Le 25 avril 2026, neuf dirigeants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont été interpellés et placés en garde à vue à N’Djaména. Ces arrestations ravivent le débat sur l’état de droit au Tchad.
Depuis quelques jours le climat politique est sous tension au Tchad. Des voix s’élèvent pour dénoncer les arrestations des leaders de partis politiques, membres du GCAP. Le parti Tchad Uni s’est dit préoccupé après les premières interpellations. Dans un communiqué, la formation politique dénonce des actes qu’elle qualifie de particulièrement graves et réclame la libération immédiate des responsables de l’opposition arrêtés. Le parti prévient contre une détérioration du climat politique au Tchad. Le parti Tchad Uni pointe du doigt le système en place, conduit par le Mouvement Patriotique du Salut et ses alliés.
Les Transformateurs estiment que, par respect pour les droits fondamentaux, « l’arbitraire ne doit pas être la règle dans notre pays. » Le parti de Succès Masra dénonce l’arrestation des différents leaders des partis politiques dont le prof Avoksouma Djona du parti les Démocrates, Max Kemkoye du parti UDP, Neatobeye Bidi Valentin du parti PAP/JS d’autres.
« Ces faits rappellent de manière préoccupante l’arrestation arbitraire du président Succès Masra depuis le 16 Mai 2025 », peut-on lire dans le communiqué. Pour les Transformateurs, « la violence et la brutalité ne font pas avancer un pays dans l’unité, la justice et l’égalité que tous les Tchadiens attendent. »
L’ancien ministre de l’Eduction, Dr Ndolembaï Sade Njesada, par ailleurs vice-président des Transformateurs s’offusque. « Lorsqu’un citoyen, fût-il un leader politique, est privé de sa liberté en dehors des garanties prévues par la loi, c’est l’État de droit lui-même qui vacille », déclare-t-il. Il pense que le Tchad mérite mieux. « Il mérite des institutions fortes, respectueuses des libertés publiques. Il mérite un climat politique apaisé, où le débat contradictoire n’est pas perçu comme une menace, mais comme une richesse indispensable à la consolidation démocratique. »
Dr Ndolembaï Sade Njesada note qu’il est temps de mettre de côté les antagonismes stériles, non pour renoncer aux convictions, mais pour les inscrire dans un cadre républicain, ordonné et respectueux.
Dans un communiqué, le FACT, principal groupe armé condamne avec la plus grande fermeté : « cette dérive dictatoriale d’un autre âge ». Le principal groupe politico-militaire tchadien apporte son soutien total aux leaders du groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP). Le FACT lance un appel aux forces vives de la Nation, aux Tchadiens épris de paix et de justice, de dire non à la junte sans aucune complaisance. Et appelons les pays amis du Tchad et les organisations des droits de l’Homme à soutenir le peuple tchadien dans sa lutte pour l’alternance.
Cette vague d’arrestations des leaders politiques du GCAP précède la « marche de protestation et d’indignation » du 2 mai. La coalition entend se rendre dans la rue pour dénoncer l’injustice, l’exclusion et pour le rétablissement de nos droits, de nos libertés et de la justice. Cette manifestation a été interdite par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration.