Tchad : le chef de l’Etat tient un discours ferme face aux dérives religieuses

Face aux oulémas et aux représentants du Conseil National des Affaires Islamiques, le président de la République pose un ultimatum clair, la religion doit être un outil de cohésion et non de division politique ou sociale.

Les 43 membres du Conseil National des Affaires Islamiques du Tchad (CNAI) ont été installés, le 5 février 2026, par le président tchadien, Mahamat Idriss Deby Itno. Dans son allocution le chef de l’Etat, ne s’est pas contenté de féliciter la nouvelle équipe dirigeante, il invite également ses hôtes à faire de l’Islam un rempart contre l’instabilité. S’appuyant sur la Sourate 3, verset 103 : « Attachez-vous fermement au pacte et à la cause d’Allah, ne vous divisez pas», il apprécie la présence de tous les courants musulmans au sein du CNAI. Une appréciation qui s’accompagne d’une mise en garde contre l’extrémisme : « les oulémas que vous êtes ne devraient aucunement apparaître comme des contre-modèles, car l’une des missions assignées aux leaders religieux est de servir d’exemple aux fidèles que vous avez pour vocation de guider. »

« Le fondamentalisme religieux et l’extrémisme violent représentent un défi sécuritaire majeur pour presque tous les pays du monde, parce qu’ils compromettent la paix sociale », signale le chef de l’Etat. À cet égard, le courant religieux se doit de véhiculer un référentiel dénué de toutes formes de violence et d’extrémisme. « L’éducation et la pratique spirituelle dans un pays comme le nôtre commandent aux leaders religieux de s’accommoder parfaitement avec les principes républicains. »

La présidence dénonce des dérives non conformes aux véritables missions des oulémas. « Est-il besoin de rappeler que l’Islam est une religion de paix, d’amour et de liberté ? », s’interroge le Maréchal. Mahamat Idriss Deby exhorte les gardiens de la foi à ne pas faire un usage non conforme des valeurs religieuses au risque de déchirer le tissu social et d’hypothéquer la paix et la stabilité chèrement acquises. « Vous devez, au contraire, faire de la gestion de nos particularités et de nos richesses religieuses des modèles d’intégration et de convivialité », déclare-t-il.

« Je ne tolérerai pas les déraillements dans le domaine religieux. Je serai ferme et intraitable contre toute instrumentalisation de la religion à des fins de division », martèle le président de la République.