Mort d’un jeune après le cortège du président de l’AN : la population en colère

Depuis lundi 04 novembre, plusieurs personnes ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux, suite à la mort d’un jeune par balles provenant de l’escorte du président du Parlement.

Ce mardi 06 novembre, la justice tchadienne a annoncé les interpellations de quatre membres de la sécurité du président de l’Assemblée nationale. Celles-ci font suite à la mort d’un jeune conducteur de moto-taxi lundi dernier, à cause de tirs provenant de l’escorte du président du Parlement.

Le sujet a été sur la table au parlement ce mercredi, à l’ouverture des travaux de la session budgétaire. Le président du Parlement est revenu sur l’incident et a expliqué que la balle qui a atteint le jeune Bonheur Matebaye avait été tirée en l’air mais a ricoché sur un poteau électrique avant d’atteindre la victime.

Il a profité de l’occasion pour dénoncer une instrumentalisation de l’affaire. Le président du parlement invite les députés à être prudents en raison des manifestations de colère observées sur les réseaux sociaux.

La réaction du président de l’assemblée nationale a davantage déchaîné la population sur la toile.

Un qui n’est pas allé par quatre chemins, c’est le musicien N2A, qui a initié une marche silencieuse partie du lieu de l’incident au domicile du défunt mardi après-midi. Pour cet artiste, l’indifférence des autorités le répugne.

« Si c’était des autorités qui respectaient leur peuple, dès lors que l’accident a eu lieu, ils doivent se manifester, faire des déclarations dans les médias, pour faire comprendre à la population qui c’est vraiment un accident qui est arrivé. Il a fallu qu’il y ait des réactions des jeunes sur la toile pour pousser le président de l’Assemblée à réagir, qui est le premier responsable de cette situation. Moi je pense qu’il y a un mépris. Cette fois-ci, la jeunesse ne se laissera pas faire. », a-t-il déploré

Le Parlement justifie son silence par une volonté de respecter la mémoire du défunt.

Ramadan au Tchad : on dort dans les bureaux et salles de classe

Le Soumaï qui a débuté le 16 Mai dernier menace les différents travailleurs qui se retrouvent en train de somnoler pendant les heures de travail

A Ndjamena, la capitale tchadienne où sont principalement concentrés les entreprises et les services de l’administration publique du pays, le rythme de travail des agents de l’Etat et du privé a visiblement baissé depuis l’entame du Ramadan. Dans la plupart des ministères et services, le calme plat règne, aggravé par le fait que beaucoup d’occupants des bureaux, tenaillés par les affres de la faim, somnolent devant leurs ordinateurs ou piles de dossiers.  D’autres jeûneurs, sans doute des plantons et autres agents bénévoles, dorment du sommeil du juste sous les arbres et hangars des cours de leurs lieux de travail.

A la décharge des jeûneurs, il faut souligner qu’une forte chaleur avoisinant les 45 degrés règne actuellement dans la capitale tchadienne.  Suffisant pour que l’ombre des arbres de certains ministères donne souvent l’image d’un grand dortoir où on trouve pêle-mêle en train de ronfler les plantons et les petits fonctionnaires dont les bureaux ne sont pas climatisés.

Pour ceux qui disposent de split, notamment les chefs de service comme celui de Nadji, vieux planton d’un ministère, la climatisation fonctionne de manière continue. Permettant ainsi au boss de dormir du sommeil du juste.

« Depuis que le carême a commencé, mon patron n’arrête jamais son climatiseur. Même s’il rentre, il laisse fonctionner le climatiseur. C’est pourquoi vous constatez qu’il fait très froid dans son bureau », confie Nadji.

A l’en croire, tous les privilégiés comme son patron profitent beaucoup du confort de leur bureau et ne se décident à le quitter qu’à quelques encablures de la rupture du jeûne.  «Ceux qui ont des climatiseurs au bureau, ne rentrent qu’à 17h ou presque 18h alors que la descente est fixée à 15h30», renseigne le vieux planton.

Pendant qu’on ronfle dans les bureaux ou à l’ombre des arbres, les citoyens venus chercher des papiers ou faire le suivi de leurs dossiers, ont du mal à trouver un interlocuteur.

Bénédicte, jeune enseignante, souligne avoir poireauté en vain dans la salle d’attente d’une direction du ministère de l’Éducation nationale et de la Promotion civique. « Les gens, dénonce-t-elle, partent très tôt au bureau pour rentrer tard, mais ils ne font aucun travail. Certes c’est dur, mais il faut qu’ils fassent ce qu’ils ont comme boulot plutôt que de dormir au bureau ».