Coopération militaire : le Tchad et la RCA sécurisent leurs frontières

Du 4 au 5 avril 2026, une mission conjointe de sécurité a été déployée le long de la frontière entre le Tchad et la RCA. Le commandement militaire a marqué des arrêts stratégiques dans deux circonscriptions.

 

Cette mission de verrouillage tchado-centrafricain, baptisée opération « Al-Hamamia » a été placée sous le commandement du général de brigade Moubarak Abakar Nassour Hor. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération sécuritaire entre les deux pays. La mission a marqué un premier arrêt à Ngondéï, dans le département du Lac Iro.  En plus d’évaluer la situation l’aspect sécuritaire dans cette zone, le commandement militaire a discuté avec les forces vives des réalités. Les échanges étaient axés sur la consolidation de la paix, la sécurisation des zones frontalières et la continuité des activités économiques, essentielles pour les populations locales.

A Boussa, localité située à proximité de la frontière avec la République centrafricaine, le commandement a insisté sur l’importance de la libre circulation des personnes et des marchandises.

Dans les deux localités, le  général Moubarak, a indiqué que l’objectif de leur déploiement vise principalement à verrouiller la zone contre les incursions et garantir la libre circulation des biens et des personnes et favoriser la continuité du trafic et des activités économiques et sociales.

Il a exhorté les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité, notamment en signalant tout comportement suspect.

 

Mahamat Idriss Deby justifie la rupture de la coopération militaire entre le Tchad et la France

Au cours du point de presse du 1er décembre 2024, Mahamat Idriss Deby Itno a indiqué que, la rupture de l’accord de coopération militaire est stratégique pour renforcer la souveraineté du Tchad

 

Le chef de l’État a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la souveraineté nationale et de réorienter la coopération internationale du Tchad, en particulier dans le domaine militaire, pour mieux répondre aux défis contemporains. « Cette décision n’a pas été prise à la légère », a précisé Mahamat Idriss Déby Itno, soulignant qu’elle était le fruit d’une réflexion approfondie. Il a rappelé que l’accord de coopération militaire entre le Tchad et la France, bien qu’utile dans le passé, était devenu obsolète face aux réalités actuelles de sécurité et de géopolitique. Selon lui, cet accord ne répondait plus aux besoins de défense du Tchad, ni à ses priorités stratégiques.

Le chef Suprême des Armées met également en avant l’importance d’une armée tchadienne plus autonome et responsable. Il a souligné les prouesses des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), qui ont fait leurs preuves en matière de lutte contre le terrorisme et de défense du territoire national. Dans ce contexte, la rupture de l’accord militaire avec la France devrait permettre de renforcer l’engagement et la responsabilité des FDS, en leur offrant davantage de latitude pour accomplir leur mission régalienne de protection de la patrie.

Face à la presse, le président tchadien rappelle que la présence militaire française au Tchad n’était pas fondée sur une base réciproque, un principe essentiel dans toute relation internationale. Ce manque de réciprocité justifie, selon lui, le choix de réorienter la coopération avec la France vers des domaines plus en adéquation avec les priorités nationales, sans que cela ne remette en cause les relations diplomatiques entre les deux pays.

Le numéro 1 tchadien a précisé que la décision de rompre l’accord militaire ne signifiait pas un rejet de la coopération internationale, mais plutôt une redéfinition des priorités du Tchad en matière de défense.