Tchad : la télévision numérique pour 200 villages

C’est projet qui se fera avec le partenariat entre le gouvernement tchadien et la multinationale chinoise des médias, StarTimes.

 

Deux cents villages tchadiens bénéficieront bientôt de la télévision numérique par satellite grâce à un projet que lanceront mardi le gouvernement tchadien et la multinationale chinoise des médias, StarTimes, a annoncé samedi à la presse Acheikh Abakar Hassan qui préside le comité de suivi et d’évaluation de ce projet.

Le projet de desserte de 200 villages offrira un accès à la télévision numérique à 4.000 foyers tchadiens, dont 10.000 personnes seront bénéficiaires. C’est à Mandelia, une localité située à 50 kilomètres au sud de N’Djamena, la capitale du Tchad, que ce projet sera officiellement lancé le 28 août.

Ce projet intitulé « Accès à la TV satellite pour 10.000 villages africains », s’inscrit dans le cadre des dix programmes de coopération prioritaires, nés lors du dernier sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) à Johannesburg en Afrique du Sud en 2015 et ayant pour vocation de stimuler la coopération entre la Chine et l’Afrique.

« Les populations pourront donc suivre les informations internationales en temps réel. Sachant que l’accès à l’information est très limité dans ces zones rurales, ceci aidera les populations à accroître leurs connaissances », s’est réjoui M. Hassan.

Le groupe StarTimes, maître d’œuvre du projet, fournira des équipements nécessaires (notamment des vidéoprojecteurs, un téléviseur, des décodeurs, etc.) et se chargera des installations dans chaque village ainsi que leur entretien.

« Les villages auront accès à une large gamme de contenus. Il est nécessaire de noter aussi que ce projet crée des emplois dans les zones rurales et contribue de manière durable au développement économique », a conclu M. Hassan.

Tchad : Deux magistrats ont été radiés

Leur radiation a été prononcée par le Conseil supérieur de la magistrature du Tchad, en fin de semaine.

 

Les villes d’Abéché et d’Iriba ont dû se séparé de leurs procureurs. Le Conseil supérieur de la magistrature du Tchad vient de prononcer de radiation ces deux magistrats.

Le Conseil supérieur de la magistrature leur reproche d’avoir détourné de l’argent pour l’un et pour l’autre de n’avoir pas réuni les conditions de sécurité nécessaires pour éviter l’exécution par balles en cours d’audition de deux présumés assassins.

Oscar Assengar, procureur d’Abéché serait impliqué dans une affaire de détournement de 15 millions de FCFA, selon Djonga Arafi, secrétaire général du syndicat des magistrats du Tchad. La mesure concerne aussi Dehrdian Bab Jonas, procureur de la ville d‘Iriba.

Deux présumés assassins avaient été abattus par balles pendant qu’il les auditionnait mi-juin. Les magistrats révoqués ont le droit d’attaquer la décision.

Mais contacté par la BBC, l’avocat de l’un des magistrats révoqués maitre Ngaré Adah, n’a pas répondu à la question de savoir s’il introduirait un recours ou non.

G5 Sahel : naissance d’une police judiciaire commune aux cinq pays

Les responsables des polices des différents pays membres de la force se sont réunis le 16 aout dernier dans la capitale tchadienne, N’Djamena.

 

Un nouveau dispositif sécuritaire du groupe des pays du G5 Sahel, a vu le jour le 16 août, dans la capitale tchadienne N’Djamena. Il s’agit « d’une police judiciaire commune, mise en place dans le but de répondre aux préoccupations des chefs d’Etats de la région », a déclaré le directeur général de la Police du Niger, Souley Boubacar, également président en exercice du Comité de défense et de sécurité de la force conjointe G5 Sahel.

Cette décision a été prise lors de la réunion des responsables de la police des pays membres du G5 Sahel jeudi 16 août, dans la capitale tchadienne N’Djamena, pour affiner les stratégies de lutte contre le terrorisme dans cet espace.

Le directeur général adjoint de la Police nationale du Tchad, Sirandi Ongtouin, a précisé qu’il s’agit de la mise en place de la composante “police” dans les unités d’investigation de la force conjointe qui comprendra également des militaires et gendarmes.

Très actifs ces derniers temps dans sa coopération régionale pour le développement, le groupe des pays du G5 Sahel s’est doté cette semaine de deux nouveaux dispositifs communs, le premier est un espace de free roaming pour les clients voyageant au sein de cette même région, et le second, l’Union des chambres de commerce des pays de ce groupe.

Crée en 2014, le groupe des pays du G5 Sahel (la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad), œuvre pour la promotion de la coordination et la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité entre ces cinq pays.

 

 

Tchad : le contrôle physique des enseignants n’avance pas

Les enseignants se plaignent de devoir attendre des heures avant d’être reçus. Et afin d’être certains de passer à la caisse, ils sont obligés de faire des sacrifices.

 

C’est au début de ce mois d’aout que l’Inspection générale d’Etat (IGE) a lancé le contrôle physique des enseignants tchadiens. Celui-ci s’adresse uniquement aux  pédagogues travaillant à N’Djamena. Et il a pour but de connaître le nombre exact des fonctionnaires tchadiens.

Seulement les choses ne sont pas faciles pour ces enseignants venus toucher leurs salaires du mois de juillet. L’opération se déroule à un « rythme insupportable ». Les enseignants se plaignent de la lenteur de l’équipe du recensement. «  Ils font semblant de traîner pour augmenter les jours du recensement et profiter du prime »,  nous confie Marie Yoguerna, à l’école annexe d’Ardep-Djoumal.

Le recensement se fait dans trois centres : le Building de Moursal qui abrite le ministère de l’Education nationale, l’Ecole du centre et le Lycée féminin d’Amriguébé. Et pour arriver à se faire recenser, les enseignants sont obligés de se lever au premier chant du coq pour se rendre dans ces centres. Certains ont même élu domicile avec leurs moustiquaires sur les sites afin d’être les premiers à être recensés et percevoir leurs salaires  du mois de juillet 2018.

Le plus surprenant est que plusieurs fonctionnaires, bien qu’ayant satisfait à l’exigence de se faire recenser, n’ont pas pu entrer en possession de leurs salaires.

Selon l’IGE, le recensement ne concerne que la commune de N’Djamena. Une affirmation qui a semé la confusion dans les têtes des enseignants des provinces alignés sur la liste de N’Djamena et qui, jusque-là n’ont pas perçu leurs salaires du mois de juillet 2018.

Le recensement se poursuit dans les centres retenus à cet effet mais la moitié des enseignants concernés n’est pas encore recensée. En attendant la fin, leur calvaire continue sous les intempéries.

Tchad : Internet sans frontières collecte des preuves pour prouver la censure des réseaux sociaux

L’Organisation non gouvernementale qui a installée il y a quelques jours, ses bureaux dans le pays, vient de lancer une consultation publique sur la censure des réseaux sociaux.

 

Internet Sans Frontières ne chôme pas au Tchad. Alors que l’ONG a lancé ses activités dans le pays seulement le 09 aout dernier, la voilà déjà dans le feu de l’action. En effet, il y a quelques jours, elle a lancé une opération de collecte des preuves « afin de déterminer le niveau de censure que subissent les internautes de ce pays ». Il sera donc question pour ces activistes, de récolter « des preuves techniques irréfutables de la censure des réseaux sociaux ».

Cette activité consultation publique se fait avec l’appui de son partenaire technique Netblocks. Elle n’est ouverte qu’aux personnes résidant au Tchad. Et pour y participer, il suffit de se connecter sans VPN à l’adresse https://netblocks.org/scan/. une fois fait, il ne restera plus qu’à Netblocks de recueillir les données de connexion.

Le site internet de l’ONG explique que « votre connexion au Scan nous permettra d’établir un rapport clair et irréfutable sur la connectivité aux principaux sites internet depuis le Tchad ».

Ce n’est pas la première action que Internet Sans frontière mène dans sa lutte pour le retour des réseaux sociaux au Tchad. En effet, dès sa naissance, le bureau du Tchad de l’ONG avait mis en demeure l’Etat de rétablir l’accès aux réseaux sociaux.

Mais ils ne sont pas les seuls à œuvrer pour le retour d’internet. En effet, un collectif d’avocats tchadiens vent debout contre la coupure des réseaux sociaux au Tchad, a porté au tribunal une action visant à exiger aux opérateurs de téléphonie mobile Airtel et Tigo de rétablir l’accès aux plateformes sociales dont WhatApp, Messenger, Twitter et Facebook.

Selon le Ministre de la Sécurité Publique et de l’Administration, « le gouvernement n’aurait autorisé aucune perturbation ou restriction des réseaux sociaux ». il e s’agit donc que de « mauvaises langues, des ragots ».

 

Tchad: le gouvernement dément une autre attaque au Tibesti

Selon le Ministre de la Sécurité publique, ce « sont des allégations mensongères des mercenaires ».

 

Un groupe rebelle tchadien, basé en Libye, a annoncé le 22 août 2018 avoir attaqué deux mines d’or à Kouri Bougoudi dans le Tibesti (nord du pays). Une information démentie par le ministre de la Sécurité et des sources militaires. Ces éléments contradictoires témoignent d’un regain de tensions dans cette zone proche de la frontière libyenne où les incidents se multiplient.

Le groupe rebelle tchadien du Commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR) a affirmé avoir mené une attaque le 21 août contre deux mines d’or de la localité de Kouri Bougoudi, proche de la frontière libyenne. Une attaque aussitôt démentie par le ministre de la Sécurité Ahmat Bachir. «Pas une seule attaque ne nous a été signalée par nos forces de défense et de sécurité. Pourtant, je suis en contact avec le commandement à Faya, capitale de la région nordique du Bourkou-Ennedi-Tibesti, d’où partent la plupart des opérations dans la zone», a indiqué à l’AFP une source militaire tchadienne à N’Djamena.

Le CCMSR, né en 2016 dans le Sud libyen, «est le mouvement de rébellion tchadienne le mieux armé. Il revendique le plus grand nombre de rebelles, comparé aux autres mouvements. Dans ses rangs, on y trouve d’anciens rebelles, comme ceux qui étaient au Darfour, au Soudan, dans les années 2000, mais il intègre aussi et systématiquement des rebelles fraîchement arrivés en Libye ou encore des déserteurs de l’armée tchadienne. Ses membres sont de différentes ethnies», explique RFI.

Ce n’est pas le premier incident qui est signalé dans ces régions du nord du Tchad, proche d’un Etat libyen en décomposition dans lequel les milices de tous bords peuvent s’épanouir. L’armée tchadienne avait lancé le 16 août une intervention aérienne et terrestre pour «nettoyer» les localités aurifères de Kouri Bougoudi et de Miski après un ultimatum de 24 heures aux populations locales sommées de quitter les lieux.

Selon Toubou media  «il n y a pas eu de morts d’hommes mais d’énormes dégâts sur les palmeraies et les fermes environnantes. Des dizaines de dromadaires et de chèvres ont aussi péri dans ces bombardements et d’autres centaines perdus dans la nature… Nul doute que le régime MPS (Mouvement patriotique du salut, parti du président tchadien Idriss Deby, NDLR) veut faire payer aux Toubous (populations vivant dans le nord-est du Sahara, et notamment dans le nord du Tchad, dans le massif du Tibesti, NDLR) leurs sympathies avec les différentes rébellions.»

Le 11 août, le groupe rebelle avait revendiqué l’attaque de Kouri Bougoudi, située dans dans la région désertique du Tibesti qui attire des orpailleurs de différentes régions du Tchad en raison de ses ressources aurifères. Selon le porte-parole du CCMSR, l’attaque du 11 août, menée, semble-t-il, par une colonne lourdement armée, a fait 73 morts et 45 prisonniers du côté de l’armée tchadienne; quatre morts et sept blessés graves du côté des rebelles. Le gouvernement n’a communiqué aucun bilan humain de cette opération.

Depuis le Sud libyen et l’Est soudanais, plusieurs rébellions tchadiennes tentent de survivre grâce à des aides financières, au mercenariat ou à divers trafics, selon des analystes.

Tchad : le ministre de l’enseignement supérieure visite le CNRD

C’était hier mercredi 22 août. Le directeur du Centre national de la recherche pour le développement lui a fait une visite guidée.

 

Le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Dr Houdeingar David a effectué une visite au Centre national de la recherche pour le développement (CNRD), ce mercredi 22 août. Il a échangé avec le directeur général dudit centre, Dr Baba Mallaye.

Le directeur général du CNRD, Dr Baba Mallaye a présenté l’institution qu’il dirige au ministre de l’Enseignement supérieur. Après un petit entretien, accompagné de son staff, Dr Houdeingar David a visité la bibliothèque du CNRD où sont stockés plus de 74.000 documents. Les microfiches sont en  cliché et malheureusement, il n’y a pas de machine pour les lire. Plusieurs milliers de documents sur le Tchad sont disponibles en version électroniques. Houdeingar David a visité le service de diffusion et valorisation des résultats de la recherche scientifique et technique. Toutes les missions de recherche sont recensées ainsi que les résultats.

Le ministre de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation s’est rendu à la salle de stockage où l’on trouve plus 21.000 fossiles. Selon le DG du CNRD, des milliers autres fossiles sont déjà collectionnées et inventoriées, certains attendent d’être nettoyées et classifiées mais faute de moyens les activités dans ce département sont au ralenti.  « Le service de télédétection a été consumé par un incendie, nous souhaitons reconstituer ce département pour faire les cartographies du nouveau découpage administratif. Il y a le jardin scientifique qui meurt où sont piquées 15000 pépinières », relève Dr Baba Mallaye.

Dr Houdeingar David a souligné l’importance du travail que fait le centre : « la recherche comme un facteur de production de connaissances et facteur de création de richesse est un levier essentiel pour le développement d’un pays. Un pays ne peut pas se développer s’il n’y a pas une recherche qui produit des résultats concrets ». Il se dit conscient du manque des moyens au CNRD mais le gouvernement fera de son mieux, selon sa disponibilité financière pour appuyer l’institution.

 

 

Tchad : les 80 agents des finances suspendus pour faux diplômes réhabilités

C’est suite à une décision judiciaire rendue ce lundi  20 aout 2018.

 

La suspension de 80 agents du ministère des finances par l’Inspecteur général dudit ministère est annulée par une décision de justice rendue lundi. C’est suite à l’audience de référé du Tribunal de grande instance de N’Djamena siégeant en matière administrative.

Ces agents avaient été suspendus il y a quelques jours après le passage de l’opération de vérification des diplômes des agents civils de l’Etat. L’inspecteur général des Finances, Koulamaye Dillah, avait d’ailleurs annoncé « cette décision, qui constitue une mesure conservatoire, ne sera levée qu’après régularisation de la situation administrative de chacun ».

Et d’autre suspension et même attendu vu que Koulamaye Dillah avait annoncé dans sa note qu’il s’agissait juste de la première vague.

Mais de l’avis de l’avocat des 80 agents, « l’Inspecteur général des finances n’a pas compétence non seulement de suspendre mais également de vérifier la légalité de diplômes ». Notons cependant que les fonctionnaires indexés comptent aller au fonds pour une annulation pure et simple de l’acte.

 

Tchad : des avocats vont en justice pour le retour des réseaux sociaux

Depuis environs cinq mois déjà les internautes tchadiens n’arrivent pas avoir accès aux réseaux sociaux.

 

Un collectif d’avocats tchadiens vent debout contre la coupure des réseaux sociaux au Tchad a porté au tribunal une action visant à exiger aux opérateurs de téléphonie mobile Airtel et Tigo de rétablir l’accès aux plateformes sociales dont WhatApp, Messenger, Twitter et Facebook.

Cette coupure a été constatée par les Tchadiens dans la foulée du forum national sur la réforme des institutions. Un forum qui a également sanctionné un amendement de la constitution qui se prête entre autres à deux nouveaux mandats du président Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990.

Si la coupure des réseaux sociaux n’a pas été justifiée par les maisons de téléphonie mobile, le collectif d’avocats regrette toutefois une “violation” des droits des consommateurs. Un tribunal de N’Djaména devrait débuter les audiences à ce sujet dès le 28 août.

Les utilisateurs sont obligés de passer par des moyens détournés, comme les réseaux VPN, pour s’offrir la connexion internet. Un choix qui a bien sûr un coût, estimé à plus du double de ce que doivent habituellement débourser les consommateurs.

Le 9 août dernier marquait le lancement officiel des activités du bureau local de l’ONG Internet Sans Frontières au Tchad. Selon son représentant le pays, Blaise Noubarassem, « Le droit à la liberté d’expression, sous quelle forme que ce soit, est garanti par la Constitution de la République du Tchad et le Tchad a ratifié des conventions internationales en matière de liberté d’expression. Donc, il n’y a pas de raison qu’un Etat puisse empêcher toute une population d’accéder aux réseaux sociaux ».

 

 

 

 

Des Tchadiens doutent du bien-fondé des mesures d’austérité prises par l’Etat

Depuis de nombreux mois déjà, le Tchad est traversé par diverse crèves. L’essentiel des grévistes réclament le payement intégral de leur salaire. En effet le gouvernement a procédé à des réductions salariales des fonctionnaires.

 

 

Installé sous un arbre, à l’abri des rayons brûlants du soleil si familiers à N’Djamena, Mahamat Issa Moussa compte une liasse de billets. « C’est mon salaire du mois », lâche ce professeur tchadien de 42 ans, l’air affligé. Aujourd’hui, il perçoit un revenu mensuel de 75 000 francs CFA (115 euros), contre 240 000 francs CFA il y a six mois.

Depuis janvier, les primes et indemnités des fonctionnaires sont divisées par deux. C’est l’une des seize mesures d’austérité imposées par le gouvernement pour lutter contre la crise économique dans laquelle le pays est englué depuis la brusque chute des prix du cours du pétrole en 2014. Objectif : économiser 300 millions d’euros par an.

« Je ne vais pas réussir à joindre les deux bouts. Entre mon loyer, mon prêt à la banque et l’alimentation, je dois me défendre », bougonne Mahamat Issa Moussa avant de fourrer son maigre pactole dans la poche de son boubou. L’espoir de retrouver son salaire intégral a effleuré l’esprit de ce père de famille, un après-midi de juin, lorsqu’un flash d’information diffusé à la radio publique lui a « gratté l’oreille », se souvient-il.

Il y apprenait que la Banque mondiale projetait, dans son rapport annuel sur les perspectives économiques mondiales, un taux de croissance de 2,6 % en 2018. Une embellie volontiers confirmée par le ministère des finances et du budget, qui prévoit pour sa part une croissance de « 5,2 % en 2018, contre – 4,6 % en 2017 ». Hélas pour Mahamat Issa Moussa, malgré ces prévisions qui étonnent plus d’un économiste à N’Djamena, le gouvernement a décidé de maintenir le cap de l’austérité.

« On a crevé le plafond »

Lundi 6 août, le président Idriss Déby Itno a douché les espérances des 92 000 fonctionnaires. « Depuis 2003, lors de la mise sur le marché de notre premier bateau pétrolier, les fonctionnaires ont forcé le gouvernement à augmenter les salaires chaque année. […] On a crevé le plafond », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse. La dette publique atteint 48 % du PIB. Les autorités ont donc réduit drastiquement le budget de l’Etat, passant de 2,5 milliards d’euros en 2011 à 1,4 milliard d’euros en 2017.

Le Tchad a dû renégocier sa dette colossale contractée auprès de Glencore, société anglo-suisse de négoce de matières premières. La maturité de la dette, d’un montant de 1,1 milliard d’euros, passe de dix à douze ans, tandis que le taux d’intérêt est ramené de 7,5 % à 2 %. Une bouffée d’oxygène qui a permis à N’Djamena de bénéficier, en juillet, d’un décaissement de près de 43 millions d’euros dans le cadre d’un prêt de 275 millions d’euros accordé en 2017 par le Fonds monétaire international (FMI). D’autres efforts budgétaires seraient nécessaires pour débloquer la somme restante.

« Que les partenaires sociaux comprennent : on va revenir en arrière », a prévenu Idriss Déby Itno, alors que la baisse des salaires est à l’origine d’une grogne sociale sans précédent. Une grève illimitée paralyse le secteur public depuis plus de six mois. Elle touche à la fois les écoles, l’administration et les hôpitaux.

« Le ras-le-bol est là »

« Nous ne pouvons pas accepter la coupe de nos salaires. Nous n’avons pas à payer le prix de la mauvaise gouvernance », s’insurge Michel Barka, président de l’Union des syndicats du Tchad, dans son bureau exigu à la Bourse du travail, à N’Djamena. « Le ras-le-bol est là, les travailleurs sont poussés à l’extrême. Ils veulent même stopper le service minimum dans les hôpitaux », tempête le militant, frappant du poing sur sa pile de dossiers.

Michel Barka salue tout de même « de bonnes solutions adoptées par le gouvernement », notamment l’audit des diplômes et le recensement des fonctionnaires qui ont permis, selon lui, d’écarter 9 000 travailleurs fictifs depuis 2012. Mais il dénonce le non-respect de l’accord du 14 mars signé entre les syndicats et le gouvernement. « Les salaires de juin auraient dû être versés intégralement, il n’en a rien été », déplore-t-il. Depuis, les négociations sont au point mort.

« Le cabinet qui a négocié cet accord, composé à l’époque par le secrétaire général de la présidence, Jean-Bernard Padaré, et le directeur de cabinet de la présidence, Issa Ali Taher, a sauté, regrette un ministre proche du dossier. Le deal était de verser les salaires proportionnellement aux augmentations de croissance. Mais le gouvernement a totalement changé de cap. Plus qu’un problème économique, c’est devenu un problème de dialogue. Chacun protège son poste, personne n’ose dire que la ligne adoptée est mauvaise. Résultat : personne ne sait où cette situation va mener le pays. »

« Une goutte d’eau »

Quel bilan peut-on tirer des seize mesures d’austérité ? Dans son rapport titré « Budget en chute, répression en hausse, le coût humain des mesures d’austérité », présenté à N’Djamena en juillet, Amnesty International déplore « l’instauration de mesures rétrogrades non conformes aux critères en matière de droits humains ».

« Selon le droit international, un Etat peut prendre des mesures d’austérité, mais il doit veiller à ne pas violer certaines obligations comme l’accès aux soins et à l’éducation. Or sur le terrain tchadien, ce n’est pas le cas. Les populations qui ont un faible revenu à cause de la crise économique se retrouvent à payer cher pour des soins, voire à ne plus pouvoir se soigner », explique Balkissa Ide Siddo, chercheuse pour Amnesty.

D’autres mettent en cause l’efficacité de ces coupes salariales. « C’est une goutte d’eau dans l’économie endettée du Tchad. En diminuant le pouvoir d’achat d’une partie de la population, c’est tout un pays qui tourne au ralenti, analyse un économiste tchadien, conseiller auprès de l’Union européenne. Il n’y a pas de fonds de stabilisation permettant d’asseoir des ressources fixes en cas de fluctuation des prix du brut. Croissance ou non, faute de diversification de l’économie, le gouvernement devra diminuer les salaires pour retrouver l’équilibre par rapport à la base de ses ressources réelles hors pétrole. »

Tchad : les forces de défense en guerre contre les orpailleurs clandestins

Après la demande du ministre de l’administration du territoire intimant aux orpailleurs du Tibesti et de Batha de quitter les lieux, le gouvernement vient d’ordonner aux forces de défendre de déloger les récalcitrants sans ménagement.

 

Le gouvernement tchadien semble avoir les orpailleurs de l’est du pays dans sa ligne de mire. Et aucun effort n’est ménagé quant à leur déguerpissement. Il leur est reproché d’être des complices d’une rébellion naissante. En effet, le 11 aout dernier, la rébellion appelée Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République a attaqué une position militaire tchadienne dans le Tibesti.

Il n’est donc plus question qu’une chose pareille se reproduise. Et pour cela dès l’annonce de l’attaque, le ministre de l’administration du territoire Ahmat Mahamat Bachir, a donné 24 heures à compter du 12 août aux orpailleurs opérant dans le Tibesti de quitter la zone. L’ordre s’est étendu quelques heures plus tard aux orpailleurs du Batha.

Pour être sûr que celui-ci a été exécuté, le gouvernement a ordonné à toutes les forces de défense et de sécurité de déloger sans ménagement ces orpailleurs clandestins et de brûler leurs matériels.

Pour le ministre de l’administration du territoire, ces zones d’orpaillage constituent « un réservoir de recrutement pour le mercenariat ». Car « il y a des gens qui gagnent de l’or et ils rentrent tranquillement chez eux. Il y a d’autres qui n’ont pas gagné et ils trouvent scandaleux de rentrer chez eux et on les enrôle de l’autre côté », explique-t-il.

Une vision que ne partage pas l’élu de la province de Batha, le député Rakhis Ahmat Saleh. Celui-ci pense au contraire que « le gouvernement devrait se préoccuper plus de la sécurité des orpailleurs qui sont venus chercher leur gagne-pain. Cette gangrène des rebelles est connue. Ils ont commis leur forfait et je crois qu’ils sont repartis dans leur camp de base ».

Rappelons cependant qu’une information judiciaire a été ouverte contre X pour fait de terrorisme par le procureur de la République suite à l’attaque du 11 août dernier.

 

Tchad : un nouveau bureau au PPT ?

Deux parties se sont créées au sein du Patronat de la Presse Tchadienne. Chacune d’elle clame sa légitimité au détriment de l’autre.

 

Le comité d’organisation de l’assemblée législative du Patronat de la Presse Tchadienne (PPT) a annoncé lors d’une conférence de presse tenue cet après-midi à la Maison de Médias du Tchad, la tenue des élections pour renouveler le bureau exécutif du PPT. Cela fait suite à l’exclusion de son ex président, Allonhdoum Juda pour moralité douteuse, malversation financière et gestion patriarcale et opaque du fond destiné au Patronat.

Le comité d’organisation de la gestion de crise du Patronat a fixé la date du samedi 25 août 2018 pour la tenue des élections pouvant renouveler le bureau exécutif, afin d’assainir la corporation qui est gangrenée par des pratiques très peu orthodoxes.

Depuis la semaine dernière, une vraie guerre est déclarée entre deux responsables des médias tchadiens à travers deux communiqués de presse. Le premier porte la signature de monsieur Franck Mbaidjé Mbaidigotar en date du mercredi 08 août 2018 à l’issue d’une Assemblée générale tenue à N’Djamena la capitale tchadienne : «Le Patronat de la Presse Tchadienne informe l’opinion nationale et internationale, par décision N°001 prise par l’Assemblée générale extraordinaire, tenue le 08 août 2018 à la Maison des médias, qu’Allahondoum Juda, Directeur de Publication de l’Hebdomadaire Le Visionnaire, ex-président du Patronat de la Presse Tchadienne (PPT), est exclu de cette organisation faîtière pour malversation financière, opacité dans la gestion, abus d’autorité et moralité douteuse et pour haute trahison conformément à l’article 19 du statut ».

Le seconde est signé de monsieur Allahondoum Juda en tant que président du Patronat de la Presse Tchadienne(PPT) en date de jeudi 09 août 2018, apportant formellement un démenti au précédent communiqué fait par monsieur Franck Mbaidjé Mbaidigotar : «Le président du Patronat de la Presse Tchadienne(PPT), apporte son démenti à la communication faite par monsieur Franck Mbaidjé Mbaidigotar en date du 08 août dernier faisant écho d’une prétendue Assemblée générale extraordinaire tenue le même jour à la Maison des médias du Tchad et qui aurait débouché sur son «exclusion» ? Cette réunion convoquée par le Directeur de Publication du journal Tribune Info, monsieur Eric Kokinagué, par ailleurs Secrétaire général de l’association suspendu de ses responsabilités au PPT pour manquement grave (détournement de fonds),le 03 août 2018,et qui a regroupé, certains de ses complices dont le trésorier de l’Association monsieur Franck Mbaidjé Mbaidigotar, signataire dudit communiqué de presse, est de nullité absolue au regard des textes statutaires de l’Association».

Diplomatie : le Tchad et le Qatar se réconcilient

Une délégation qatarie effectue actuellement un séjour à N’Djamena afin de renforcer la coopération entre les deux pays.

 

Une délégation du Qatar séjourne depuis trois jours dans la capitale tchadienne pour renforcer et diversifier les domaines de coopération avec le Tchad, a-t-on appris jeudi des sources gouvernementales tchadiennes.

Au cours de cette visite qui s’est achevée jeudi, la délégation conduite par le directeur de la Coopération internationale au ministère des Affaires étrangères du Qatar, Tarik Ali Al-Ansari, a eu plusieurs séances de travail avec des membres du gouvernement et dirigeants de certaines institutions du Tchad, entre autres l’Agence nationale des investissements et des exportations, ainsi qu’avec des hommes d’affaires.

« Le Tchad est riche en ressources énergétiques et le Qatar compte investir dans ce secteur. De même, le Qatar est disposé à apporter son appui dans la formation des cadres tchadiens », a déclaré le diplomat quatari. Outre l’énergie et la formation, les secteurs prioritaires visés pour un « partenariat bénéfique pour les deux Etats », sont l’agriculture, l’élevage, les industries et le transport aérien.

« Les investissements qataris sont les bienvenus », s’est félicité le ministre tchadien des Mines, du Développement industriel, commercial et de la Promotion du secteur privé, Youssouf Abassalah.

Le 23 août 2017, le Tchad a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar pour son « implication continue dans les tentatives de déstabilisation de son territoire depuis la Libye ». N’Djaména accusait Doha de soutenir la rébellion menée par l’opposant Timan Erdimi, leader de l’Union des Forces Républicaines (UFR) installé dans la capitale qatarie depuis fin 2009.

Le 20 février 2018, après de fortes tensions, les deux pays ont officiellement renoué leur coopération. N’Djaména et Doha ont affiché clairement cette semaine leur volonté commune d’œuvrer de concert pour la renforcer.

Tchad : Baba Laddé transféré à N’Djamena pour être soigné et jugé

C’est qu’a annoncé le ministre tchadien de de la justice hier 16 aout lors d’une sortie médiatique.

 

L’ex-chef rebelle tchadien Abdelkader Baba Laddé, emprisonné depuis 2015 dans son pays, sera bientôt jugé, a indiqué le ministre de la Justice, indiquant qu’il serait transféré d’une prison du centre vers N’Djamena pour son jugement et des soins.

« Des dispositions sont déjà prises pour son évacuation sur N’Djamena pour des soins, et dans le même temps, son dossier est prêt pour un jugement », a indiqué jeudi à  le ministre de la Justice Djimet Arabi.

L’inquiétude était grandissante à propos de son état de santé, après son transfert d’une prison du nord du pays à une autre, à 300km de N’Djamena, selon le représentant tchadien de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Dobiang Assingar.

« Baba Laddé est très malade et vomit du sang dans son lieu de détention, à la maison d’arrêt de Moussoro », dans le centre-ouest du Tchad, a indiqué M. Assingar, qualifiant son état de santé de « critique ».

Entré en rébellion au Darfour en 1998, Baba Laddé – « père de la brousse » en peul – arrive en Centrafrique en 2008 où il disait vouloir « libérer les peuls », des éleveurs de bétail transhumants.

A l’époque, Baba Laddé était épaulé en Centrafrique par Ali Darassa, désormais chef d’un des principaux groupes armés qui sévissent dans les provinces centrafricaines, le groupe Union pour la paix en Centrafrique (UPC).

Revenu au Tchad en 2013 comme conseiller du Premier ministre, il s’exile à nouveau puis devient préfet du département de Grande Sido (sud) en 2014 avant d’être démis de ses fonctions et de se réfugier en Centrafrique.

Arrêté en décembre 2014 par les Casques bleus de la Minusca en Centrafrique, Baba Laddé a été extradé vers le Tchad en janvier 2015 et inculpé de dix chefs d’accusation dont détention illégale d’armes, association de malfaiteurs, incendie volontaire et viols.

 

 

Tchad: le CCSMR détiendrait trois éléments de l’armée

Le groupe rebelle qui a perpétré une attaque dans le Kouru Bougri en fin de semaine dernière propose un échange de ses trois militaires contre trois de ses soldats détenus par le gouvernement.

 

Au Tchad, l’attaque du 11 août qui a visé une petite base militaire à Kouru Bougri dans le désert montagneux de Tibesti à l’extrême nord du pays, a fait plusieurs morts dans les rangs de l’armée tchadienne dont un colonel, mais l’armée est resté silencieuse et n’a communiqué aucun bilan sur les victimes suite à cette attaque. Le CCSMR, le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République qui revendique l’attaque, affirme qu’il détient plusieurs prisonniers de l’armée dont trois officiers et qu’il est prêt à les échanger contre trois de ses dirigeants prisonniers à Ndjamena.

Les images qui circulent depuis le 12 août montrent des rebelles qui se regroupent et encerclent un ensemble de soldats portant l’uniforme de l’armée tchadienne. Certains sont légèrement blessés. Ils sont embarqués dans une camionnette cernée par les rebelles.

Le Conseil du commandement pour le salut de la République affirme qu’il détient en captivité plusieurs soldats tchadiens dont trois officiers, le lieutenant-colonel Youssef Haliki, le Colonel Haroun Abderrahmane, et le capitaine Gakoutoi Bernard. Aujourd’hui, Kingabé Ogouzeïmi de Tapol, le secrétaire général du CCSMR, se dit prêt à échanger ces soldats contre ses collègues, trois dirigeants du mouvement arrêtés il y a quelques mois alors qu’ils étaient au Niger.

« Nous avons trois de nos camarades qui sont portés disparus, sur le territoire de Niger, il y a bientôt une année maintenant. Quant à la libération des prisonniers que nous avons, et bien nous exigeons que nos trois camarades soient libérés, immédiatement, sans condition, sains et saufs. Nous pourrions alors envisager l’éventualité de remettre les prisonniers qui sont en notre possession, à la Croix-Rouge internationale ou au Croissant-Rouge, pour qu’ils regagnent leurs familles », a déclaré Kingabé Ogouzeïmi de Tapol.

L’Etat tchadien garde le silence sur le bilan de l’attaque du 11 août et n’a toujours pas communiqué le bilan des victimes. Mais le procureur tchadien a ouvert une information judiciaire contre X et le directeur des renseignements militaires a été démis de ses fonctions. Les autorités assurent que cela n’a rien à voir avec l’attaque.

Tchad: Abdelkader Baba Laddé est malade

L’ex-rebelle est dans un état de santé inquiétant depuis quelques semaines déjà. Il est actuellement en détention à la prison de Koro Toro.

 

Au Tchad, l’inquiétude monte au sujet de la santé de l’ancien rebelle, Abdelkader Baba Laddé. Emprisonné depuis trois ans suite à des poursuites pour plusieurs chefs d’accusation tels que détention illégale d’armes de guerre, rébellion, association de malfaiteurs, incendie volontaire et viol, le chef militaire ne parvient pas à rentrer dans la capitale pour se soigner.

Livré à la justice tchadienne le 2 janvier 2015 par la Centrafrique où il s’est réfugié après avoir échappé à une tentative d’arrestation des forces tchadiennes, Abdelkader Baba Laddé a été interné à Ndjamena, la capitale, puis transféré au bagne de Koro Toro, en plein désert.

Malade depuis plusieurs semaines, il a été déplacé à Moussoro, la ville la plus proche de la prison, où le médecin qu’il l’a examiné a sollicité des examens supplémentaires.

 

Maintien en détention

Dans une lettre au garde des Sceaux, le représentant de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), Dobian Assingar, s’inquiète de l’état de santé du prisonnier et s’interroge sur les raisons de son maintien en détention alors qu’une ordonnance du chef de l’Etat a amnistié tous les rebelles à l’occasion de la proclamation de la IVe République au mois de mai 2018.

De source judiciaire, l’administration pénitentiaire s’active à transférer l’ancien chef rebelle à un endroit où il pourra bénéficier des soins. La même source précise cependant que Baba Laddé ne peut bénéficier de l’amnistie du chef de l’Etat parce que certains chefs d’accusation pour lesquels il est poursuivi ne figurent pas dans l’ordonnance d’amnistie. Ce sera donc à la cour criminelle devant laquelle il comparaîtra de décider de son sort.

Législatives au Tchad : le PACET plaide pour une autre prorogation

Le Comité de pilotage du Projet d’appui au cycle électoral au Tchad (PACET) s’est réuni le 13 août 2018 à N’Djamena.

 

Mis en place en 2016, le PACET n’a été opérationnel qu’après les élections présidentielles d’avril 2016. L’objectif de la réunion est la mobilisation autour des prochaines élections législatives et municipales. Compte tenu du retard accusé pour sa mise en œuvre, le PACET a connu une prorogation jusqu’au 30 juin 2018. Dans la perspective des élections législatives et municipales prochaines, les membres du comité de pilotage se réunis afin de proposer une prorogation du PACET jusqu’au 30/09/2018.

Ce qui permettra de réfléchir à un autre projet qui prendra sa relève, « avec l’espoir que l’opérationnalisation de ce nouveau projet permettra d’atteindre effectivement les objectifs qui lui sont assignés », selon le ministre de l’Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale, Ahmat Mahamat Bachir. Il faut le préciser, l’un des objectifs principaux du PACET est un appui conséquent pour l’organisation des élections législatives et communales.

La directrice pays du PNUD au Tchad, Carol Flore Smerzmak a tenu à rappeler le rôle du comité de pilotage : « le comité de pilotage définit les grandes orientations du projet élections et assure la coordination des partenaires extérieurs à travers le Basket Fun ou d’autres mécanismes de financement équivalents, gérés par le PNUD ». Selon elle,  même s’il n’y a pas eu de Basket Fun dans le cadre du PACET, pour le PNUD, les exigences d’information, de transparence et de redevabilité demeurent les mêmes.

Le Tchad s’apprête à organiser les élections législatives avant la fin de cette année. Ces élections qui devraient avoir lieu depuis 2015 devraient permettre de renouveler l’Assemblée nationale en exercice. Pour organiser ce scrutin, le président de la République a demandé l’appui des partenaires techniques et financiers. La réunion du comité de pilotage du PACET s’inscrit donc dans ce contexte général de préparation des prochaines élections et d’appel aux concours des partenaires par les plus hautes autorités du pays.

Tchad : l’Ordre des médecins rencontre le ministre de l’Enseignement supérieur

Il a été question pour les médecins durant cette réunion de soumettre au membre du gouvernement leurs doléances.

 

C’est une audience de prise de contact qui a permis à l’Ordre des Médecins de remettre officiellement les recommandations et résolutions issues de leur dernier congrès au chef du Département de l’Enseignement Supérieur, Dr Houdeingar David Ngarimaden. Selon le communiqué de presse à cet effet, la rencontre a permis également d’échanger sur la formation des étudiants en médecine.

« Parlant au nom de son équipe, le président de l’Ordre National des Médecins du Tchad, Dr Mbaïnguinam Dionadji a sollicité la collaboration, la consultation mais surtout l’implication de son organisation aux côtés du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dans certaines activités liées à la formation », indique le communiqué de presse, signé ce 14 août.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Houdeingar David Ngarimaden, a lors de cette audience remercié l’Ordre National des Médecins du Tchad et salué son initiative tout en encourageant les médecins à mettre au centre de leurs activités la formation de qualité des futurs médecins tant du côté des  établissements publics que privés.

 

Tchad : la deuxième session du baccalauréat prévue pour les 17 et 18 août

Le président du jury, Dr Djikoloum Benjamin en a fait l’annonce hier 14 août 2018. Les candidats composeront une épreuve par jour.

 

Les 19.590 candidats admissibles du vendredi 17 et du samedi 18 août. Selon le président de jury Dr Djikoloum Benjamin, contrairement à la 1ère session, les candidats admissibles auront moins des matières à composer. «Les candidats de la série A4, composeront le français et les mathématique le vendredi puis l’histoire-géographie le samedi. Ceux de la série C, les mathématiques, l’histoire géographie le vendredi et les sciences physiques le samedi. Pour la série D, les candidats vont composer les mathématiques et l’histoire-géographie le vendredi et la science de la vie et de la terre(Svt) le samedi. En série E, il y aura au 1er jour les mathématiques et la technologie et le français au 2ème jour. La série G1, administration et économie ou entreprise le vendredi et français le samedi. La série G2, les mathématiques et l’économie ou l’entreprise le vendredi et la comptabilité et le droit commercial. Enfin, en série G3, les mathématiques et l’économie ou entreprise le 1er jour et la technique commerciale et droit commercial le second», précise-t-il.

Par ailleurs, les candidats de la série AB, français ou Arabe, auront à composer les mathématiques le 1er jour et l’histoire-géographie le 2ème jour. «Les candidats de la série A arabe composeront l’arabe ou la philosophie et les mathématiques le vendredi et l’histoire-géographie le samedi. En série C arabe, il y aura les mathématiques et l’histoire géographie le vendredi et la science physique le samedi. La série D arabe, les mathématiques et histoire géographie le vendredi et le samedi la biologie. La série G1 arabe, l’administration et l’économie ou l’entreprise le vendredi et l’arabe ou le droit commercial le samedi. La série G2 arabe, les mathématiques et l’économie ou l’entreprise le vendredi et la comptabilité et le droit commercial le samedi», ajoute le président de jury qui explique t-il que 28 centres sont retenus pour cette seconde série.

A N’Djaména, il y aura le centre de Farcha, de Walia, de Goudji, d’Amtoukoui, du Lycée de la liberté, du collège Evangélique, de l’école des Assemblées chrétienne, le lycée Ibnousina et celui de Gassi. Le président du jury appelle les candidats à conserver leurs numéros. « Nous demandons aux candidats de conserver leurs numéros de la première session, mêmes ceux qui sont regroupés dans un centre unique et de se munir obligatoirement de leurs carte biométriques », complète-t-il, puis il les invite à éviter la fraude. «Il sera dommageable de frauder à la deuxième session et de se voir disqualifier», conclut-il.

Tchad: la zone aurifère de Miski évacuée

C’est suite à une attaque de rebelle dont le pays a été la cible le weekend dernier. Les orpailleurs du Tibesti avaient d’ailleurs déjà été appelés à déguerpir.

Le ministre tchadien de l’Administration et de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bâchir a ordonné aux orpailleurs occupant les sites miniers de la région septentrionale du Borkou, frontalière avec la Libye, de quitter immédiatement les lieux, a-t-on appris mardi dans une déclaration.

« Nous ordonnons à tous les orpailleurs de Miski, département de Yebibou, région du Borkou de quitter les lieux dans un délai de rigueur à compter du 14 août 2018. Passé ce délai, les forces de défense et de sécurité sont instruites à l’effet d’évacuer par force toute personne se trouvant dans ladite zone », a précisé M. Bâchir, affirmant attacher « du prix au respect de ces ordres qui ne sauront souffrir d’aucun manquement ».

Dimanche, le ministre tchadien de la Sécurité publique a déjà ordonné l’évacuation d’une autre zone aurifère: Kouri Bougoudi dans la région voisine du Tibesti.

C’est à Kouri Bougoudi que deux postes avancés de l’armée tchadienne avaient été attaqués samedi par des forces du Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR). Ces rebelles tchadiens hostiles au régime du président Idriss Déby, en provenance de la Libye, ont affirmé avoir infligé plusieurs morts et détruit du matériel militaire de l’armée tchadienne. L’état-major général des armées tchadiennes, de son côté, a affirmé que « l’ennemi a été repoussé et la poursuite continue », sans fournir de bilan.

Avec cette double sortie médiatique du ministre de la Sécurité publique, N’Djaména semble décidée à en finir avec ce groupe rebelle qui a frappé sur son sol pour la première fois depuis 2009.

Tchad : les recettes du pays passées au peigne fin

C’était au cours d’une réunion entre le Président de la République et les membres du gouvernement concernés par les finances du pays.

 

La rencontre a permis d’évaluer toutes les recettes par département et d’apporter des correctifs pour mieux les rentabiliser, selon la Présidence. Des orientations précises ont été données pour mieux contrôler les différents circuits de recettes.

Selon le ministre des Finances et du Budget, Issa Mahamat Abdelmahmoud, la TVA est mal collectée. « Nous avons évalué les recettes administratives, fiscales, douanières et domaniales. On a passé en revue toutes les recettes par département, les causes de baisse des recettes et nous avons discuté pour apporter des correctifs et des éléments d’amélioration. C’est un élan très positif et c’est dans la dynamique de la 4ème république, c’est-à-dire, d’être regardant, de travailler plus, d’apporter plus. Grâce aux orientations et aux conseils du Chef de l’Etat, on avance et on innove aussi », a expliqué Issa Mahamat Abdelmahmoud.

« La remarque nous a été faite par le chef de l’Etat et elle est juste. Par exemple, au Tchad, on peut faire ses achats dans une boutique mais on constate qu’il n’y a pas de caisses enregistreuses. On échange juste l’argent et le produit. C’est comme le troc. Il n’y a pas de facture ni reçu. On a des difficultés pour collecter les TVA et les recettes fiscales dans cette condition. Et grâce à cette dynamique, nous sommes entrains de mettre en place des textes. Nous allons retrouver avec le patronat, les commerçants, les syndicats pour réfléchir mettre en place le mécanisme permettant de collecter avec rationalité les recettes de l’Etat », a ajouté le ministre des Finances et du Budget, à la sortie de la rencontre au Palais présidentiel.

Pèlerinage : Un faux diplomate tchadien escroque 224 Algériens

Le faux diplomate avait ouvert un compte bancaire dans lequel ces candidats au Hadj lui ont transféré d’importantes sommes d’argent.

 

Un faux diplomate tchadien s’est présenté à l’agence de tourisme et de voyage Medna, basée à Ghardaïa, en Algérie, et a proposé un partenariat consistant à trouver 224 pèlerins désirant se rendre à la Mecque et à compenser une partie de leurs frais par ceux des ressortissants tchadiens résidant en Algérie et n’ayant pas assez de moyens financiers pour se rendre aux Lieux Saints, relate la chaîne Alger 24.

Afin de mieux convaincre ses victimes, l’arnaqueur leur a assuré qu’il bénéficiait de relations étroites avec l’ambassadeur d’Arabie saoudite en Algérie et avec de nombreuses personnalités algériennes, pouvant garantir leur déplacement en toute légalité. En échange, les pèlerins potentiels devaient lui transférer sur compte bancaire d’importantes sommes d’argent.

Une fois qu’il a obtenu l’argent demandé, l’escroc a quitté le pays et est retourné au Tchad, laissant derrière lui ses quatre femmes algériennes, dont une journaliste d’un journal local.

L’agence Medna, dont les clients ont été dupés, a porté plainte auprès du ministère des Affaires étrangères et de l’ambassade du Tchad en Algérie. Or, il s’est révélé que l’homme n’était pas diplomate, si bien que les autorités tchadiennes ont lancé un mandat d’arrêt à son encontre.

L’arnaqueur a été interpellé dans un aéroport tchadien où il tentait de rejoindre un avion partant pour l’Arabie saoudite.

Tchad : les résultats de bac sont connus !

Selon le président de jury de la session juillet 2018 de l’examen 17 564 ont été déclarés admis d’office et 19 590 sont admissibles.

 

Le président du jury du baccalauréat 2018 Dr Djikoloum Benjamin a fait un point de presse ce dimanche 12 août 2018 à l’Office national des examens et concours du supérieur (Onecs) pour annoncer les résultats du baccalauréat session de juillet 2018.

Selon le président du jury Dr Djilokoloum Benjamin, sur un total de 79 631 candidats  ayant composé les épreuves de la première série du baccalauréat session de juillet 2018, toutes séries confondues, 17 564 déclarés admis d’office, ce qui donne un pourcentage de 22,06% et 19 590 ont été déclarés admissibles soit un taux de 24,60%. « Dans tous les cas on note une légère progression par rapport à l’année 2017 du nombre d’admis soit 0,66% », relève Dr Djikoloum Benjamin.

« Les résultats peuvent être consultés via un système de messagerie auprès des opérateurs de téléphonie mobile, airtel et tigo. Toutefois, pour les différents centres de N’Djamena, ces résultats feront l’objet d’un affichage dans les différents établissements publics. Les résultats sont également disponibles sur le site de l’Oncs (www.onecs.org )», informe le président du jury.

Pour les admissibles, la date de déroulement des épreuves de la seconde série d’épreuves leur sera communiqué ultérieurement ainsi que la liste des centres retenu.

Tchad : les orpailleurs priés de quitter le Tibesti

 

Une rébellion naissante a attaqué une position de l’armée tchadienne dans le Tibesti. Ndjamena accuse ces orpailleurs d’être des complices d’une rébellion naissante.

Cette rébellion appelée Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République a attaqué une position militaire tchadienne dans le Tibesti.

L’information a été confirmée par l’état-major qui signale que des poursuites ont été engagées.

Dimanche dans un communiqué, le ministre de l’administration du territoire Ahmat Mahamat Bachir, a donné 24 heures à compter du 12 août aux orpailleurs opérant dans le Tibesti de quitter la zone.

Passé ce délai instruction a été donnée aux forces de défense de les évacuer par la force ajoute le ministre.

La dernière attaque rebelle au Tchad qui a secoué le régime du président Idriss Deby remonte à février 2008.

Tchad : le budget pour les législatives pas encore disponible

Lors de d’un entretien, le Président Idriss Deby a affirmé que la tenue des élections législatives est retardé par un manque d’argent.

 

L’incertitude plane encore sur la date des élections législatives au Tchad, déjà reportées à plusieurs reprises, faute de budget pour les organiser. Mais cette fois il semble que le dénouement soit proche, à en croire le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno. Il a affirmé qu’il tient des promesses fermes de la part des partenaires financiers.

Déby Itno ne s’en cachait pas, depuis des mois : Il n’y a pas assez de sous dans les caisses pour financer le scrutin législatif. “Si aujourd’hui, je vous dis que nous pouvons organiser les élections législatives, je ne vous aurais pas dit la vérité”, a-t-il lâché récemment.

70 milliards de francs (un peu plus de 106 millions d’euros), c’est ce qu’il faut pour ce rendez-vous, avait-il indiqué dans l’’entretien diffusé vendredi. Il est vrai que les temps sont durs, depuis que les recettes du pétrole, dont viennent presque tous les revenus de l’Etat, ont fondu.

Ces élections étaient censées se tenir en juin 2015, elles avaient été différées à février 2017 puis à 2019. Mais avec les engagements des bailleurs, et une petite contribution locale, tout de même, le président pense pouvoir les convoquer en novembre 2018. Le Cadre national de dialogue politique (CNDP), organe regroupant la majorité, l’opposition et la société civile et chapeautant l’organisation des élections, a d’ailleurs été mobilisée dans ce sens.

Tchad : des rebelles ont attaqués la ville de Kouri Bougri

L’attaque a eu lieu ce weekend dans la localité située près de la frontière avec la Libye.

 

Près de la frontière entre le Tchad et la Libye, la ville de Kouri Bougri a été attaquée samedi 11 août par des rebelles. Les autorités affirment maîtriser la situation. L’état-major des armées n’a en revanche pas fourni de bilan de cette opération. C’est la première fois depuis 2009 que le pays fait face à l’attaque d’une rébellion sur son sol.

Face caméra, un rebelle en tenue civile lit un communiqué du groupe armé Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR) : « vers 2h23 du matin, nos forces ont attaqué Kouri Bougri et mis en déroute l’armée. […] Cette ville martyre est la première ville libérée », souligne Kingabé Ogouzeïmi de Tapol, le secrétaire général de ce groupe rebelle créé en 2016 et établi en Libye.

« Trois colonnes de combattants sont parties de la Libye », explique-t-il. « Notre but est de mettre fin à la crise économique, ainsi qu’à la dictature », justifie cet ancien ministre, en exil en Europe depuis le début des années 1990.

L’armée assure avoir « repoussé » les rebelles

Les rebelles affirment donc avoir investi Kouri Bougri, bourgade située dans la région désertique et montagneuse du Tibesti. Ils assurent avoir fait au passage plusieurs prisonniers parmi les soldats.

L’Etat-major des armées indique dans un communiqué que « l’ennemi a été repoussé et la poursuite continue ». « L’armée a été attaquée par des bandits de grand chemin », minimise une source sécuritaire, qui estime avoir à faire, à des « coupeurs de route » et à des « trafiquants de drogue ».

 

 

Formule de prestation de serment : Idriss Deby se veut rassurant

A l’occasion de la 58e célébration de l‘indépendance du Tchad, le Président a répondu aux questions des journalistes, notamment sur les divergences autour de formule de prestation de serment.

 

Le Tchad célébrait, samedi 11 août, le 58e anniversaire de son accession à l’indépendance. À cette occasion, le chef de l’État, Idriss Déby Itno a donné une conférence de presse au cours de laquelle plusieurs sujets ont été abordés, notamment celle du serment confessionnel imposé aux hauts fonctionnaires.

Beaucoup de voix se sont élevées notamment au sein de la communauté chrétienne pour dénoncer cette décision qui est contraire au caractère laïc de l’Etat du Tchad et qui exclut les chrétiens qui refusent de jurer. A cela, le président tchadien répond que c’est la volonté du plus grand nombre.

« Je n’ai absolument rien inventé. C’est la volonté du peuple », telle est la réponse du président tchadien à la critique contre l’installation du serment confessionnel par la nouvelle Constitution.

Selon l’ordonnance qui instaure ce serment, les membres du gouvernement, les hauts fonctionnaires, les trésoriers et même les recteurs d’université sont soumis à cet exercice qui a pour objectif d’empêcher les détournements et la corruption qui gangrènent la fonction publique.

Il y a deux semaines, des théologiens protestants ont indiqué, au cours d’une conférence-débat, que le procédé est contraire au caractère laïc de l’Etat tchadien et qu’il exclut, de fait, les chrétiens des hautes responsabilités, comme ce fut le cas de la ministre Djibergui Rosine Amane, limogée pour avoir refusé de jurer, comme l’exige les textes.

« Ce ne sont pas tous les Tchadiens qui sont concernés, juste ceux qui sont appelés à de hautes responsabilités et, en tant que premier responsable du pays, je me dois d’appliquer la décision de la majorité », a conclu Idriss Déby.

Situation sociale tendue

Le président de la République a par ailleurs déploré l’attitude des travailleurs qui maintiennent le mot d’ordre de grève et a tenu à leur rappeler certains faits.

« Depuis 2003, les fonctionnaires ont forcé le gouvernement à augmenter les salaires de 5, 10, 15 %. On a crevé le plafond en augmentant, en augmentant et, parallèlement, nous avons recruté 58 000 jeunes à la fonction publique », a précisé le chef de l’Etat tchadien.

Aujourd’hui, avec la baisse des cours du brut, l’Etat ne peut plus payer les mêmes salaires. C’est pourquoi le chef de l’Etat demande aux travailleurs de reprendre le travail en attendant une embellie et surtout de penser aux autres Tchadiens.

« Les fonctionnaires aujourd’hui ne représentent que 0,6  % de la population. Pendant ce temps, le reste des Tchadiens attendent de l’eau, attendent d’envoyer leurs enfants à l’école. On ne va pas sacrifier le reste des Tchadiens pour 0,6 %. C’est injuste », a tenu à souligner Idriss Déby avant d’ajouter que « si les mouvements d’humeur étaient la solution, cela fait longtemps que le bras de fer entre les travailleurs et le gouvernement aurait été résolu », a insisté le président Idriss Déby qui a demandé aux syndicats de reprendre le travail, en attendant des jours meilleurs.

Tchad : un nouveau statut juridique de l’opposition adopté

Le projet d’ordonnance a été validé au cours du conseil de ministre qui s’est tenu hier 09 aout 2018 au Palais présidentielle.

 

Le gouvernement tchadien a adopté, en conseil des ministres, le projet d’ordonnance portant statut de l’opposition démocratique au Tchad, a annoncé jeudi soir sa porte-parole, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, sur la radiotélévision publique.

« Ce texte traduit, selon le gouvernement, le souci de créer les conditions favorables à l’instauration d’une véritable culture démocratique », a affirmé Mme Naïmbaye.

L’opposition politique au Tchad a un statut juridique fixé par une loi du 4 août 2009. Le chef de l’opposition politique est le président du parti d’opposition qui dispose du plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale, selon cette loi.

C’est en vertu de cette loi que l’opposant Saleh Kebzabo dont le parti était arrivé second lors des dernières élections législatives, assure ces fonctions.

La nouvelle ordonnance « vise à organiser l’opposition démocratique pour lui permettre de jouer pleinement son rôle en vue de promouvoir la concertation directe dans le cadre du dialogue politique sur des questions d’intérêt national et de préserver l’intérêt supérieur de la Nation », a précisé la porte-parole.

Tchad: la coupure du réseau inquiète Internet sans frontières

Afin de mieux travailler sur la lutte pour la levée des coupures du réseau, l’ONG a décidé de mettre sur pied un bureau au Tchad depuis hier 09 aout.

 

Internet sans frontières a annoncé la mise en place d’une équipe de dix membres au Tchad, ce jeudi 9 août. Ce 9 août marquait le lancement officiel des activités du bureau local de l’ONG. Il y a quelques mois, Internet sans frontières a mis en demeure l’Etat devant le tribunal de grande instance tchadien, pour avoir coupé internet depuis le mois de mars dernier. Cela fait cinq mois que les Tchadiens doivent user de moyens détournés pour avoir accès aux réseaux sociaux. L’ONG lutte pour faire lever la censure.

« Tous les internautes sont obligés de passer par des applications telles que VPN et autres, alors que ces applications coûtent extrêmement cher. Nous avons fait des recommandations, des communiqués de presse, pour interpeller le gouvernement afin de lever la censure, mais rien n’a été fait jusque-là », constate Blaise Noubarassem, le représentant d’Internet sans frontières au Tchad.

« C’est pourquoi le 2 avril, nous avons diffusé un rapport pour envoyer à la Commission des droits de l’homme des Nations unies. Ce rapport sera donc examiné lors de l’examen périodique universel qui est prévu à Genève en novembre. Nous avons également contacté quelques avocats au barreau du Tchad pour porter plainte contre ces compagnies de téléphonie mobile.

Le droit à la liberté d’expression, sous quelle forme que ce soit, est garanti par la Constitution de la République du Tchad et le Tchad a ratifié des conventions internationales en matière de liberté d’expression. Donc, il n’y a pas de raison qu’un Etat puisse empêcher toute une population d’accéder aux réseaux sociaux », explique-t-il.

 

 

Education : pour Amnesty « les mesures d’austérité anéantissent les rêves des étudiants au Tchad »

L’ONG spécialisée dans les droits de l’Homme vient de publier un article dans lequel, elle relève l’impact de l’arrêt de l’octroi des bourses aux étudiants sur leur quotidien. En voici la teneur.

 

Avec les soins de santé, l’éducation est l’une des grandes victimes des coupes budgétaires draconiennes au Tchad. Près d’un tiers des étudiants de l’enseignement supérieur est touché par la suppression des bourses mensuelles par le gouvernement. Les conséquences sont catastrophiques pour les étudiants issus de milieux marginalisés, vivant dans des zones rurales ou venant de familles pauvres.

Alors que le souffle du vent venait teinter le paysage de nuances orangées crépusculaires, nous nous sommes installées sous un margousier d’un quartier pauvre de la périphérie de N’Djamena, la capitale tchadienne, pour y rencontrer un groupe d’étudiants.

Il devait être 17 h 30. Ma collègue et moi-même étions en pleine mission sur le terrain. Nous enquêtions sur les conséquences dévastatrices des mesures d’austérité imposées par le gouvernement à la population et nous tenions à entendre l’avis de quelques-uns des nombreux étudiants en plein doute après avoir été promis à un avenir radieux.

Seize étudiants de l’université publique, qui venaient de diverses parties du pays, étaient présents pour débattre et nous expliquer les difficultés financières auxquelles ils étaient confrontés depuis la décision du gouvernement, en août 2016, de supprimer la bourse mensuelle de 28 000 francs CFA (53 dollars des États-Unis) pour tous les étudiants, sauf les étudiants en médecine, ceux qui suivaient une formation professionnelle et ceux qui étudiaient à l’étranger.

Après une introduction sur les objectifs de cette réunion, l’un des étudiants s’est levé et a tout de suite donné le ton :

« Ces décisions sont injustes et en contradiction avec les déclarations des autorités selon lesquelles l’éducation serait une priorité absolue […]. Ils ne nous ont pas consultés », a-t-il affirmé.

« Ils ont dit qu’ils allaient réinvestir l’argent économisé (grâce à la suppression des bourses) pour améliorer nos conditions d’études, par l’intermédiaire du centre d’aide sociale aux étudiants de l’université… Rien n’a été fait. Nous étudions dans des conditions très difficiles. Vous êtes allées à l’université de Toukra ? Nous n’avons pas d’électricité depuis plus d’un an maintenant et nous manquons d’eau sur le campus […]. Quand nous avons protesté contre cette décision, nous avons été frappés, arrêtés et certains d’entre nous ont été placés en détention. »

Les uns après les autres, les étudiants ont pris la parole. Nous avons écouté leur déception, et parfois leur colère, face aux mesures d’austérité qui ont déclenché de nombreuses manifestations ces deux dernières années. Même le vent s’est calmé, comme s’il voulait lui aussi entendre leurs témoignages.

De nombreuses bourses supprimées

Avec les soins de santé, l’éducation est l’une des grandes victimes des coupes budgétaires draconiennes. Près du tiers des étudiants de l’enseignement supérieur du Tchad a été touché par la suppression des bourses mensuelles décidée par le gouvernement. Les conséquences sont particulièrement catastrophiques pour les étudiants issus de milieux marginalisés, par exemple ceux qui vivent dans des zones rurales ou viennent de familles pauvres.

La plupart des étudiants avec lesquels nous nous sommes entretenues sous le margousier viennent de zones rurales et utilisaient leur bourse pour payer leur loyer, leur nourriture, leurs frais de transport jusqu’à l’université et d’autres factures. Avec la suppression de ces aides, de nombreux étudiants se retrouvent désormais dans une situation désastreuse.

« J’ai six mois de loyer en retard et je ne sais pas où demander de l’aide », a expliqué Bachir, un orphelin dont la famille vit dans un village.

« Avant, j’utilisais ma bourse – même lorsque je la recevais en retard – pour payer mon loyer et pour d’autres besoins. Maintenant, elle n’existe plus. Depuis qu’elle a été supprimée par les autorités, je ne sais pas quoi faire. »

Les emplois sont rares au Tchad

Parmi les étudiants, les plus chanceux ont trouvé des emplois d’agent de sécurité, de vendeur de cartes de téléphonie mobile ou de chauffeur de moto-taxi. Mais ils ont ensuite du mal à concilier travail et études, et ils sont trop souvent contraints de manquer des cours pour gagner un peu plus d’argent et arriver à joindre les deux bouts.

Des responsables du ministère de l’Enseignement supérieur nous ont indiqué qu’ils prévoyaient de rétablir les bourses pour les étudiants défavorisés et d’augmenter le budget du centre d’aide sociale aux étudiants afin d’améliorer les conditions d’études, mais ils ont reconnu que rien de tout cela n’avait été fait et ils n’ont pas pu confirmer les dates de mise en œuvre de ces projets.

Toujours plus de pauvreté et des frais d’inscription toujours plus élevés

En octobre 2017, les autorités ont pris une décision qui a rendu la vie des étudiants encore plus difficile en multipliant par deux les frais d’inscription dans les universités publiques – sauf pour les étudiants en médecine et pour ceux qui suivent des cursus professionnels. Désormais, les nouveaux étudiants doivent débourser 50 000 francs CFA (94 dollars) pour s’inscrire. De nouveaux frais de réinscription, d’un montant de 28 000 francs CFA (53 dollars), ont été introduits pour les étudiants qui poursuivent leurs études. Auparavant, ces frais étaient subventionnés par le gouvernement.

Face à ces coûts plus élevés, les étudiants ont encore plus de difficultés à payer leurs études et leurs factures. La plupart des 16 étudiants que nous avons rencontrés nous ont confié qu’ils craignaient de ne pas pouvoir poursuivre leurs études.

Ils étaient particulièrement inquiets pour leurs amis venant de zones rurales et appartenant à des classes sociales plus pauvres, car cette nouvelle mesure allait empêcher certaines personnes d’entamer un parcours universitaire, les privant d’un avenir meilleur.

Violence et prison en réponse à des manifestations pacifiques

Pour protester contre les répercussions négatives des mesures d’austérité du gouvernement sur leur vie et sur leurs espoirs de réussite universitaire, de nombreux étudiants sont descendus dans la rue afin de manifester pacifiquement. À plusieurs reprises, ils ont été la cible de violences policières et ont été frappés, arrêtés et, parfois, emprisonnés. Trois d’entre eux et un lycéen de 21 ans qui s’est joint à notre discussion plus tard ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison après avoir participé à des manifestations contre les conséquences des mesures d’austérité sur l’éducation.

De janvier à mars 2018, Amnesty International a recensé au moins 150 arrestations pour « participation à une manifestation non autorisée » et « trouble à l’ordre public ». La majorité des personnes arrêtées étaient des étudiants et au moins 42 d’entre eux ont été condamnés à des peines d’un à quatre mois d’emprisonnement.

 

Une autre voie est possible

Au lieu de recourir à des mesures qui, dans les domaines de l’éducation comme de la santé, frappent tout particulièrement les plus pauvres, le gouvernement tchadien devrait rechercher d’autres moyens d’équilibrer son budget. En éliminant les possibilités d’évasion fiscale et en s’attaquant à la corruption, il aurait pu s’employer à réduire son déficit de manière non seulement plus juste, mais aussi plus efficace. D’après le FMI, le Tchad a perdu 1 090 millions de dollars à cause de l’évasion fiscale en 2013. Ce montant représente près du double des dépenses totales du pays en matière d’éducation et de santé au cours de la même année, qui s’élevaient à 555 millions de dollars avant l’application des coupes budgétaires.

Tenir ses promesses et respecter ses obligations légales

Je ne peux m’empêcher de songer aux mots prononcés par le président Idriss Deby Itno pendant la conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation, qui s’est tenue à Dakar en février 2018. À propos de la pauvreté, du sous-développement, du conflit et du terrorisme, il a déclaré : « Le seul moyen le plus sûr pour combattre ces fléaux de façon durable est d’assurer à tous les enfants, y compris les plus marginalisés, une bonne éducation. »

Lors du même sommet, il a également annoncé que le gouvernement était résolu et déterminé à augmenter la part du budget national alloué à l’éducation pour atteindre 20 % du budget national d’ici à 2020.

À la nuit tombée, nous avons quitté le groupe d’étudiants après quelques mots d’encouragements. Sur le chemin de l’hôtel, nous sommes restées silencieuses, ma collègue et moi. Une question me restait à l’esprit : les engagements pris par le président Idriss Deby Itno lors de la conférence de financement 2018 du Partenariat mondial pour l’éducation deviendront-ils un jour réalité pour tous les étudiants tchadiens qui aspirent à une éducation accessible et de qualité, ainsi qu’à un avenir meilleur ?

Ce sont les autorités qui ont la responsabilité d’améliorer les perspectives de tous les jeunes du pays.

Pour commencer, elles doivent évaluer les répercussions des mesures d’austérité sur les droits des Tchadiens en matière d’accès à l’éducation et à d’autres secteurs, comme la santé et les services sociaux. Cette évaluation permettrait d’orienter la nouvelle réforme législative et politique qui s’impose afin de faire en sorte que le Tchad respecte ses obligations légales en garantissant à chacun la possibilité d’exercer ses droits économiques et sociaux.