Tchad et dans les pays avoisinants.
Ces violations comprennent notamment des exécutions et des actes de torture. Davantage de ressources permettront également d’aider des millions de personnes ayant besoin d’aide humanitaire en raison des combats.
Dans une déclaration, au terme d’une visite d’une durée de 9 jours dans le pays, les experts de l’ONU affirment que les activités des groupes armés, dont Boko Haram notamment, ont provoqué une crise humanitaire majeure et qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient placés au centre des efforts pour les combattre.
« Boko Haram a détruit des communautés qui vivaient dans la région du lac Tchad depuis plusieurs années et qui en tiraient leur moyen de subsistance. Ils ont tué près de 30 000 personnes, causé le déplacement interne de près de 2 millions d’individus et ont laissé près de 10 000 millions de personnes dans un besoin urgent d’assistance humanitaire,» a déclaré Patricia Arias, membre de la délégation du Groupe de travail.
« Les violations des droits de l’homme enregistrées qui ont été infligées à la population locale y-compris aux femmes et aux enfants comprennent notamment des exécutions, des actes de torture et des enlèvements. Les femmes ont plus particulièrement été victimes de violences sexuelles et ont été utilisées en tant que kamikazes » a-t-elle affirmé.
«La région du lac Tchad, qui est maintenant le centre des attaques et violences de Boko Haram, est au cœur d’une crise humanitaire de grande ampleur affectant non seulement le Tchad mais les pays avoisinants en l’occurrence le Cameroun, le Niger et le Nigéria. Mais le pays entier fait également face au défi que représente un certain nombre de conflits armés dans lesquels des combattants étrangers et des mercenaires sont engagés » a-t-elle ajouté.
Les experts ont indiqué que plusieurs personnes ont été recrutés de force au sein de Boko Haram y-compris des ressortissants qui proviennent des pays qui bordent le lac Tchad. Néanmoins, ils ont noté que des mercenaires en provenance de l’extérieur de la région, auraient également rejoint le groupe dans le but de fournir des formations, d’après certaines informations.
Les experts des Nations Unies ont mentionné que la compréhension des motivations des personnes qui rejoignent les groupes extrémistes et s’engagent dans des activités mercenaires est essentielle. Plus de la moitié de la population du Tchad a moins de 18 ans et environ 40% vit dans la pauvreté.
“Avec un taux de pauvreté aussi élevé, il y a de sérieux risques que les jeunes rejoignent des groupes tels que Boko Haram ou Daesh en vue d’obtenir des gains financiers ou matériels. Dans la région du lac Tchad, région où se trouvent certaines des communautés les plus pauvres et les plus marginalisées, le risque est encore plus élevé” a déclaré Mme Arias.
Néanmoins, le Groupe de travail a clairement spécifié que les menaces sécuritaires ne sont pas uniquement centrées sur la région du lac Tchad. Dans le nord, le conflit impliquant Daesh en Libye a accentué les préoccupations et ce, plus particulièrement à la suite de sa récente alliance avec des éléments de Boko Haram.
À l’est, le conflit au Soudan a entraîné l’afflux de réfugiés dans le pays, alors qu’au sud, le conflit en République centrafricaine a eu le même effet. Au cours de cette visite, certains ont décrit le Tchad comme « une île entourée d’un océan de guerres » ont noté les experts.
Le Monde
Les activités criminelles transfrontalières menées par des groupes armés sont répandues dans certaines parties du pays étant connues comme des «no man’s land» constituant de vastes zones fournissant des routes de passage pour le trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains.
En raison de la violence et des conflits armés, le Tchad accueille plus de 400 000 réfugiés. De plus, près de 70 000 ressortissants tchadiens sont retournés, la plupart en provenance de la République centrafricaine, et se trouvent sur divers sites à travers le pays, y compris à N’Djamena.
“La situation humanitaire associée aux menaces sécuritaires est tout simplement accablante” a déclaré Saeed Mokbil, un membre du Groupe de travail. « A N’Djamena, les attaques à la bombe de 2015 par Boko Haram et les incidents des rébellions armées internes ont mis en lumière la volatilité de la situation dans le pays. » a-t-il souligné.
Les mesures de sécurité sont essentielles, mais elles doivent être mise en œuvre en conformité avec les standards de droits de l’homme. Cela comprend la nécessité de veiller à ce que les personnes qui sont arrêtées en raison de leur lien présumé avec des groupes armés tels que Boko Haram ne soient pas détenues sans garanties procédurales. Le Groupe de travail exhorte le gouvernement à s’assurer que les droits de l’homme y-compris le droit à un procès équitable pour les détenus se trouvant dans des endroits comme Koro Toro, soient pleinement respectés.
« La promotion du développement, la réduction de la pauvreté, la construction de la paix et de la cohésion sociale sont des éléments importants en vue de fournir des solutions durables à la population locale. Cela nécessite un important soutien régional et international. Les agences humanitaires ont sérieusement besoin de davantage de ressources et de financement afin de mener à bien les programmes essentiels destinés à soutenir les populations affectées » a affirmé M. Mokbil.
Le Groupe de travail s’est félicité des initiatives positives qui ont été mises en œuvre par les autorités tchadiennes, notamment la ratification de la Convention de l’OUA sur l’élimination des mercenaires en Afrique. Un nouveau code pénal, qui a été adopté l’année dernière comporte une disposition qui criminalise le mercenariat. À ce jour, aucune poursuite n’a été intentée en vertu de cet article du code.
Les membres de la délégation ont tenu des réunions à N’Djamena et se sont rendus sur le site de Gaoui où se trouvent des retournés et réfugiés. Ils ont rencontré des représentants du Gouvernement, des membres du corps diplomatique, des organisations de la société civile, des victimes de violations des droits de l’homme ainsi que des représentants de différentes agences des Nations Unies.
Le groupe de travail présentera le rapport de sa visite au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en septembre 2018.
Dr Succès Masra démissionne de ses fonctions d’Économiste Principal de la Banque Africaine de Développement pour, déclare-t-il, “faire partie de la solution politique pour un Tchad futuriste”.
L’économiste, spécialiste de diversification économique et énergies renouvelables, s’engage dans un Tchad sous le coup de la modification de la constitution, le 30 avril 2018, laquelle modification instaure la 4ème République et un “régime présidentiel intégral concentrant les pouvoirs entre les mains du Président de la République et excluant les nouvelles générations des instances de décisions du pays”.
L’expert qui a soutenu en septembre 2016, une thèse d’Economie sur l’Afrique face aux défis de l’Economie Post Pétrole, appelle les nouvelles générations, tous les patriotes et progressistes de tous bords, tournés vers l’avenir, à rejoindre les transformateurs qu’il lance avec de nombreuses personnalités tchadiennes de l’intérieur du Tchad et de la Diaspora.
“Rejoignez-nous pour construire ensemble un leadership serviteur à tous les niveaux, un leadership qui réponde d’abord à la transformation de la vie des 15 millions de Tchadiennes et Tchadiens d’aujourd’hui, dans une ouverture à l’Afrique et au monde. Si ce n’est pas maintenant, c’est quand ? Car des voix nous soufflent qu’il est toujours temps de faire ce qui est juste. Si ce n’est pas vous, qui d’autres attendez-vous pour transformer l’avenir de votre pays ? Car des voix nous soufflent que nos choix doivent toujours refléter nos espoirs, et non pas nos peurs.”
Les deux pays sont arrivés à cette entente mercredi dernier.
Le Soudan et le Tchad sont convenus mercredi de renforcer les forces communes à leurs frontières, de fournir le soutien logistique et de développer les activités le long de la frontière commune.
Mercredi, le président soudanais, Omar El-Béchir, et son homologue tchadien, Idriss Deby, ont participé à la session de clôture de la première conférence sur le développement des activités à la frontière entre le Soudan et le Tchad, qui se tient à El Geneina, la capitale de l’État du Darfour, dans l’ouest du Soudan.
Les deux présidents ont signé le communiqué final de la conférence et ont convenu de renforcer la coopération en matière de justice, de police et de douane à la frontière commune afin de combattre le terrorisme, le crime organisé et toutes les formes de commerce illégal.
Les deux pays ont également réitéré leur volonté d’examiner et d’achever leurs travaux de démarcation de la frontière, notamment en installant des panneaux indiquant clairement où se trouve la frontière.
Dans le domaine économique, les deux parties sont convenues de faciliter la circulation des marchandises, de renforcer le protocole du commerce frontalier, de créer des évaluations communes, d’ouvrir des agences bancaires pour faciliter les échanges, les financements et les transferts de fonds dans les états frontaliers.
La première conférence sur le développement des activités à la frontière soudano-tchadienne a eu lieu à El Geneina les 24 et 25 avril.
Jeudi 19 avril, les évêques tchadiens ont appelé à l’organisation d’un référendum pour le vote de la nouvelle Constitution. Le gouvernement s’est dit « stupéfait » et « indigné » de cette intervention de l’Église catholique.
« Nous exprimons notre stupéfaction et notre indignation face à cette déclaration infondée, qui non seulement fait une lecture complètement erronée de la Constitution en vigueur, mais jette les germes d’une grave division des Tchadiens », a déclaré, samedi 21 avril, Mariam Mahamat Nour, secrétaire générale du gouvernement tchadien, chargée des relations avec le Parlement.
Cette responsable gouvernementale répondait aux évêques tchadiens qui ont appelé, jeudi 19 avril, à l’organisation d’un référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution tchadienne. « Le président tchadien, Idriss Déby Itno, est le seul habilité à décider de la tenue d’un référendum », a-t-elle rappelé.
Le texte de la nouvelle Constitution tchadienne, très controversé, est issu des résolutions d’un forum sur les réformes institutionnelles qui a réuni les forces politiques, religieuses et sociales du Tchad en mars, mais qui a été boudé par l’opposition.
Le vote pour l’adoption du nouveau texte constitutionnel est prévu à l’Assemblée nationale le 30 avril. La nouvelle Constitution, si elle est adoptée, instaurera un régime présidentiel qui renforcerait les pouvoirs du président Idriss Déby Itno et introduirait une quatrième République.
Idriss Déby, 65 ans, au pouvoir depuis 1990, en est à son cinquième mandat qui doit s’achever le 21 août 2021. La nouvelle constitution lui permettrait de se représenter en 2021 et d’effectuer deux autres mandats de six ans. Il pourrait donc être président jusqu’en 2033.
Les évêques tchadiens estiment qu’une adoption du texte constitutionnel par voie parlementaire « risque de fausser gravement les règles du jeu démocratique ». L’Assemblée nationale tchadienne est, en effet composée d’une forte majorité de députés proches du pouvoir. L’épiscopat tchadien estime, en outre, qu’« une grande partie de la population tchadienne ignore complètement ce qui se passe ».
Inquiétude de l’opposition et de la société civile
Le vote prochain de ce projet de loi provoque des fortes tensions entre le pouvoir, les partis d’opposition et la société civile.
Mardi 17 avril, sept associations de la société civile tchadienne ont demandé, dans une lettre ouverte aux députés, de ne pas voter la nouvelle Constitution, estimant que « la constitution encore en vigueur dit qu’une telle révision passe par un référendum ».
Lundi 16 avril, les 33 députés de l’opposition (sur les 170 que compte le parlement tchadien) ont annoncé leur boycott des travaux parlementaires sur l’adoption du texte. « Nous connaissons très bien la machine infernale qui a été lancée contre nous et contre la population tchadienne, a confié à RFI le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo qui rejette la nouvelle Constitution. Déby veut les pleins pouvoirs. Il ne se satisfait pas de ce qu’il a obtenu jusqu’ici. Il a une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, il fera ce qu’il voudra. »