Burkina : Une vingtaine de civils tués dans le Centre-nord

La commune rurale de Baola dans la région du Centre-nord s’est vidée après une attaque jihadiste.Des jihadistes ont mené, mercredi, une incursion « violente » dans la localité de Baola, tuant au moins 21 personnes dont plus d’une douzaine de supplétifs civils de l’armée, a appris APA auprès de sources locales et sécuritaires. Plusieurs civils ont aussi été blessés.

Selon des témoins joints sur place, les assaillants sont arrivés en grand nombre, en début de soirée, et ont attaqué les positions des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui protègent les populations et les déplacés internes.

« C’était le jour du marché de Baola, donc il y avait beaucoup de monde. Quand les combats ont commencé, c’était la débandade. Ils ont été violents et ont duré près de 3 heures de temps », a indiqué un VDP qui a pris part aux affrontements.  

Il a affirmé que dès l’entame des combats, les supplétifs ont demandé un appui aérien de l’armée, en vain.

Toutefois, les VDP ont neutralisé dans la riposte « une vingtaine de jihadistes », a soutenu une source sécuritaire.

Une source proche du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) a reconnu les traces des militants du groupe proche d’Al Qaida qui a dit avoir tué plus d’une dizaine de civils et récupéré des motos, des armes et des munitions à Baola. Elle n’a fait pas cas de perte dans ses rangs.

C’est la quatrième fois que la localité de Baola est la cible des groupes jihadistes en six mois, après les incursions du 18 juillet, du 2 et 4 septembre 2022.

La BM octroie près de 250 milliards Fcfa à la Côte d’Ivoire

Cet appui vise à soutenir l’objectif ambitieux de l’Etat de Côte d’Ivoire de doubler le revenu par habitant et ramener le taux de pauvreté de 39,5% actuellement à 20% d’ici à 2030.La Banque mondiale (BM) a approuvé ce vendredi 9 décembre 2022 un soutien financier pour des réformes visant à renforcer les investissements publics et privés, le capital humain, et l’utilisation durable des ressources naturelles, rapporte une note de l’institution. 

D’un montant de 400 millions de dollars, soit 248,5 milliards Fcfa, ce premier financement de la politique de développement des investissements pour la croissance est une opération d’appui budgétaire pour soutenir la croissance de la Côte d’Ivoire.

Ce financement a pour but d’aider le gouvernement ivoirien à mettre en œuvre des politiques visant à créer les bases d’une croissance durable et inclusive tirée par les investissements. Il vient donner un coup d’accélérateur au Programme national de développement (PND, 2021-2025).  

Il s’agit notamment de renforcer la concurrence dans les secteurs porteurs et la mobilisation des recettes intérieures, d’élargir l’accès aux services de santé et d’éducation, et de promouvoir l’utilisation durable des ressources naturelles.

« Pour maintenir une croissance élevée à moyen terme, la Côte d’Ivoire doit s’attaquer aux principaux obstacles à la transformation structurelle de son économie. L’investissement dans un capital humain de qualité sera crucial pour donner à la population ivoirienne jeune et en forte croissance, les moyens d’occuper des emplois productifs », a déclaré Coralie Gevers, directrice des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo.

Selon directrice des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, « le pays a un potentiel énorme et de nombreuses opportunités pour accroître l’investissement privé et faire du secteur privé un moteur de croissance et de création d’emplois ».

« Il faut maintenant créer les conditions pour le développement de ce secteur clé et favoriser le fonctionnement de marchés concurrentiels », a dit Mme Coralie Gevers, ajoutant qu’ « il est tout aussi important de soutenir une production agricole plus durable, une plus grande résilience côtière et lutter contre la déforestation pour une croissance plus inclusive et durable ».

Cela implique la nécessité de protéger les ressources naturelles et de modifier les pratiques actuelles, pour renforcer la résilience aux risques climatiques de plus en plus fréquents, a fait observer Mme Gevers.

Cette opération d’appui budgétaire est alignée sur les priorités identifiées par le Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, dont l’amélioration de la productivité agricole et des revenus ruraux, la création d’emplois par une croissance tirée par le secteur privé ; ainsi que le développement du capital humain par l’amélioration des prestations de services et des dépenses sociales.

Dans ce contexte, les principales réformes soutenues dans le cadre des investissements publics et privés devraient pouvoir améliorer la politique de concurrence sectorielle et le cadre réglementaire, notamment dans les secteurs de réseaux tels que les transports, la finance et les télécommunications.

Ces réformes devraient également mettre le focus sur la mobilisation des ressources internes pour assurer la viabilité de la dette et de maximiser l’afflux d’investissements privés, aider à renforcer la qualité de l’éducation de base, atténuer l’inadéquation formation-emploi grâce à des systèmes de compétences professionnelles plus efficaces, et promouvoir une assurance maladie plus solide, inclusive et durable afin de garantir un accès équitable aux soins de santé, surtout pour les populations les plus vulnérables.

Des mesures envisagées devraient par ailleurs permettre de soutenir une production de cacao traçable et durable, d’assurer un accès continu au marché de l’Union européenne et garantir les moyens de subsistance des populations rurales, ainsi que le renforcement du cadre réglementaire environnemental à l’échelle de l’économie, en accordant une attention particulière aux zones côtières vulnérables au climat.

La France alloue 100 milliards de FCFA au Sénégal

Les quotidiens sénégalais parvenus vendredi à APA titrent sur une diversité de sujets dominés par le prêt d’une centaine de milliards décroché par Dakar à Paris et les attentes autour de la déclaration de politique générale du Premier ministre Amadou Ba.Le Soleil indique que « la France accorde 100 milliards de FCFA au Sénégal » au sortir du cinquième séminaire intergouvernemental tenu près de Paris, sous la présidence des Premiers ministres français et sénégalais, Elisabeth Borne et Amadou Ba. Ils ont signé « six accords » et adopté « cinq feuilles de routes » dans les domaines de l’éducation, du sport, de la culture, du développement économique, de l’agriculture durable ainsi que de la défense et la sécurité.

Le quotidien national rappelle que l’aide publique au développement positionnée pour le Sénégal entre 2019 et 2023 se chiffre à 984 milliards FCFA. Mais pour Walf Quotidien, les subventions et le renoncement aux recettes fiscales sont, entre autres, parmi les leviers qui nourrissent « les racines du surendettement ».

Après sa belle moisson de Paris, le chef du gouvernement sénégalais suscite des « attentes balèzes » pour la déclaration de la politique générale qu’il doit effectuer lundi prochain à l’Assemblée nationale, selon L’Observateur. « Les regards de tous les acteurs des secteurs clés de la vie active sont aujourd’hui tournés sur le Premier ministre. De l’économie à la santé en passant par l’éducation, la justice, le sport…, Amadou Ba, attendu sur les questions de l’heure, devra donner des gages d’assurance aux acteurs qui ont +listé+ leurs attentes », particulièrement les députés, estime le journal.

Le Quotidien appelle à inscrire dans les attentes la question de la malnutrition au Sénégal, un pays où on note une « enfance en souffrance ». En effet, les enfants de zéro à cinq ans sont « les plus affectés » par la malnutrition, avec une « situation alarmante » à Louga et Matam, dans le nord du pays.

Vox Populi revient sur le controversé contrat d’armements de 45 milliards FCFA signé par le ministère de l’Environnement sénégalais et la société d’un sulfureux homme d’affaires nigérien. Face au député pour le vote du budget de son ministère, le ministre « Alioune Ndoye ne voit pas de +scandale+ ». Selon le journal, il « révèle un début de livraison +du matériel+ et légitime l’armement face à +une mafia extrêmement armée, déterminée+ ». « On n’accepte pas qu’on parle de scandale de 45 milliards FCFA alors que mon budget ne fait même pas 45 milliards », a indiqué M. Ndoye.

La Chine exprime son rejet de toute attaque visant le territoire et les intérêts saoudiens

La Chine a exprimé son rejet de toute attaque visant le territoire et les intérêts saoudiens, et de toute action qui interférait dans les affaires intérieures du royaume, selon une Déclaration conjointe publiée à l’issue du sommet saoudo-chinois, qui s’est tenu jeudi à Ryad, en présence du président chinois, Xi Jinping.Publiée ce vendredi, la Déclaration indique que la partie chinoise « a exprimé son soutien au royaume dans la préservation de sa sécurité et de sa stabilité, et affirmé sa ferme opposition à toute action qui interférait dans les affaires intérieures du Royaume d’Arabie saoudite », rejetant toute attaque visant les civils, les installations civiles, les territoires et les intérêts saoudiens. »

Ceci fait allusion aux attaques menées par la milice Houthi pendant des années contre le territoire saoudien, dont certaines visaient des intérêts vitaux tels que les champs pétrolifères et les aéroports.

Dans la déclaration finale conjointe, les deux parties s’engagent à soutenir les intérêts fondamentaux de l’un et de l’autre, la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale et chacune des parties, et à défendre le principe de la non-ingérence dans les affaires des États.

 Les deux parties ont signé un accord de partenariat stratégique global ainsi que 35 accords couvrant divers domaines de coopération.

Les deux pays ont insisté sur le renforcement de leur coopération dans le domaine de l’énergie en tant que partenariat stratégique important », se félicitant du volume des échanges pétroliers bilatéraux, du fait du potentiel et des ressources pétrolières abondantes du Royaume, et le vaste marché chinois.

Ils ont également souligné « l’importance d’une stabilisation des marchés mondiaux du pétrole ».

Pour sa part, la partie saoudienne a exprimé son « aspiration à attirer l’expertise chinoise pour participer aux grands projets futurs du Royaume, et son souci de permettre les investissements saoudiens en République populaire de Chine et de surmonter les difficultés auxquelles elle est confrontée ».

La Chine a invité l’Arabie saoudite pour être le pays d’honneur de la 6ème édition de l’Expo Chine-pays arabes en 2023.

Burkina : les télécommunications ciblées par les jihadistes

La destruction des installations des compagnies de téléphonie mobile par les jihadistes est une «stratégie» pour couper ces zones du reste du pays.Dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 novembre 2022, des hommes armés affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont fait irruption dans le village de Ouo, sur l’axe Banfora-Gaoua, dans la Comoé, à l’ouest du pays. Selon des sources concordantes, ils ont saccagé des édifices publics et vandalisé des installations de compagnies de téléphonie mobile.

Un technicien en maintenance en téléphonie a fait savoir que les assaillants ont coupé les câbles, dynamité les batteries et les plaques solaires servant à alimenter l’antenne et saccagé le dispositif de transmission du réseau, coupant ainsi le village de Ouo du reste du monde.

La femme de Bernard Zango est agente de santé dans la localité. « Lorsque j’ai appris la nouvelle de l’attaque à travers les réseaux sociaux, j’ai tenté de l’appeler sans succès. C’est 48 heures plus tard, qu’elle s’est rendu dans un autre village à une trentaine de kilomètres pour me donner de ses nouvelles », a dit le laborantin en santé publique à APA.

553 sites de téléphonie mobile hors service  

Le saccage des infrastructures de télécommunication fait désormais partie du mode opératoire des jihadistes à chaque incursion dans une localité. Observateur des mouvements jihadistes au Burkina, Wendpouiré Charles Sawadogo a indiqué que le phénomène s’est amplifié « depuis bientôt plus d’une année », au gré des attaques des groupes armés non étatiques.

Au total 293 antennes téléphoniques ont été saccagées par les insurgés islamistes à la date du 28 novembre 2022, selon les données de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Ces actes de vandalisme ont mis hors service 553 sites de téléphonie mobile.

Toutes les régions du pays sont concernées par ces actes de saccage, à l’exception de la région des Cascades, a affirmé notre source à l’ARCEP. Elle a précisé que les zones les plus touchées sont le Sahel, l’Est et la Boucle du Mouhoun.

Habitante de Manni à l’Est du pays, Awa Lankoandé a témoigné de son calvaire pour communiquer avec ses proches. « A Manni, cela fait maintenant plus de trois mois que nous souffrons. Tantôt le réseau est là, tantôt c’est parti. Pour joindre nos familles, c’est par coup de chance » a-t-elle déploré.

La destruction des antennes téléphoniques est en réalité une « stratégie de contrôle entier » des zones sous le joug des groupes armés, a estimé M. Sawadogo. « Ils ont besoin de cet isolement des zones du reste du pays pour mieux exercer leurs activités », a-t-il ajouté.

L’isolement de ces localités annihile les efforts des populations à contribuer à la lutte contre le terrorisme. Les membres des groupes jihadistes « coupent les réseaux téléphoniques pour que les gens n’arrivent pas à communiquer avec les autorités », a soutenu le journaliste spécialiste des mouvements djihadistes, Wassim Nasr, sur France24 en octobre 2022. Ce qui rend impossible les alertes, les messages et informations que les civils partagent avec l’armée.

« Conséquences désastreuses »

Si les jihadistes ont aussi besoin de réseau « pour contacter leurs complices qui sont dans les villes et effectuer des transactions mobile money », ils utilisent plus les « Talkie-Walkie » comme moyen de communication entre eux, a confié M. Sawadogo.

Wendpouire Charles Sawadogo a souligné des « conséquences énormes » pour les économies locales. Il a fait savoir que les destructions des pylônes de téléphonie bloquent les transactions monétaires mobiles entre la localité et le reste du pays. « Le taux de bancarisation au Burkina Faso est extrêmement faible. La quasi-totalité de la population utilise le mobile money (…). Ceux qui sont dans les zones relativement sécurisées ne peuvent pas souvent apporter une aide à leurs parents, même s’ils le veulent », a indiqué l’observateur des mouvements jihadistes au Burkina.

« Même se ravitailler, cest tout un problème. Il y a quelques jours, un résident (d’une localité) m’expliquait qu’il ne pouvait rien payer, faute d’argent  et que ses parents vivant à Ouagadougou ne peuvent pas l’aider, à cause du problème de réseau », a témoigné Wendpouiré Charles Sawadogo.

Notre source au sein de l’ARCEP a décrit une « situation catastrophique » sur le plan des investissements pour les compagnies de téléphonie mobile. « En effet, pour ériger et rendre fonctionnelle une seule antenne, ou pylône téléphonique (une BTS), il faut investir près de 100 millions FCFA. Cela donne une idée sur la perte sèche des opérateurs sans oublier la perte du retour sur investissement », a-t-elle confié, appelant les autorités à mieux sécuriser les infrastructures des compagnies de téléphonie mobile afin de protéger les investissements des entreprises et permettre aux populations de profiter de toutes les opportunités qu’offre la télécommunication. 

Côte d’Ivoire : la FAO salue l’institution des agropoles

Avec ces agropoles, l’organisation onusienne se félicite de ce que toutes les filières vivrières vont être intégrées, et favoriser une diversification des produits agricoles afin de garantir la sécurité alimentaire.Le gouvernement de Côte d’Ivoire a initié neuf agropoles. Ce Projet d’agropole est inscrit dans le Programme national d’investissement agricole de deuxième génération (PNIA 2), qui lui, est adossé au Programme national de développement (PND, 2021-2025).

Dr Gouantoueu Robert Guéi, le directeur Afrique de l’Ouest et du Sahel de la FAO, et représentant résident de la FAO pour le Sénégal, a assuré que son institution est prête à accompagner la Côte d’Ivoire à développer ces agropoles, une soupape de sureté pour atteindre la souveraineté alimentaire.

En marge d’une réunion de haut niveau sur la nutrition, tenue à Abidjan du 6 au 8 décembre 2022, Dr Robert Guéi, a fait savoir que la nutrition prend en compte toute la chaîne de valeur. Et ce, depuis la semence dans les champs jusqu’à la transformation et la distribution du produit. 

Il a insisté sur la diversification de ce que nous plantons, qui peut apporter les différentes ressources énergétiques dont le corps humain a besoin, tout en encourageant les politiques au niveau des pays, à varier les spéculations agricoles pour favoriser d’autres sources de nutrition.  

Pour lui, il faut également faire en sorte qu’outre les ressources végétales et agricoles, l’on intensifie davantage l’élevage, la pêche et/ou l’aquaculture. Dans beaucoup de pays africains, l’on constate encore un manque de croissance des enfants parce que mal nourris.

Un autre aspect, fera-t-il observer, est la nutrition des enfants, qui passe d’abord par la santé maternelle, à savoir ce que la mère consomme quand elle est enceinte, ensuite ce qu’elle ingurgite lorsqu’elle est en train d’allaiter et ce que l’enfant consomme dès son bas âge.

L’alimentation a aussi un impact direct sur l’économie, car une population en mauvaise santé ne peut pas atteindre le plein potentiel de sa productivité, a-t-il relevé. C’est pourquoi, la FAO aide les gouvernements avec des politiques, des stratégies et les renforcements des capacités pour décupler le potentiel des pays.

Selon Dr Guéi, « la nutrition est le fait de s’alimenter avec de la nourriture qui procure à notre organisme l’énergie vitale ». Et, cet aliment doit être de bonne qualité et surtout sain, ce qui implique la sécurité sanitaire des aliments.

Un aliment sain commence par la sélection des types de variétés agricoles que les gens produisent, qui ont un certain niveau de protéines, ainsi que les techniques de production, a-t-il renseigné, faisant remarquer qu’ « on peut contaminer ce qu’on mange avec l’excès d’utilisation des produits chimiques ».

« Il faut prendre des mesures pour qu’on réduise au maximum l’utilisation des produits chimiques », a-t-il conseillé. En outre, l’eau utilisée pour produire doit être saine, et toute la chaîne de valeur depuis les semences jusqu’à la transformation et la distribution doit être contrôlée afin que l’aliment soit salubre.          

Par ailleurs, faut-il « continuer à former ; moderniser l’agriculture » avec les nouvelles technologies et dans cette perspective, « la Côte d’Ivoire est sur une très bonne voie », a-t-il mentionné. Le pays est déjà engagé à transformer ses matières premières par le biais d’investissements massifs en matière d’agro-industrie.  

Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi a lancé ce 7 décembre 2022 les travaux de construction de 40 marchés de proximité, pour un coût d’investissement de 6,2 milliards de F CFA en vue d’éviter les pertes post-récoltes oscillant entre 10% et 40%, et d’assurer la souveraineté alimentaire du pays.

Un ministre ivoirien invité à briguer un mandat régional

Cet appel a lieu à un moment où la direction du RHDP, le parti au pouvoir, désigne ses candidats pour les élections municipales et régionales de 2023, et dans un contexte de révision de la liste électorale.Cet appel lancé suite à ses nombreuses actions sociales et celles en faveur de la paix, a eu lieu ce vendredi 2 décembre 2022 à l’occasion de la célébration de la 5ème édition de l’Excellence tenue au Centre culturel Jacques Aka de Bouaké, la métropole du centre ivoirien.

Le Groupe d’action sociale et culturelle de Gbêkê, à l’unanimité de ses membres, présidé par le proviseur du lycée classique, Mah Abou, a solennellement sollicité la candidature du ministre Sidi Touré à l’élection prochaine du président du Conseil régional du Gbêkê (centre).

« Monsieur le ministre, nous vous savons assez réservé, mais c’est une volonté, un choix que le groupe d’action sociale et culturelle a bien mûri parce qu’il estime que vous êtes la personne à même d’assurer pleinement cette fonction pour le bonheur de la population », a déclaré M. Mah Abou.

M. Mah Abou a demandé au M. Sidi Touré, ministre des Ressources animales et halieutiques d’être candidat aux élections régionales 2023, dans la Région du Gbêkê, lors de la célébration de la 5eme édition de l’Excellence tenue au Centre culturel Jacques Aka de Bouaké.

Faisant état de son leadership, Mah Abou a soutenu qu’il a contribué à asseoir l’hégémonie du Rhdp, le parti au pouvoir dans la zone, au péril, parfois, de sa vie, notamment durant la crise post-électorale de 2020 et au cours des différentes crises intercommunautaires à Béoumi.

Le président du Groupe d’action sociale et culturelle de Gbêkê a en outre évoqué ses nombreuses actions en faveur de la réconciliation et le vivre-ensemble, soutenant que « ce sont plusieurs centaines de jeunes » qu’il contribue à rendre heureux chaque année.

« Toutes ces grandes choses que vous faites pour notre région, dans la discrétion, méritent d’être connues et récompensées. Je pense humblement qu’il est grand temps que les populations vous témoignent leur reconnaissance », a-t-il poursuivi.

« Je voudrais monsieur le ministre, au nom du groupe d’action sociale et culturelle de Gbêkê, vous solliciter et souhaiter que vous puissiez accepter d’être candidat à l’élection du président du Conseil régional du Gbêkê pour le bonheur des populations », a dit Mah Abou au nom de sa structure.

Membre du directoire du RHDP et figure de proue du parti dans les localités de Béoumi et de Sakassou, M. Sidi Touré a été durant plusieurs années, le coordonnateur régional de la grande famille des Houphouétistes de Gbêkê 3.

Le combat contre le paludisme porte ses fruits (OMS)

Les efforts déployés à travers le monde et les investissements faits pour renforcer les systèmes de santé ont permis d’éviter la contamination d’environ 185 millions d’individus et le décès de 997 000 personnes.L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son Rapport annuel sur le paludisme publié ce jeudi, se réjouit des résultats obtenus dans la lutte contre cette maladie. Le nombre de cas de contamination et de décès évités en 2021 s’élèvent respectivement à environ 185 millions et 997 000, informe l’organisme onusien en charge de la santé mondiale. Ce dernier ajoute que de nombreux pays, très près de l’élimination totale du paludisme, ont continué de progresser sur cette voie.

Par ailleurs, l’OMS se félicite de la stabilisation du nombre des décès après une hausse substantielle au cours de la première année de la pandémie de Covid-19. Les cas de paludisme sont également restés stables dans l’ensemble, passant de 245 à 247 millions. Ce résultat a été possible grâce aux efforts héroïques des pays et à des partenariats solides, malgré les défis importants auxquels les nations ont été confrontées au cours de cette période, mais aussi les autres menaces biologiques qui vont croissant, soutient l’OMS.

« La lutte contre le paludisme n’est pas aussi mauvaise qu’il aurait pu l’être », a salué Dre Corine Karema, directrice générale intérimaire du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme.

Malgré ces résultats convaincants, alerte l’OMS, la maladie demeure une menace mortelle pour des millions de personnes à l’échelle planétaire.  Le combat contre le paludisme demeure à un point trop statique, en particulier en Afrique où le fardeau de la maladie reste accablant et disproportionné, ce continent concentrant globalement 95 % des cas et 96 % des décès, signale-t-elle.

Les obstacles à la lutte contre cette endémie, notamment le déploiement limité des outils disponibles, la résistance émergente aux médicaments, aux insecticides et l’absence de diagnostics, parallèlement à l’augmentation des coûts d’approvisionnement et de livraison, font que les financements requis pour recentrer les efforts et atteindre les objectifs mondiaux d’ici 2030 sont, aujourd’hui plus qu’hier, absolument nécessaires, indique l’OMS.

« Les crises humanitaires qui se multiplient et le ralentissement économique mondial de cette année pourraient compromettre davantage une situation déjà précaire », met en garde l’Organisation Mondiale de la Santé.

Face à ce risque, le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme appelle tous les pays à continuer à investir dans la lutte. Ces investissements sont indispensables pour renforcer les systèmes de santé et que tous ceux qui ont besoin d’accéder à des outils antipaludéens efficaces et ciblés, adaptés aux circonstances locales, puissent le faire et bénéficier d’une prise en charge de qualité dans le cadre de centres de soins primaires.

Même si les outils actuels sont économiquement avantageux, avance l’organisme onusien, l’effort d’investissement demeure pressant pour en développer d’autres ainsi que des solutions innovantes, et les mettre à l’échelle.

A l’en croire, il existe des opportunités prometteuses pour distribuer plus de moustiquaires à base de pyréthrinoïdes-PBO, et poursuivre les essais de moustiquaires imprégnées d’insecticide, l’utilisation de nouveaux produits de contrôle des vecteurs, de vaccins en cours de développement, d’immunisation passive avec des anticorps monoclonaux (dans le domaine de la chimio-prévention) et de nouveaux tests diagnostiques.

« L’élimination du paludisme est possible. Depuis 2000, plus de 20 pays dans le monde ont atteint l’objectif de +zéro cas de paludisme+, et d’autres pays en sont proches. Le renforcement du leadership national, la coordination régionale et l’intensification de la surveillance de la maladie seront des axes essentiels pour contrôler les cas de paludisme et l’éliminer dans ces pays. Il est donc primordial de les soutenir à mesure qu’ils se rapprochent du but pour parvenir, ensemble, à un monde exempt de paludisme », a conclu Dre Karema.

Charles Blé Goudé s’enrôle sur le listing électoral ivoirien

L’ex-leader des « Jeunes patriotes », Charles Blé Goudé, se fait inscrire sur la liste électorale en dépit de sa condamnation par contumace à 20 ans de prison et 10 ans de privation de ses droits civiques à la suite d’un procès à Abidjan.M. Charles Blé Goudé, a procédé ce jeudi 8 décembre 2022 à son enrôlement sur la liste électorale à Guibéroua, dans sa ville natale, située dans l’Ouest du pays.

« Je viens de faire mon enrôlement ici à Guibéroua, à l’école catholique », a dit l’ex-leader des « Jeunes patriotes » Charles Blé Goudé, qui séjourne dans cette localité depuis le 3 décembre 2022, aux côtés des siens.    

M. Blé Goudé a remercié la Commission électorale indépendante (CEI) et les autorités pour avoir prolongé la période de révision de la liste électorale ce délai permettant ainsi à de nombreux ivoiriens qui n’avaient pas jusque-là fait de venir s’enrôler.

Il a saisi cette occasion pour lancer un appel à tous les nouveaux majeurs et à tous les Ivoiriens afin d’aller accomplir ce devoir-là, en se faisant inscrire ou réinscrire sur la liste électorale, car cela est important pour qu’au moment du choix, d’autres ne puissent pas choisir à notre place.

« Moi-même, étant absent du pays pendant plus de 11 ans, je viens d’accomplir ce devoir-là, je vous invite à faire comme moi », a insisté le président du le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP).

Charles Blé Goudé a été condamné en 2019 à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour « actes de torture, homicides volontaires et viol ». L’ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens a également été condamné à 10 ans de privation de ses droits civiques.

Le président du COJEP avait été transféré par les autorités ivoiriennes à la Cour pénale internationale (CPI) en mars 2014.  

Après six ans de procès, M. Charles Blé Goudé et son mentor Laurent Gbagbo ont été acquittés en première instance par la CPI, le 15 janvier 2019. L’acquittement définitif des co-accusés sera prononcé le 31 mars 2021.

Le 30 mai 2022, à l’ambassade de la Côte d’Ivoire en Hollande, M. Charles Blé Goudé reçoit son passeport. Quatre mois après, soit le 30 septembre 2022, les autorités ivoiriennes lui notifient par écrit via le greffier de la CPI qu’il pouvait rentrer dans son pays.

Charles Blé Goudé est rentré en Côte d’Ivoire le samedi 26 novembre 2022 après plus de huit ans d’absence du pays. Son inscription sur la liste électorale montre son intérêt de prendre part au jeux politique ivoirien.

Côte d’Ivoire : prorogation de l’enrôlement sur la liste électorale

Cette prorogation qui s’étend sur plus d’une semaine a lieu à la suite d’une proposition de la Commission électorale indépendante (CEI) au gouvernement.Un décret pris par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, indique que « la collecte des informations dans les centres d’enrôlement et des informations en ligne, en vue de la révision de la liste électorale 2022, sont prorogées jusqu’au 20 décembre 2022 ».

Le texte mentionne que « les modalités de la révision de la liste électorale, telles que fixées par le décret n° 2022-854 du 09 novembre 2022 susvisé, demeurent inchangées ».Ce qui insinue que seulement la période d’enrôlement sur le listing électoral a été rallongée.  

L’opération d’enrôlement sur la liste électorale, lancée le 19 novembre 2022 devrait s’achever le 10 décembre 2022 sur le territoire ivoirien, où la Commission électorale indépendante envisage de « capter 4,5 à 5 millions d’électeurs ».  

L’enrôlement sur la liste électorale, à l’étranger, fixé du 24 au 10 décembre 2022, est également concerné par cette mesure. Le pays organise en 2023 les futures élections municipales et en 2025 la présidentielle.