Tchad : MSF licencie 18 employés pour abus sexuels sur des réfugiés

Médecins Sans Frontières a licencié 18 de ses employés pour exploitation et abus sexuels sur des femmes soudanaises réfugiées au Tchad. L’annonce a été faite ce 15 juin 2026.

Une enquête ouverte par Médecins Sans Frontières confirme l’implication de ses personnels dans les accusations d’exploitation et d’abus sexuels sur des femmes réfugiés. Les signalements, 59 au total ont été faits par les victimes 2024 à l’Est du pays.  Le résultat des investigations de MSF confirme que plusieurs cas de fautes graves, et les concernés tombent sur le coup des sanctions disciplinaires immédiates et l’exclusion définitive.

L’organisation humanitaire précise que les équipes d’enquête ont été mobilisées aussitôt. « Lorsque les enquêtes ont établi l’existence de fautes graves, des mesures disciplinaires immédiates ont été prises ». Pour l’institution, ces comportements constituent une violation grave des valeurs et des responsabilités de MSF, « et nous regrettons profondément les préjudices causés ».

Médecins Sans Frontières fait également savoir que d’autres allégations n’ont pas pu être vérifiées, notamment parce que ni les victimes ni les auteurs présumés n’ont pu être identifiés dans certains cas.

Tchad : l’hôpital de Tiné submergé par les blessés des frappes de drones au Soudan

Médecin sans frontières (MSF) lance un signal sur l’impact des frappes de drones au Soudan sur les populations de Tiné au Tchad. L’organisation a pris en charge 116 blessés en un mois et alerte sur l’augmentation des victimes civiles

 

Dans le communiqué de presse produit le 4 juin 2026, MSF, indique que depuis le début du mois de mai, les frappes de drones autour de Tina, au Soudan, près de la frontière tchadienne, se sont intensifiées, entraînant des arrivées répétées de patients blessés à l’hôpital de Tiné, soutenu par Médecins Sans Frontières (MSF) au Tchad.  Ces dernières semaines, les habitants ont signalé des frappes quasi quotidiennes, attribuées aux Forces de soutien rapide (RSF) du Soudan, avec jusqu’à cinq ou six occurrences certains jours.

Le 24 mai, une frappe a touché une cafétéria très fréquentée du marché de Tina, entraînant l’arrivée de 35 blessés en une seule journée. « Trois personnes ont été déclarées mortes à leur arrivée à l’hôpital », tandis que plusieurs autres seraient décédées sur place. Des femmes et des enfants figuraient parmi les victimes.

« Nous recevons des patients après des heures de transport, souvent dans un état extrêmement critique », explique Issiaka Abdou, chef de mission de MSF au Tchad. « Les blessures que nous traitons sont souvent extrêmement graves, incluant de sévères brûlures, des traumatismes liés aux explosions et de multiples blessures. Nous avons récemment pris en charge un enfant présentant de graves brûlures au visage, aux bras et aux jambes. Chaque retard dans l’évacuation réduit les chances de survie des patients les plus gravement blessés. »

Les équipes médicales de MSF observent également un changement préoccupant dans le profil des patients reçus. « Ces derniers jours, nous avons vu de plus en plus de femmes et d’enfants parmi les blessés », indique Issiaka Abdou. « Le 26 mai, tous les patients reçus après les frappes de drones étaient des civils. Cela montre à quel point les personnes vivant dans cette zone frontalière sont exposées à la violence. »

La région frontalière entre le Tchad et le Soudan est fortement touchée par le conflit au Darfour, les déplacements de population et l’accès limité aux services essentiels, notamment aux soins de santé. Les frappes répétées aggravent une situation humanitaire déjà critique.

« Les structures de santé de cette région fonctionnent dans un environnement extrêmement difficile, avec des besoins élevés et des ressources limitées », indique Cissé Boucari Hamadoum, coordinateur de projet MSF à Tiné. « Malgré ces contraintes, nos équipes continuent de fournir des soins médicaux d’urgence et de répondre aux afflux de blessés en coordination avec les autorités sanitaires tchadiennes. »

MSF dit fournir des soins médicaux aux patients à l’hôpital de Tiné et, lorsque cela est nécessaire, organise des transferts vers d’autres structures médicales, notamment à Abéché, pour les cas les plus graves.

Depuis le début de la guerre au Soudan en avril 2023, plus de 900 000 réfugiés soudanais ont cherché refuge dans l’est du Tchad.

Tchad : MSF appuie la campagne de vaccination au sein de 15 campements

Le ministère de la Santé a initié avec l’appui de MSF une campagne de renforcement de la vaccination de routine au sein de 15 ferricks (campements) de nomades dans la ville de N’Djamena.

L’objectif est d’augmenter la couverture vaccinale au sein des populations nomades qui sont susceptibles de contenir un nombre important d’enfants ayant reçu zéro dose de vaccins et sous immunisés.

« Selon leurs habitudes de mobilité, ils arrivent en général à Ndjamena autour du mois d’Octobre, à la fin de la saison des pluies et repartent autour du mois de Juillet, après le début de la saison des pluies. Ces contraintes liées à la transhumance compliquent leurs accès aux soins de santé et services sociaux de bases », explique Jean Patrick Ouamba, Coordonnateur Médical de Médecins Sans Frontières au Tchad.

Cette campagne de vaccination de routine qui inclut le vaccin contre le tétanos pour les femmes entre 14 à 49 ans, permettra d’augmenter l’immunité collective et réduira le risque de transmission des maladies évitables par la vaccination telle que la rougeole dans la province N’Djaména.

Les équipes de MSF profitent aussi de cette occasion pour faire la distribution des moustiquaires aux populations nomades afin de lutter contre les piqures de moustiques et le paludisme au sein des campements nomades.

Enfin, la campagne est couplée avec le dépistage de la malnutrition chez les enfants en bas âge et l’orientation vers les centres nutritionnels existants.

En effet, depuis 2018, le Tchad fait face à une recrudescence des cas de rougeole dans son territoire. En réponse à la propagation de cette maladie, MSF a lancé une campagne de vaccination en appui aux autorités sanitaires régionales au mois de Janvier 2023. Au total 955 673 enfants de 06 mois à 14 ans ont été vaccinés contre la rougeole dans 3 Districts de Santé de Ndjamena avec le support de MSF.

N’Djamena: MSF ouvre un centre nutritionnel thérapeutique

Le centre a été inauguré ce 26 juillet. Il a été créé en partenariat avec le ministère tchadien de la Santé publique.

 

L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a ouvert jeudi un centre nutritionnel thérapeutique dans la capitale tchadienne, N’Djamena.

Cette nouvelle unité nutritionnelle hospitalière a une capacité initiale de 50 lits et prévoit de développer plusieurs centres nutritionnels ambulatoires à N’Djamena, afin que les enfants puissent suivre leur traitement à domicile et bénéficier d’un suivi adapté, selon un communiqué de presse de MSF dont a obtenu copie.

La malnutrition aiguë atteint actuellement des proportions alarmantes dans la capitale, sous l’effet cumulé de la crise du pouvoir d’achat, d’une insécurité alimentaire saisonnière particulièrement sévère cette année et d’une grève de la fonction publique qui touche le secteur de la santé, a précisé MSF.

La dernière enquête coordonnée par le ministère tchadien de la Santé publique, en juillet 2017, avait pointé des taux de malnutrition infantile au-delà des seuils d’urgence à N’Djamena. Or cette année, le nombre d’enfants sévèrement mal nourris hospitalisés depuis janvier dans l’hôpital de l’Amitié Tchad-Chine a augmenté de 45% par rapport à la même période en 2017. Le centre a admis jusqu’à 170 enfants sévèrement mal nourris et malades, débordant sa capacité d’hospitalisation initiale de 80 lits.

« A N’Djamena, où l’accès à des soins pédiatriques d’urgence est limité, il faut à tout prix éviter que les enfants soient si mal en point qu’il faille les hospitaliser. Une mobilisation urgente est nécessaire pour augmenter le nombre et la couverture d’unités nutritionnelles ambulatoires, et garantir qu’elles ont les moyens de fonctionner », a déclaré Natalie Roberts, responsable des urgences à MSF.

MSF a promis d’intégrer, dans les semaines à venir, la distribution de compléments alimentaires fournis par le Programme alimentaire mondial pour les enfants modérément mal nourris dans ses activités ambulatoires.