Tchad : le ministre de la Justice siffle la fin des gardes à vue abusives

Au regard des abus constatés dans les commissariats et brigades, le ministre de la Justice a prescrit de nouvelles directives sur les mesures de garde à vue. Il s’appuie sur la loi du 9 décembre 2025, qui redéfinit les contours de la garde à vue.

 

Dans sa circulaire du 23 janvier 2026, Youssouf Tom, le ministre de la Justice, siffle la fin du contrôle accru des magistrats, interdit les arrestations le week-end hors flagrance, et met fin à l’ingérence policière dans les litiges civils. Des mesures qui font suite aux abus constatés dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie. « Toute mesure de garde à vue doit être exécutée dans un local de police judiciaire pour une durée de 48 heures et sous la responsabilité d’un Officier de police judiciaire dans le strict respect des démarches procédurales suivantes », prévient le ministre de la justice.

Toute personne ayant une résidence connue ne peut, sauf cas de crime ou délit flagrant et s’il existe contre elle des indices graves et concordants, faire l’objet d’une mesure de garde à vue. En dehors des cas prévus ci-dessus, toute mesure de garde à vue doit être expressément autorisée par le juge compétent ; la mention de cette autorisation est faite au procès- verbal.

La circulaire précise que, le délai de garde à vue n’excédant pas 48 heures peut être renouvelée une fois sur autorisation du juge compétent et à titre exceptionnel être renouvelé deux fois. Il est mentionné que, chaque prorogation doit être motivée.  Sauf cas de crime ou de délit flagrant, la mesure de garde à vue ne peut être ordonnée le samedi, dimanche ou jour férié. Toutefois, si elle a commencé un vendredi ou la veille d’un jour férié, elle peut être prorogée dans les conditions précisées aux points 3, 4 et 5 ci-dessus :

Cependant, en matière d’enquête de flagrance, la prolongation peut être accordée sans présentation de la personne gardée à vue, sur instructions écrites ou téléphoniques du juge compétent. Les instructions téléphoniques doivent être confirmées par écrit dans les 12 heures.

Au regard de ce qui précède, les magistrats des parquets, des cabinets d’instruction et des justices de paix sont tenus de veiller au respect des délais de garde à vue et du contrôle régulier et de manière inopinée des violons;

« Les officiers de police ou de gendarmerie en charge des enquêtes de police judiciaire sont tenus de communiquer tous les matins au parquet de leur ressort, les tableaux des personnes gardées à vue sous leur responsabilité. »

Il est formellement interdit aux unités d’enquêtes de police judiciaire de traiter des affaires civiles relevant de la compétence des juridictions civiles, commerciales et sociales et de garder à vue les personnes concernées par le traitement de ces affaires, insiste Youssouf Tom.

 

Tchad : le ministre de la Justice inspecte les bureaux de son département

Youssouf Tom a effectué une visite inopinée dans toutes directions et services de son ministère le 18 décembre 2025.

Le secrétariat général n’a pas été épargné ainsi que l’administration de l’ENFJ, Ecole Nationale de Formation Judiciaire. Toujours ponctuel au cabinet, rapppelle le service de communication, le garde des Sceaux Dr Youssouf Tom, à la surprise générale, a parcouru les marches et arpenté les couloirs de 8H 30 à 10H20 pour visiter tous les bureaux du ministère de la Justice et de l’Administration de l’ENJ.

Certains responsables et agents sont à leurs postes, d’autres absents et des bureaux hermétiquement fermés. Cette descente inopinée dans les bureaux a permis au Ministre de la Justice Youssouf Tom de se rendre compte du non-respect des heures de travail mais aussi de s’enquérir des conditions de travail. Enfin, il a encouragé les responsables et agents qui sont à leurs postes puis a regagné son cabinet. Mais déjà des interrogations taraudent l’esprit de quelques retardataires et absentéistes.

Tchad : 29 migrants devant la justice

Ils ont été appréhendés par la police alors qu’ils étaient en partance pour la Lybie. Le procureur de la République a donné un point de presse à cet effet.

 

Le procureur de la République Youssouf Tom a fait un point de presse ce mardi 11 décembre 2018 à la coordination de la Police Judiciaire, en présence du directeur général de la police nationale, Tahir Erda Tahiro. Il a annoncé l’interpellation de 29 migrants en partance pour la Libye. Ils ont été appréhendés par les forces de défense et de sécurité.

Les migrants vont être incessamment déférés à la justice, selon le procureur de la République. Youssouf Tom indique que le groupe de jeunes migrants est constitué majoritairement de mineurs, ce qui prouve que la société est sérieusement atteinte par ce phénomène et, est menacée par des comportements peu orthodoxes et nuisibles à la sécurité.

D’après lui, ces candidats à l’immigration n’ont pas tous la nationalité tchadienne, mais il y a aussi des libyens. Par ailleurs, il précise qu’il existe des individus qui viennent à l’intérieur du pays pour ramener ces mineurs vers la Libye dans l’objectif de les exploiter dans les zones d’orpaillages. D’autres sont entrainés dans des activités de mercenariats avec une condition de vie précaire.

Le procureur de la République a ajouté que cela constitue une menace pour la société. Il a précisé que ces types de réseaux opèrent dans plusieurs zones du Tchad à savoir Ati, Mongo, Moussoro et Bardai. Il prévient que ces atteintes à la dignité et à l’honneur sont sévèrement sanctionnées par les articles 325 et suivants du Code pénal. « La rigueur de la loi sera appliquée à la lettre », a-t-il mis en garde.