La Francophonie dépêche un envoyé spécial au Tchad

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a désigné le mauritanien Ahmedou Ould Abdallah, ce 05 mai 2021 pour suivre la situation politico-sécuritaire au Tchad

D’après le communiqué signé de l’OIF parvenu à notre rédaction : « cette désignation s’inscrit dans le cadre des initiatives de l’Organisation internationale de la Francophonie pour accompagner le processus de transition engagé au Tchad ».

Le diplomate mauritanien, M. Abdallah conduira, dans les prochains jours, : « une délégation de haut niveau de la Francophonie qui se rendra à N’Djamena à l’effet de prendre l’attache des nouvelles autorités, des acteurs politiques et sociaux tchadiens », informe la secrétaire générale de la Francophonie, Madame Louise Mushikiwabo.

L’envoyé spécial va contribuer à une gestion apaisée, consensuelle et inclusive de la transition . La note ajoute que ‘’les conclusions de sa mission seront examinées’’ par l’Organisation internationale de la Francophonie.

La délégation de la Francophonie rencontrera le Conseil militaire de transition, les acteurs politiques et les organisations de la société civile dans l’optique de trouver une solution à la crise en cours. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC)

Tchad : l’ancienne ministre de l’aviation est nommée représentante de l’OIF pour l’Afrique du Nord

Ce jeudi 3 septembre 2020, Mme Haoua Acyl, ancienne ministre tchadienne de l’aviation civile et la météorologie nationale a été nommée représentante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour l’Afrique du Nord à Tunis

La note de nomination a été signée par, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’OIF. Elle a nommé 7 hautes personnalités dont Mme Haoua Acyl à des postes de représentante de l’organisation. Leurs missions consistent à faire la promotion de la langue français et la diversité culturelle et linguistique, la paix la démocratie et les droits de l’homme. L’OIF vient également en appuie à l’éducation et la recherche, développe la coopération.

Les six autres personnalités dont les noms figurent dans le communiqué sont Mme Zahra Kamil Ali, représentante de l’OIF auprès de l’Union africaine à Addis-Abbeba, Mme Fatou Isidora Mara Niang, représente de l’OIF auprès de l’Union européenne à Bruxelles, Mme Tran Thi Hoan Mai, représentante de l’OIF pour l’Afrique de l’Ouest à Lomé, M. Fademba Madakome Wagueta, représentant de l’OIF pour l’Afrique centrale à Libreville, M. Léonard Emile Ognimba, représentant de l’OIF pour l’océan indien à Antananarivo et M. Éric Poppe, représentant de l’OIF pour l’Europe centrale et orientale à Bucarest.

 

Qui est Louise Mushikiwabo, la nouvelle SG de l’OIF ?

Agé de 57 ans, Louise Mushikiwabo cumule le poste de ministre des Affaires Etrangères avec celui de porte-parole du gouvernement rwandais depuis 9 ans.

 

Née en 1961  à Kigali, Louise Mushikiwabo est la cadette d’une famille de neufs enfants.  Après avoir obtenu son baccalauréat, elle enseigne l’anglais dans un lycée avant de bénéficier  d’une bourse pour des études d’interprétariat aux États-Unis en 1986. Son frère, le leader politique Landoald Ndasingwa, est l’une des premières victimes du  génocide de 1994 qui fit 800.000 morts essentiellement au sein de la minorité tutsi. Arrivé aux  Etats-Unis, la rwandaise travaille en tant que interprète.  En 2008, elle décide de regagner sa terre natale,  le Rwanda,  après un bref passage en Tunisie comme directrice de la communication de la Banque africaine de développement (BAD). Un an plus tard, le président Paul Kagame la nomme à la tête du ministère de l’Information, avant d’en faire sa cheffe de la diplomatie. Mais Mushikiwabo n’a jamais adhéré au Front patriotique rwandais (FPR), parti de Paul Kagame.

Élue pour un mandat de quatre ans, elle devient la quatrième secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, après l’Égyptien Boutros Boutros Ghali (1997-2002), le Sénégalais Abdou Diouf (2002-2014) et la Canadienne Michaëlle Jean (2014-2018). La canadienne qui a perdu le soutien de son pays et du Québec. Elle avait dénoncé « les petits arrangements entre États », ayant conduit à la désignation de la candidate Rwandaise soutenue par la France et l’Union Africaine (UA). « L’unité du continent africain autour de ma candidature m’honore », a déclaré la nouvelle secrétaire générale de l’OIF soulignant être venue « rwandaise et Africaine » à Erevan mais repart « francophone ». Sa désignation par acclamation été perçue par le ce de la commission de l’union africaine (UA) comme une démonstration de « ses qualités, son expérience, et son leadership qui sont ainsi unanimement reconnus par la famille francophone ». Le français est la troisième langue officielle du Rwanda après le Kinyarwanda et l’Anglais.

 

Francophonie : Louise Mushikiwabo remplace Michael Jean

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé à sa tête la Rwandaise Louise Mushikiwabo, ce vendredi 12 octobre 2018 à Erevan, en Arménie.

 

Un consensus a été trouvé à l’occasion du huis clos entre les chefs d’Etat et de gouvernement membres de plein droit. « Je suis venue à Erevan rwandaise, africaine, je repars francophone », a réagi la nouvelle secrétaire générale de l’institution. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont désigné Louise Mushikiwabo Par acclamation pour succéder à  la canadienne Michael Jean qui a perdu le soutien de son pays et du Québec. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, hôte du 17e sommet de l’OIF, a officialisé la nouvelle en séance, ce vendredi 12 octobre 2018 : Louise Mushikiwabo est la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie. Elle était jusqu’à présent ministre des Affaires étrangères du Rwanda. L’homme fort d’Erevan lui a promis le soutien des Etats membres pour les quatre prochaines années. Lors d’une déclaration publique de quelques minutes, elle a confié qu’elle accueillait la nouvelle avec « beaucoup de plaisir », avec « gratitude ». Elle s’est dite très honorée : « Je suis venue à Erevan rwandaise, africaine, je repars francophone. Je vous remercie. » « Cette famille francophone à un potentiel énorme », a-t-elle également déclaré, louant la « réputation d’efficacité et de transparence » de l’institution.

Son objectif est de  faire en sorte que l’Organisation internationale de la Francophonie « pèse beaucoup plus sur l’échiquier mondiale ». Elle ne promet pas le grand soir : « Je vais juste réorienter un petit peu lOIF », assure-t-elle. Et de rappeler : « J’ai fait le tour du monde en deux mois et demi pour recueillir vous idées et vos attentes. » Elle continuera avec « tous », « tous les membres ». Rapprocher la Francophonie des pays qui la composent. « Je crois fermement à un secrétariat général au service de ses Etats membres », a-t-elle insisté. Un propos décliné à plusieurs reprises. Par un surplus de « courage », elle promet de mettre à profit ce mandat « avec vous ». Ceux qui la connaissent, dit-elle, savent qu’elle est « une pragmatique ». Ses neuf années à la tête de la diplomatie de son pays lui auront appris à « chercher des solutions concrètes » aux problèmes qui se posent.

Tchad : Michaëlle Jean venue cherche le soutien de Deby

La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie est candidat à sa propre succession à la tête de l’organisation. Elle a été reçue en audience par le président ce 02 aout.

 

Michaëlle Jean est sur le sol tchadien. La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a été reçue à la présidence hier 02 aout. Au cœur de la discussion avec le Idriss Deby Itno, sa réélection à la tête de l’organe.

En effet, la Canadienne compte briquer un nouveau mandat au sein de l’OIF. Et pour cela, elle espère avoir un soutien auprès du Tchad. Ça avait d’ailleurs déjà été le cas il y’a quatre lorsqu’elle se présentait pour la première fois à ce poste.

Elle a ainsi promis de promouvoir une fois réélue, la langue et la culture francophone de par le monde. Durant deux heures donc la femme politique a comme qui dirait « draguer » le Chef d’Etat du Tchad.

Surtout qu’il faut faire vite. C’est vrai que c’est seulement dans environ deux mois que se tiendra le Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement qui aura lieu en Arménie. C’est donc maintenant qu’il faut batailler pour rallier le maximum de personnes à sa cause.

Les 11 et 12 octobre prochains le sommet d’Arménie permettra de connaitre l’issu des votes de l’élection qui aura opposé candidates, Michaëlle Jean du Canada et Louise Mushikiwabo du Rwanda.

Marie Michaëlle Eden Jean née le 6 septembre 1957 à Port-au-Prince en Haïti, est une femme d’État, diplomate, animatrice de télévision et journaliste canadienne. De septembre 2005 à septembre 2010, elle est la vingt-septième gouverneure générale du Canada, la troisième femme à occuper ce poste. Polyglotte, elle parle cinq langues : français, anglais, espagnol, italien et créole haïtien.

Michaëlle Jean est désignée par consensus secrétaire générale de la Francophonie le 30 novembre 2014 lors du XVe Sommet de la francophonie à Dakar, devenant ainsi la première femme nommée à ce poste.

 

 

 

 

Rwanda: les raisons de l’intérêt soudain pour la Francophonie

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est une institution fondée essentiellement sur le partage de la langue française comme levier de coopération, et a pour vocation de promouvoir des valeurs fondamentales communes telles que la primauté du droit, la gouvernance démocratique, la consolidation de l’État de droit, le respect des droits de la personne et des libertés fondamentales.

De par les mandats qui lui sont confiés par les États et gouvernements membres, d’agir notamment pour prévenir et résoudre pacifiquement des conflits dans l’espace francophone, l’OIF est reconnue également comme un acteur international qui contribue en faveur de la paix et de la sécurité mondiales.

Le secrétaire général, clé de voûte de la Francophonie, est chargé justement de mettre en œuvre l’action politique et diplomatique, d’animer et de coordonner la coopération entre les États et gouvernements membres en vue d’atteindre les objectifs que ceux-ci se sont fixés.

En effet, comme nous l’avions mentionné dans la précédente publication, il nous paraît assez suspect l’intérêt soudain du Rwanda de prétendre à la direction de la Francophonie, lui qui a toujours accusé la France de complicité de génocide et a même banni la langue française dans l’enseignement et l’administration publique.

Le soutien potentiel de la France à cette probable candidature de la ministre rwandaise des Affaires étrangères nous paraît tout aussi incompréhensible que cela puisse paraître et difficilement justifiable compte tenu de l’état actuel des relations diplomatiques entre les deux pays.

Rappelons que, depuis le génocide de 1994 et l’arrivée au pouvoir des autorités politiques actuellement au Rwanda, la France a déployé des efforts considérables pour rétablir le dialogue en vue de renouer les liens brisés avec ce pays, mais le Rwanda rechigne toujours à rétablir les relations diplomatiques saines avec celle-ci. La crise de confiance perdure encore, en dépit de toutes les tentatives bien intentionnées de la France.

Les relations bilatérales entre les deux pays sont, pour ne pas dire exécrables, manifestement tendues, et ce, peu importe le nombre de fois où les deux présidents, Emmanuel Macron et Paul Kagame, se sont entretenus.

En tout état de cause, la candidature rwandaise n’est certainement pas pour œuvrer au rayonnement de la langue française, ni pour faire la promotion des valeurs démocratiques prônées par l’OIF. Bien au contraire, cela aura pour effet d’annihiler tous les efforts déployés jusqu’ici par cette organisation en vue d’accompagner le processus de transition démocratique en cours dans un certain nombre de pays de l’Afrique francophone notamment.

D’autre part, le Rwanda a fait preuve d’un certain laxisme dans l’acquittement de sa contribution statutaire à l’OIF dans les temps requis, et ce, pendant des années. En 2014, par exemple, l’Organisation a dû lui accorder une réduction de 50 % et s’entendre sur un calendrier de paiement régulier. Mais, malgré cela, le compte est resté en souffrance pour une maigre contribution de 30 000 euros l’an. Dans une récente réunion, le Comité sur les arriérés est revenu à la charge pour exiger du Rwanda le paiement de ses arriérés pour les années 2015, 2016, 2017 et 2018.

Qu’à cela ne tienne, le Rwanda, pour des raisons que l’on ignore encore, est déterminé à prendre la direction de la Francophonie. Et, sa diplomatie s’active en coulisse autant sur les plans bilatéral et africain pour y parvenir. Les puissants médias de l’espace francophone sont mis à profit pour assurer une couverture médiatique ouvertement favorable à la candidature de Louise Mushikiwabo.

Tout compte fait, les raisons sous-jacentes qui peuvent expliquer l’intérêt soudain du régime rwandais à l’égard de la Francophonie sont à rechercher ailleurs que dans la volonté de faire avancer les objectifs contenus dans la  » Déclaration de Bamako « , renforcée par la  » Déclaration de Saint-Boniface « , deux textes normatifs de référence, l’un sur le respect des règles de la gouvernance démocratique et de l’État de droit, l’autre sur la sécurité humaine et la responsabilité de protéger.

 

Que reproche-t-on à Michaëlle Jean ?

Sous la gouverne de Michaëlle Jean, l’OIF est fortement engagée dans un élan, à la fois, de la défense et la promotion de la langue française et de la diversité culturelle, et de la promotion des valeurs démocratiques chères à l’organisation.

On se rappellera qu’en 2014, lorsqu’elle s’était lancée dans la campagne pour accéder à la direction de l’OIF, Michaëlle Jean promettait de faire de la Francophonie, une organisation toujours plus agissante, dans un monde en plein bouleversement et en perpétuel changement.

Quatre ans après, elle a tenu sa promesse, sans désemparer, de hisser l’OIF à la place qui lui revient, au cœur du système multilatéral. Aujourd’hui, l’Organisation qui rassemble 84 États et gouvernements membres et observateurs, est tellement attractive que le nombre de demandes d’adhésion ne cesse d’augmenter.

Michaëlle Jean a su positionner l’Organisation sur tous les enjeux de l’heure : objectifs de développement humain et économique durable et inclusif, changements climatiques, crises migratoires, lutte contre le terrorisme, prévention et gestion des crises, défense des droits et des libertés fondamentales, soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, renforcement des politiques et programmes en faveur de l’éducation, de la formation technique et professionnelle, stratégie numérique, appui structurant au renforcement des institutions, mobilisation de la jeunesse autour de la responsabilité citoyenne et dans la lutte contre la radicalisation, stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes, etc.

Qu’on le veuille ou non, l’OIF a considérablement intensifié ses efforts et continue de développer ses moyens d’action dans les différents domaines relevant de son mandat. Et, Michaëlle Jean poursuit sereinement la mise en œuvre de réformes substantielles en vue d’améliorer le fonctionnement et la gestion interne de l’Organisation.

Par ailleurs, Michaëlle Jean est persuadée que c’est en adoptant une approche concertée et mieux coordonnée, en faveur de la paix, de la sécurité, du dialogue inclusif, du respect des processus démocratiques, que nous pourrons obtenir les meilleurs résultats. C’est ainsi que l’OIF est résolument engagée sur le terrain, en synergie avec ses partenaires internationaux, pour agir efficacement.

En effet, les nouvelles réalités mondiales nous rappelle qu’aucun État, aussi puissant soit-il, ne peut à lui seul relever les immenses défis qui nous attendent, ni dicter sa volonté au monde, mais cela exige l’instauration d’un ordre international fondé sur un multilatéralisme plus efficace. Ainsi, au lieu d’affaiblir la Francophonie en la déstabilisant dans son action, il vaudrait mieux reconnaître et investir davantage dans sa plus-value, en lui apportant des moyens supplémentaires à la hauteur de l’ambition légitime qu’elle porte et qui la définit.

Il va sans dire qu’il serait préférable pour les chefs d’État et de gouvernement, dans leur grande sagesse, de faire preuve de réalisme en faisant en sorte de ne pas briser la dynamique engagée par ses prédécesseurs et poursuivie de façon accélérée par l’actuelle Secrétaire générale dès sa prise de fonction, et de la reconduire pour un second et dernier mandat, afin de poursuivre inlassablement tous ces efforts qu’elle a su engager pour assurer la pérennité des actions entreprises et des programmes déployés dans l’exécution de l’ambitieuse feuille de route qui lui a été confiée à Dakar.