Tchad: Dr Succès Masra démissionne de la BAD et s’engage en politique

 

Dr Succès Masra  démissionne de ses fonctions d’Économiste Principal de la Banque Africaine de Développement pour, déclare-t-il,  “faire partie de la solution politique pour un Tchad futuriste”. 

L’économiste, spécialiste de diversification économique et énergies renouvelables, s’engage dans un Tchad sous le coup de la modification de la constitution, le 30 avril 2018, laquelle modification instaure la 4ème République et un “régime présidentiel intégral concentrant les pouvoirs entre les mains  du Président de la République et excluant les nouvelles générations des instances de décisions du pays”.

L’expert qui a soutenu  en septembre 2016, une thèse d’Economie sur l’Afrique face aux défis de l’Economie Post Pétrole, appelle les nouvelles générations, tous les patriotes et progressistes de tous bords, tournés vers l’avenir, à rejoindre les transformateurs qu’il lance avec de nombreuses personnalités tchadiennes de l’intérieur du Tchad et de la Diaspora.

“Rejoignez-nous pour construire ensemble un leadership serviteur à tous les niveaux, un leadership qui réponde d’abord à la transformation de la vie des 15 millions de Tchadiennes et Tchadiens d’aujourd’hui, dans une ouverture à l’Afrique et au monde. Si ce n’est pas maintenant, c’est quand ? Car des voix nous soufflent qu’il est toujours temps de faire ce qui est juste. Si ce n’est pas vous, qui d’autres attendez-vous pour transformer l’avenir de votre pays ? Car des voix nous soufflent que nos choix doivent toujours refléter nos espoirs, et non pas nos peurs.”

 

Le Soudan et le Tchad conviennent de renforcer leurs forces conjointes à leurs frontières

Les deux pays sont arrivés à cette entente mercredi dernier.

Le Soudan et le Tchad sont convenus mercredi de renforcer les forces communes à leurs frontières, de fournir le soutien logistique et de développer les activités le long de la frontière commune.

Mercredi, le président soudanais, Omar El-Béchir, et son homologue tchadien, Idriss Deby, ont participé à la session de clôture de la première conférence sur le développement des activités à la frontière entre le Soudan et le Tchad, qui se tient à El Geneina, la capitale de l’État du Darfour, dans l’ouest du Soudan.

Les deux présidents ont signé le communiqué final de la conférence et ont convenu de renforcer la coopération en matière de justice, de police et de douane à la frontière commune afin de combattre le terrorisme, le crime organisé et toutes les formes de commerce illégal.

Les deux pays ont également réitéré leur volonté d’examiner et d’achever leurs travaux de démarcation de la frontière, notamment en installant des panneaux indiquant clairement où se trouve la frontière.

Dans le domaine économique, les deux parties sont convenues de faciliter la circulation des marchandises, de renforcer le protocole du commerce frontalier, de créer des évaluations communes, d’ouvrir des agences bancaires pour faciliter les échanges, les financements et les transferts de fonds dans les états frontaliers.

La première conférence sur le développement des activités à la frontière soudano-tchadienne a eu lieu à El Geneina les 24 et 25 avril.

Au Tchad, le gouvernement accuse l’Église de semer la division

Jeudi 19 avril, les évêques tchadiens ont appelé à l’organisation d’un référendum pour le vote de la nouvelle Constitution. Le gouvernement s’est dit « stupéfait » et « indigné » de cette intervention de l’Église catholique.

« Nous exprimons notre stupéfaction et notre indignation face à cette déclaration infondée, qui non seulement fait une lecture complètement erronée de la Constitution en vigueur, mais jette les germes d’une grave division des Tchadiens », a déclaré, samedi 21 avril, Mariam Mahamat Nour, secrétaire générale du gouvernement tchadien, chargée des relations avec le Parlement.

Cette responsable gouvernementale répondait aux évêques tchadiens qui ont appelé, jeudi 19 avril, à l’organisation d’un référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution tchadienne. « Le président tchadien, Idriss Déby Itno, est le seul habilité à décider de la tenue d’un référendum », a-t-elle rappelé.

Le texte de la nouvelle Constitution tchadienne, très controversé, est issu des résolutions d’un forum sur les réformes institutionnelles qui a réuni les forces politiques, religieuses et sociales du Tchad en mars, mais qui a été boudé par l’opposition.

Le vote pour l’adoption du nouveau texte constitutionnel est prévu à l’Assemblée nationale le 30 avril. La nouvelle Constitution, si elle est adoptée, instaurera un régime présidentiel qui renforcerait les pouvoirs du président Idriss Déby Itno et introduirait une quatrième République.

Idriss Déby, 65 ans, au pouvoir depuis 1990, en est à son cinquième mandat qui doit s’achever le 21 août 2021. La nouvelle constitution lui permettrait de se représenter en 2021 et d’effectuer deux autres mandats de six ans. Il pourrait donc être président jusqu’en 2033.

Les évêques tchadiens estiment qu’une adoption du texte constitutionnel par voie parlementaire « risque de fausser gravement les règles du jeu démocratique ». L’Assemblée nationale tchadienne est, en effet composée d’une forte majorité de députés proches du pouvoir. L’épiscopat tchadien estime, en outre, qu’« une grande partie de la population tchadienne ignore complètement ce qui se passe ».

Inquiétude de l’opposition et de la société civile

Le vote prochain de ce projet de loi provoque des fortes tensions entre le pouvoir, les partis d’opposition et la société civile.

Mardi 17 avril, sept associations de la société civile tchadienne ont demandé, dans une lettre ouverte aux députés, de ne pas voter la nouvelle Constitution, estimant que « la constitution encore en vigueur dit qu’une telle révision passe par un référendum ».

Lundi 16 avril, les 33 députés de l’opposition (sur les 170 que compte le parlement tchadien) ont annoncé leur boycott des travaux parlementaires sur l’adoption du texte. « Nous connaissons très bien la machine infernale qui a été lancée contre nous et contre la population tchadienne, a confié à RFI le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo qui rejette la nouvelle Constitution. Déby veut les pleins pouvoirs. Il ne se satisfait pas de ce qu’il a obtenu jusqu’ici. Il a une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, il fera ce qu’il voudra. »