CEMAC : la BEAC veut fournir des liquidités au marché monétaire

L’avis d’appel d’offres est valable du 14 au 21 juin 2018, pour un taux d’intérêt maximum de 2,95%.

 

La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) vient de lancer un appel d’offres selon lequel, elle propose de fournir des liquidités au marché monétaire de la Cemac (Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) pour un montant de 285 milliards FCFA.

Selon les conditions présentées par la BEAC, l’avis d’appel d’offres est valable du 14 au 21 juin 2018. Le taux d’intérêt maximum est de 2,95%. Le nombre d’offres maximum par soumissionnaire est de cinq. C’est la règle du « collatéral éligible » qui sera appliquée. Il s’agit ici de l’ensemble des actifs, titres ou liquidités, remis en garantie par la contrepartie débitrice à la Banque centrale, afin de couvrir le risque de crédit négocié entre les parties. En cas de défaillance du débiteur, la BEAC a le droit de conserver les actifs remis en collatéral afin de se dédommager d’une éventuelle perte financière subie.

Les 285 milliards FCFA mis sur le marché de la Cemac devraient davantage intéresser les établissements de crédit de la sous-région. Car, depuis 2017, la Banque centrale a mis en place d’un dispositif d’apport de liquidités en urgence aux banques en difficulté de cet espace communautaire.

Avant même la validation de ce cadre général, la Commercial Bank Tchad (CBT) avait déjà bénéficié des bienfaits de ce nouveau dispositif, à travers la mise à disposition d’une enveloppe de 11 milliards FCFA, par la BEAC. Le but final est de permettre aux établissements de crédit jugés solvables, de faire face aux tensions temporaires de liquidités pouvant affecter la stabilité financière.

 

 

Monnaie électronique : les activités en Afrique centrale booster

Une étude a révélé que les opérations effectuées par les usagers par monnaie électronique ont dépassé 229 milliards FCFA en 2017, contre 121 milliards FCFA l’année précédente.

 

Les paiements en monnaie électronique ont dépassé 229 milliards FCFA en 2017, contre 121 milliards FCFA l’année précédente, dont 93% avec le « Mobile Money », selon les résultats d’une étude sur les systèmes de paiement publiée le 22 mai par l’institution financière sous-régionale.

Le nombre de porte-monnaie électroniques a également augmenté de façon considérable, passant de 12,6 millions d’inscrits à la fin 2016 à seize millions en décembre suivant, pour un taux d’actifs passant de 21% à 28% pendant la période étudiée.

En 2017, les recharges de porte-monnaie électroniques, c’est-à-dire les dépôts en espèces de la clientèle dans les points de vente, ont atteint 1814 milliards FCFA, contre 735 milliards FCFA en 2016 dont 1726 milliards FCFA (663 milliards FCFA pour toute l’année 2016) pour le Mobile Money, une plate-forme qui enregistre 99% des transferts d’argent.

En valeur, et selon le rapport, les transactions globales de monnaie électronique en zone Cémac, qui s’élevaient à 1631 milliards FCFA en 2016, ont dépassé 4700 milliards à la fin de 2017, le Mobile Money représentant 96% de cette valeur.

Cette étude observe toutefois que ces tendances marquent une très grande disparité entre les pays de la sous-région, la Guinée équatoriale ne disposant pas d’établissement autorisé à émettre de la monnaie électronique et, en République centrafricaine, le seul produit de Mobile Money n’a été lancé qu’en avril 2016 avec une activité de « Orange Money RCA » demeurée très modeste. Quant au Tchad, l’Institut d’émission note un manque de dynamisme des acteurs, notamment ceux émettant le Mobile Money ainsi que l’environnement économique du pays.

Sur le terrain, le rapport de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) constate que le Gabon dispose du meilleur taux d’actifs (51% en 2017) et « peut donc être considéré comme celui où la population s’est mieux appropriée le téléphone portable pour effectuer ses transactions financières ».

Mais, en dépit de cette prégnance du Mobile Money sur les transactions en monnaie électronique, le développement optimum de ce mode de paiement, pourtant reconnu comme étant un outil idéal pour l’inclusion financière, reste entravé par certaines dispositions réglementaires. Il en est ainsi, par exemple, de l’impossibilité pour les utilisateurs d’effectuer des transactions entre pays de la zone Cémac.