Paris commence à mettre en œuvre les modalités du retrait de ses forces au Tchad

En présence du ministre des Armées, des Anciens Combattants et des Victimes de guerre, Issakha Malloua Djamous, de plusieurs membres du gouvernement tchadien, de l’ambassadeur de France au Tchad et du commandant en chef des forces armées tchadiennes, les forces françaises ont commencé à mettre en œuvre la première phase du processus de retrait convenu, selon le calendrier fixé par les deux parties.  Ce retrait initial est lié à la capacité de chasse présente à N’Djamena, deux de trois avions de chasse Mirage 2000-D, accompagnés d’un avion ravitailleur, ont quitté définitivement la base française d’Adji Kosseï le 10 décembre 2024.

Selon les déclarations du ministre tchadien des Affaires étrangères, Abderaman Koulamallah, le processus de retrait se poursuivra selon les conditions convenues avec la partie française, et les prochaines semaines connaîtront un retrait progressif des forces terrestres françaises.

Koulamallah a souligné que le gouvernement tchadien cherche à répondre aux aspirations du peuple tchadien pour un avenir dans lequel la souveraineté nationale sera pleinement respectée et dans lequel les forces armées nationales, composées de fils et de filles du Tchad, assumeront l’honneur de défendre leurs terres.

Il convient de noter que le président Déby, dans ses déclarations suite à la décision de son pays de mettre fin à la coopération militaire avec la France, a souligné que cette décision vise à réaliser la volonté du peuple tchadien, ainsi qu’à construire une armée plus indépendante, plus engagée et plus responsable dans la défense de la patrie.

En outre, Deby a noté que l’accord de coopération avec Paris n’a pas réussi à apporter une valeur militaire significative au pays face à divers défis, notamment les attaques terroristes.

De nombreux experts estiment que le gouvernement Déby aura recours à un renforcement sans précédent de la coopération sécuritaire et militaire avec les pays voisins après le retrait des forces françaises, et cela en raison des objectifs et des points de vue identiques entre les pays de la région, notamment en ce qui concerne lutter contre le terrorisme et la contrebande.

Il ressort clairement des déclarations de Déby que ce dernier cherche à renforcer les capacités de défense de l’armée tchadienne en toute indépendance, sans aucune ingérence occidentale, et à choisir de manière indépendante ses partenaires internationaux en fonction des priorités du pays, afin qu’elle soit en mesure d’affronter les défis sécuritaires régionaux

Tchad : la CPDC exige que le décret portant désignation des membres de la CENI soit retiré

L’équipe mise en place est paritaire:  15 membres représentants de l’opposition et 15 autres de la majorité présidentielle.

Les membres de la  Commission électorale nationale indépendante (CENI) ont été nommés par un décret du chef de l’Etat, le 21 février 2019. En effet, la polémique autour de la composition des membres de la CENI s’embrase. Surtout, au niveau de l’opposition démocratique.

Dans un communiqué de presse, la CPDC dénonce le caractère sélectif dans la composition de cet organe chargé de l’organisation des élections au Tchad. Ainsi, le porte-parole de la CPDC, Poddi Djimé Bichara, indique que : “la loi 30 portant création de la CENI dit en son article 3 alinéa 3 que les membres de la CENI sont désignés par rapport à la représentation des partis politiques à l’Assemblée nationale et dans les Conseils locaux, c’est-à-dire les Conseils municipaux”.  

Par ailleurs, il se trouve que les partis politiques membres de la CPDC qui remplissent ces conditions-là ont été écartés sans aucune explication. Peut-on lire dans le document élaboré par la CPDC.

Donc, la CPDC demande donc le retrait du décret qui met en place les membres de la CENI. En effet, ces personnalités choisies parmi les candidats autres que les responsables des partis politiques sont chargés d’organiser les prochaines élections au Tchad.