Tchad : le MCT va commémorer les martyrs de la démocratie par visioconférence

Suite à l’interdiction des manifestations par le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration, la conférence débat du Mouvement Citoyen le Temps (MCT), initialement prévue dans la salle du Comité de Suivi d’Appel à la Paix et à la Réconciliation de N’Djamena se tiendra par visioconférence

Le MCT regrette qu’à travers cet acte d’interdiction : « le gouvernement montre une fois de plus sa mauvaise foi et son non-respect des textes de la république ainsi que ses engagements relatifs aux libertés publiques fondamentales ». Le mouvement ne renonce pas à son activité. La commémoration des martyrs de la démocratie se tiendra en ligne : « sous le thème : « l’engagement de Ibni Oumar Mahamat Saleh pour la justice : quel héritage pour les jeunes ? », le 04 février à 15H 30 min et sera diffusés sur les canaux de communication électronique habituels, note le mouvement.

Le Mouvement citoyen le temps dénonce une violation de la liberté de réunion, prévue dans l’article  28 de la loi fondamentale. Le MCT fait savoir que la commémoration des martyrs de la démocratie, est une manière pacifique de rendre hommage à ces derniers. Elle est choquée par la décision d’interdiction de cette rencontre qui ne saurait engendrer aucun trouble à l’ordre public.

Le corps d’un chinois incinéré au Tchad : l’ambassade de Chine fait une sortie

L’incinération du corps d’un chinois décédé à N’Djamena à suscité un débat au sein de la population tchadienne.

Un chinois a trouvé la mort à N’Djamena et son corps a été incinéré. Un geste vu de mauvais œil par les tchadiens qui sont attachés à leurs traditions. Pour stopper la polémique, l’ambassade de Chine au Tchad, a apporté certaines précisions.

« L’homme est décédé à cause d’une maladie aiguë, dans le 7ème arrondissement de N’Djaména. Nous tenons à clarifier que le mort n’était pas travailleur pour le chantier du Stade de N’Djamena situé à Mandjafa », a souligné l’Ambassade.

Cette institution a indiqué qu’elle exige toujours de ses ressortissants chinois au Tchad le respect des lois et mœurs locales.

Sécurité frontalière : le Tchad organise une rencontre sur les « zones grises », sources d’instabilité du continent africain

Les crises des pays africains surtout ceux du Sahel ont fait l’objet d’une conférence-débat le mardi 12 février 2019 à l’Institut français du Tchad (IFT), autour du thème « les zones grises : à l’origine des crises africaines ? ».

 

La conférence a été animée par Christian Bouquet, professeur émérite de Géographie politique, observateur et analyste de la politique africaine. Selon le chercheur, dans plusieurs pays africains et notamment sahéliens, la situation est alarmante. La guerre en Somalie, depuis des décennies,  a causé de milliers de morts, de déplacés, de réfugiés et c’est le pays qui abrite le plus grand camp de réfugiés au monde. Le conflit en République démocratique du Congo (RDC) est axé sur les ressources naturelles et des problèmes politiques qui ont conduit à des violences et à des crimes les plus odieux que l’humanité ait connus.

Du côté du Nigeria avec Boko Haram causant des milliers de morts et s’est étendu dans toutes les zones du Lac-Tchad donc touchant plusieurs pays ; au Mali avec les mouvements de rébellion au Nord sur fond de plusieurs revendications des Touaregs et Peuls. Le plus proche du Tchad est le conflit centrafricain opposant les frères du même pays causant depuis 2013, des dégâts humains et matériels immenses et la crise libyenne qui occasionne la circulation d’armes et des personnes douteuses à travers toute la bande sahélo-saharienne.

A ces conflits, s’ajoutent  les revendications irrédentistes un peu partout en Afrique, au Sud du Sahara, qui  sont aussi à l’origine de l’instabilité du contient. Ce sont ces foyers de tensions qui constituent des  zones grises que le conférencier définit comme des « régions situées loin de la capitale, difficile d’accès et des zones irrédentistes ». Selon le Professeurle fait est que ces tensions sont dues en grande partie à la défaillance  des Etats qui, soit, n’arrivent pas à contrôler l’ensemble de leur territoire, soit le problème de gouvernance. Le paradoxe est aussi que ces zones en conflit sont des régions très riches en ressources naturelles. Comme solution, le conférencier propose  des actions concrètes au niveau de la gouvernance  dans ces zones de conflits qui impliquent la prise en compte des problèmes de la population locale, accorder plus d’importance et de budget aux problèmes sociaux qu’aux problèmes régaliens, construire des opérations de développement multinationale et transfrontalière dans l’optique d’éviter les incursions et l’instabilité à partir des frontières des zones de conflits etc.