Tchad : plus de la moitié des parcours pastoraux menacés par la désertification

A l’occasion de Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, le 17 juin, le ministre de l’Environnement Hassan Bakhit Djamous a émis une alerte écologique au Tchad.

Dans sa déclaration de ce jour, le membre du gouvernement révèle que 129 millions de têtes de bétail sont confrontés au défis de la sécheresse. Il rappelle avec gravité et responsabilité, l’urgence d’agir face à l’une des menaces les plus pressantes de notre siècle. Face à cette gravité, le ministre tchadien rend hommage aux communautés pastorales et agro-pastorales qui, à travers le monde et sur l’ensemble du territoire, affrontent avec courage, dignité et résilience les effets conjugués de la sécheresse et de la dégradation des terres.

Hassan Bakhit Djamous précise que le cheptel constitue l’un des fondements de l’économie nationale, représentant plus de la moitié du produit intérieur brut du secteur rural et assurant les moyens de subsistance de millions de nos concitoyens.

Bien que fragilisé par, la dégradation accélérée des écosystèmes, la raréfaction des ressources en eau, la déforestation, les feux de brousse, ainsi que la pression foncière croissante. Plus préoccupant encore, près de la moitié des parcours pastoraux sont aujourd’hui dégradés ou menacés. « Cette situation constitue une alerte majeure pour notre sécurité alimentaire, pour la préservation de notre biodiversité et pour la stabilité de nos territoires ».

Le ministre affirme par ailleurs que, la désertification n’est ni une fatalité, ni une contrainte insurmontable. « Elle est le résultat de déséquilibres que nous avons la responsabilité collective de corriger ».

Il ajoute que les changements climatiques, les pratiques non durables d’exploitation des ressources naturelles et les modèles de consommation inadaptés en sont les causes profondes. Leurs conséquences, quant à elles, ignorent les frontières et affectent l’ensemble des secteurs vitaux de notre développement.

Il est important de préciser que le thème retenu cette année, « Pâturages : reconnaître, respecter, restaurer », s’impose à nous comme une exigence politique, un impératif écologique et un engagement moral. Il nous interpelle collectivement et nous oblige à agir avec détermination.

Le Tchad célèbre la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse

A l’instar des pays signataires de la Convention cadre des Nations-Unies sur la lutte contre la désertification (CCNULCD), le Tchad célèbre ce 17 juin la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse.

La Journée Mondiale de lutte contre la Désertification et la Sécheresse (JMDS), édition 2023 est placé sous le Thème : « Femme, Sa terre, Ses droits ».  La veille, le ministre en charge de l’environnement, Mahamat Abdelkerim Hanno a fait une déclaration. Il a souligné que, thème de cette année est une interpellation à œuvrer pour l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et des filles pour qu’elles soient à l’avant-garde des efforts mondiaux de restauration des terres et de résilience à la sécheresse.

« Cette année, la communauté internationale met l’accent sur les droits fonciers des femmes qui sont nécessaires pour atteindre les objectifs mondiaux interconnectés sur l’égalité des sexes et la Neutralité en matière de Dégradation des Terres (NDT) d’ici à l’an 2030 et contribuer à l’avancement de plusieurs autres Objectifs de Développement Durable (ODD). », fait savoir le ministre.

Pour lui, les femmes ont un intérêt vital dans la santé de la terre, mais elles n’ont pas le plus souvent le contrôle. Car, partout dans le monde, les femmes sont confrontées à des obstacles importants pour obtenir des droits fonciers, ce qui limite leur capacité à s’épanouir et à prospérer. Et lorsque la terre se dégrade et que l’eau se raréfie, les femmes sont souvent les plus touchées.

Mahamat Abdelkerim Hanno cite une étude de la Convention des Nations-Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD), qui indique que, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est toujours pas atteinte à cause des impacts différenciés de la désertification, de la dégradation des terres et de la sécheresse.

Il déplore, les relations de pouvoir inégales et la discrimination sexiste dans les systèmes juridiques et coutumiers qui persistent. « Des initiatives de restauration intelligente basées sur les terres seraient particulièrement utiles pour les femmes et les jeunes. », souhaite le ministre tchadien de l’environnement.