Tchad : assassinat de Yaya Dillo, la famille saisit la justice française et les instances internationales

Un an, jour pour jour, après l’assassinat de l’ancien opposant politique Yaya Dillo Djérou, président du Parti Socialiste sans Frontières (PSF), sa famille annonce qu’elle va saisir la justice française et les instances internationales pour obtenir justice et vérité.

 

La famille de Yaya Dillo a confié l’affaire à un cabinet d’avocats établi à Paris. Ledit cabinet, appartenant au réseau Kimia Avocats, représenté par Maîtres Pierre Masquart et Charles-Stéphane Marchiani, a produit un communiqué ce jour pour annoncer les actions à mener pour faire la lumière sur le meurtre de l’homme politique. « Face à l’inertie des autorités tchadiennes et à l’absence de l’enquête internationale indépendante pourtant promise par le président tchadien Mahamat Idriss Déby et l’ancien Premier ministre Succès Masra, la famille de Yaya Dillo Djérou, représentée par son frère M. Ousmane Dillo Djérou, a mandaté Maître Pierre Masquart et Maître Charles-Stéphane Marchiani, membres du réseau Kimia Avocats, afin d’engager toutes les procédures requises pour que les auteurs, les commanditaires et les complices de cet assassinat politique soient identifiés. »

Le cabinet rappelle que, le 28 février 2024, à un mois de l’élection présidentielle, « le président Yaya Dillo Djérou était tué lors de l’assaut du siège de son parti par les forces de sécurité tchadiennes ». « Qualifié d’exécution extrajudiciaire par de nombreuses organisations de défense des droits humains, cet acte s’inscrit dans un climat de répression accrue contre l’opposition tchadienne et d’atteintes aux libertés fondamentales », poursuit le communiqué.

Le mandat confié aux avocats vise à engager dans les jours prochains de nouvelles actions et plaintes devant :

  • les juridictions françaises compétentes ;
  • le rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires et/ou le comité des droits de l’homme de l’ONU ;
  • la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine.

« L’impunité ne peut pas être la règle. Nous voulons que la lumière soit faite sur l’assassinat de Yaya Dillo et que les responsables rendent des comptes », déclare Ousmane Dillo Djérou, porte-parole de la famille.

Tchad : la famille de Bonheur Manayel dénonce le manque de compassion

Ce jeune avait été tué par des tirs d’armes à feu lundi 04 novembre, pendant le passage du convoi du président de l’Assemblée nationale.

La famille de Matebaye Manayel Bonheur a déploré dimanche, dans un communiqué de presse, « le manque de compassion d’Haroun Kabadi à la famille consternée », près d’une semaine après la mort du jeune homme à N’Djamena, fauché par des tirs d’armes à feu au cours d’un passage du convoi du président de l’Assemblée nationale.

La famille qui affirme avoir tenu un conseil de famille, estime que Bonheur a été « froidement abattu ».

« Le président de l’Assemblée nationale ne semble pas le comprendre. Mais la tragique disparition de Matebaye Manayel Bonheur n’est ni souhaitée, ni désirée. Elle ne peut donc sujette à une spéculation de quelque nature que ce soit », indique Ngarlem Naoutengar, représentant de la famille.

« La famille ne reconnait en aucun cas un compris tendant à organiser quoi que ce soit au sujet de son regretté fils. Le sens humain et humaniste aurait voulu que Haroun Kabadi reconnaisse au moins la mort à fleur d’âge de ce diplômé sans emploi qui se démène pour subvenir aux besoins de sa famille ne serait-ce qu’exprimer sa moindre compassion à la famille. Mais, hélas ! C’est à comprendre que Haroun Kabadi se réjouit d’un acte de bravoure qui ne lui arrache nullement une compassion », ajoute le communiqué.

Des appels à la démission du président de l’Assemblée nationale

Le Parti pour les libertés et le développement (PLD) a condamné dimanche, avec fermeté, « l’assassinat criminel et barbare du jeune Mateyan Maneyel Bonheur perpétré par les éléments de sécurité du Président de l’Assemblée nationale le 4 novembre dernier ». Il a demandé « le jugement, la condamnation des auteurs de ce crime odieux et le dédommagement conséquent des orphelins et de la veuve de M. Bonheur », et a exigé « la démission du président de l’Assemblée nationale ».

Mateyan Maneyal Bonheur est mort le 4 novembre 2019 après avoir été touché par des tirs de membres de services de sécurité, lors du passage du cortège du Président de l’Assemblée nationale.

La justice a ouvert une enquête quelques jours après l’incident et a annoncé l’arrestation de quatre membres de la sécurité du président de l’Assemblée nationale.