Tchad : un collectif des organisations de la société civile entend marcher le 1er mai

Le Forum des organisations de la société (Foscit) civile annonce des marches pacifiques le 1er mai et une journée ville morte le dimanche 02 avril pour revendiquer le retour à l’ordre constitutionnel

Cette plateforme, estime que le Conseil militaire de transition institué après la mort d’Idriss Deby Itno n’est pas : « de l’avis du peuple tchadien ». D’après l’artiste Ray’Skim, ce peuple demande une véritable démocratie depuis plusieurs années. C’était au cours d’un point de presse organisé ce lundi 26 avril 2021.

C’est alors que le forum de l’organisation de la société civile prévoit une journée ville morte le 30 avril et des marches pacifiques le 1er mai 2021 à N’Djamena.

Tout ceci en vue de revendiquer le respect des textes qui régissent le fonctionnement de la République, le rejet de toute violence visant la prise de pouvoir par la force. L’organisation a insisté sur : « l’ouverture immédiate d’un dialogue inclusif sous l’égide de l’ONU pour définir les modalités de transition civile en vue de la tenue des élections libres dans un bref délai ». Elle demande également, la communauté internationale à se mobiliser pour la tenue d’un dialogue inclusif.

Tchad : la junte intransigeante avec la rébellion du Fact

La junte tchadienne au pouvoir refuse de négocier avec les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) malgré la médiation de certains pays du G5 Sahel.Alors que le Tchad vient d’enterrer son président Idriss Itno, décédé le 20 avril dernier des suites de blessures reçues au front, les rebelles du Fact se disent favorables à un cessez-le-feu si un dialogue inclusif est engagé. 

Mais ces appels sont restés vains. Puisque le Conseil militaire de transition (CMT), au pouvoir depuis l’annonce de la mort de l’ancien homme fort de  N’Djamena, a refusé cette proposition.

« Devant cette situation mettant en péril le Tchad et la stabilité de toute la sous-région, l’heure n’est ni à la médiation ni à la négociation avec des hors-la-loi  », a martelé le porte-parole du CMT Azem Bermandoa Agouna dans une déclaration à la télévision d’Etat, Télé Tchad.

Le Général Azem profitant de l’occasion a notamment appelé le Niger à une « coopération et une solidarité en vertu des différents accords liant les deux pays frères ». Cela en vue de faciliter la « capture » et « la mise à disposition à la justice de ces criminels de guerre responsables de la mort de plusieurs dizaines de soldats tchadiens dont le premier d’entre eux le maréchal du Tchad ».

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Les rebelles du Fact venus de la Libye ont lancé une offensive contre l’armée tchadienne dans le nord du pays il y a deux semaines. Ils se sont repliés ensuite dans le territoire nigérien, à plus de 600 km de la capitale N’djamena, près de Nguiguimi et Ngourti.

Le général Azem qui qualifiant cette rébellion du Fact « d’une colonne de mercenaires venus de Libye »  affirme qu’elle est désormais en « déroute » après de « violents combats ».

Le Tchad qui assure la présidence du G5 Sahel a appelé les pays membres à une « solidarité de coordination et de mutualisation des efforts en vue de mettre hors d’état de nuire ceux qui ont désormais assassiné le maréchal du Tchad et attenté à la sécurité du pays ainsi qu’à celle de l’ensemble du Sahel. »

Médiation du G5 Sahel

Samedi, le Fact s’était dit disposé à un cessez-le-feu suite à une médiation lancée la veille entre les militaires et les rebelles par les présidents du Niger et de la Mauritanie, membres de l’organisation du G5 Sahel (Tchad, Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso).

Le président du Niger, Mohamed Bazoum, avait notamment appelé le chef rebelle Mahadi Ali, selon un conseiller du chef d’Etat. «Nous avons répondu positivement à la médiation du Niger et de la Mauritanie et avons affirmé notre disponibilité à observer une trêve, un cessez-le feu», avait affirmé à l’AFP samedi soir Mahadi Ali. Cependant, « s’ils veulent faire la guerre, on fera la guerre. Si on nous attaque, on va répliquer », avait lancé le chef rebelle à l’endroit de la junte militaire.

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Depuis l’annonce du décès du maréchal-Président Idriss Déby Itno, son fils Mahamat Idriss Déby, général quatre étoiles à 37 ans et jusqu’alors commandant de la Garde républicaine, dirige le Conseil militaire de transition entouré de quatorze des plus fidèles généraux de son père. Il doit assurer une transition de 18 mois avant l’organisation « d’élections libres et démocratiques ».

Les conséquences de la mort du Président Tchadien sur la stabilité de la région

Khalid Cherkaoui Semmouni , professeur à la Faculté de Droit à Rabat ( expert en droits de l’homme et terrorisme )

La mort du président tchadien Idriss Déby est un coup dur pour le G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) , créé en 2014 pour répondre aux défis sécuritaires et de développement dans la région , au sein duquel le défunt Idriss Déby a joué un rôle militaire prépondérant dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilisation de l’espace sahélo-saharien.

Au pouvoir durant trente ans, il était devenu au fil du temps un pion essentiel sur l’échiquier africain. La question se pose : Quelles sont les conséquences de la mort de Déby pour les voisins du Tchad et la stabilité de la région ?

 

Quel est le rôle du Tchad dans la région ?

À l’évidence, aprés la mort du Président Idriss Déby , la région risque de s’enfoncer un peu plus dans l’instabilité , et pourrait avoir de lourdes conséquences dans la lutte contre Boko Haram et contre le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) , vu le rôle joué par Idriss Déby faisant de l’armée tchadienne une force moteur contre la menace djihadiste, et contribuant de manière significative à la stabilité régionale , en particulier dans le cadre des efforts en matiére de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent au Sahel. Sans oublier que le Président Déby était un partenaire essentiel pour la France et les Nations Unies .

En effet , Le Tchad est cerné par des États instables tels que la Libye, le Soudan et la Centrafrique . Ces pays frontaliers du Tchad pourraient être affectés par une recrudescence des groupes armés, trafiquants et djihadistes, surtout que le Tchad est considéré comme un carrefour des tensions et un rempart contre l’afflux des terroristes venant du Sahel vers la région du lac Tchad. C’est pourquoi ces pays ont exprimé leurs préoccupations quant à la situation au Tchad. Ils ne semblent pas capables de contrôler ses longues frontières avec le Tchad.

D’autant plus , le Tchad qui jouissait d’une stabilité relative et occupe , géographiquement, une place stratégique dans une région troublée et mouvante, est un acteur incontournable de la lutte contre les groupes jihadistes dans le bassin du Lac Tchad, où il est intervenu dès 2014 pour lutter contre le groupe de Boko Haram. Il participe avec 1 440 soldats à la Minusma (Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali). Aussi, il vient de déployer 1 200 hommes dans le cadre de la force multinationale anti-djihadiste , pour renforcer l’opération « Barkhane » , dans le cadre de la force conjointe du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad).

Les conséquences de la mort d’Idriss Déby sur la stabilité régionale

 La mort d’Idriss Déby peut générer une déstabilisation , au sein même du pays d’abord. Le Tchad passe actuellement par une période de transition très incertaine . Un Conseil militaire de transition (CMT ) est proclamé, dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, fils d’Idriss Déby, a pris une série de mesures exceptionnelles , dont la suspension de la Constitution, la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement, la mise en place d’un couvre-feu.

Or , les partis politiques de l’opposition et une partie de la société civile rejettent le CMT pour le non-respect de la constitution  qui stipule qu’il incombe au président de l’Assemblée nationale de diriger la transition , exigent l’instauration d’une transition dirigée par les civils, appellent au dialogue et mettent la France en garde de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Tchad.

Il est certain que , ces évenements vont rendre la situation encore plus complexe , et pourraient avoir un impact direct sur la stabilité interne au Tchad , surtout si le Conseil militaire de transition ne serait pas capable d’assurer la stabilité, l’intégrité du Tchad et mettre en œuvre un processus démocratique tout en respectant ses engagements militaires dans la région.

Face à cette situation politique interne et aux menaces terroristes dans la région du Sahel et du Lac Tchad , le réajustement du dispositif sécuritaire des alliés du Tchad au Sahel est devenu nécessaire , en tenant compte que  le Tchad vient de prendre la présidence du G5 Sahel, dont il est la pierre angulaire et le plus gros contributeur.

Il est désormais important de redonner les clés du dispositif sécuritaire au G5 Sahel avec l’appui des partenaires africains comme le Maroc , et européens comme la France, l’allié traditionnel du Tchad , pour engager une transition vers une grande coopération structurée. Le G5 Sahel a besoin d’une action commune, immédiate et concertée avec ses partenaires et doit développer une vision stratégique en prévision des risques et menaces sécuritaires à venir.

Tchad : l’armée refuse tout dialogue avec les forces rebelles et en appelle à la coopération du Niger

Le Conseil militaire de transition s’oppose à toute médiation ou négociation avec le Front pour l’alternance et la Concorde du Tchad. Il demande une coopération du Niger pour capturer le leader du FACT

Dans une déclaration faite le 25 avril 2021, le porte-parole du Conseil militaire de transition (CMT), le général Azem Bermandoa déclare : « devant cette situation mettant en péril le Tchad et la stabilité de toute la sous-région, l’heure n’est ni à la médiation, ni à la négociation avec des hors la loi ». D’un ton ferme, il a laissé entendre que le Tchad n’entamera aucun dialogue avec les insurgés.

Il assure que les rebelles ont été localisés : « Les forces de défense et de sécurité, lancées à leurs trousses appuyées par l’armée de l’air ont localisé l’ennemi éparpillé en petits groupes en train de se regrouper en territoire nigérien entre, N’gourti, Ngueguimbi et la frontière avec le Tchad »

Le CMT demande le soutient du Niger : « Le Tchad en appelle à la coopération et à la solidarité du Niger en vertu des différents accords liant les deux pays frères en vue de faciliter la capture et la mise à disposition de ces criminelles de guerre, responsables de la mort de de plusieurs dizaines de soldats tchadiens dont le premier d’entre eux, le Maréchal du Tchad, reposant désormais sur son territoire ». Pour  le porte-parole du Conseil militaire de transition, le Niger pourrait faciliter la tâcha afin de capturer le leader du FACT, Mahadi Mahamat Ali

« Devant cette situation mettant en péril le Tchad et la stabilité de toute la sous-région, l’heure n’est ni à la médiation, ni à la négociation avec des hors-la-loi. Par conséquent le Tchad lance un vibrant appel à tous les pays membres du G5 Sahel, pour plus de solidarité, de coordination et de mutualisation des efforts en vue de mettre hors d’état de nuire, ceux qui ont désormais assassiné le Maréchal du Tchad et attenté à la sécurité ainsi qu’à l’ensemble du Sahel », conclut le général Azem Bermandoa, porte-parole du Conseil militaire de transition

Tchad : les rebelles du FACT posent les conditions pour un cessez-le-feu

Tchad : les rebelles arrêtés dans les derniers affrontements ont été remis à la justice

Au cours des affrontements opposant l’armée tchadienne au FACT la semaine dernière, 246 rebelles ont été capturés. Ils ont été présentés ce samedi 24 avril 2021

Le directeur des opérations militaires note que  ces derniers sont considérés comme des prisonniers de guerre. Ils ont été remis par l’armée à la justice « Les majeurs seront mis à la disposition du procureur pour la procédure judiciaire. Ils sont bien traités et mangent à leur faim ».

Le procureur de la République, près du tribunal de grande instance de N’Djamena, Youssouf Tom explique conformément aux conventions, il y’aura une selection afin que : « les mineurs aient une procédure particulière et soient remis à l’Unicef car ils ont été enrôlés de force ». « Le droit international les protégeant sera appliqué. Par contre, les majeurs, une procédure judiciaire sera enclenchée contre eux afin que le droit soit dit », assure-t-il

Plusieurs acteurs politiques et organisations avaient estimé que les mineurs sont également des victimes des forces armées. Ils ont demandé la libération de ces derniers.

Tchad : les rebelles du FACT posent les conditions pour un cessez-le-feu

D’après le Figaro, les rebelles du Front pour l’alternance et la démocratie (FACT), Mahamat Mahdi Ali ont assuré qu’ils étaient : « disponibles à observer un cessez-le-feu »

« Le chef des rebelles tchadiens, qui mènent depuis deux semaines une offensive contre le régime et sont accusés par l’armée d’avoir tué le chef de l’État Idriss Déby Itno lors de combats, a assuré ce samedi à l’AFP qu’ils étaient «disponibles à observer un cessez-le-feu», peut-on lire.

« Nous avons affirmé notre disponibilité à observer une trêve, un cessez-le-feu (…) mais ce matin nous avons encore été bombardés», a déclaré Mahamat Mahadi Ali, le chef du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) joint par téléphone. L’armée tchadienne avait assuré en début de semaine avoir «détruit» la colonne de rebelles et tué 300 combattants. «Ce sont des rebelles, c’est pourquoi on les bombarde (…) On fait la guerre, c’est tout», a réagi après de l’AFP Azem Bermandoa Agouna, le porte-parole du Conseil militaire de transition (CMT), présidé par Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président et nouvel homme fort du Tchad.

Le chef des rebelles a néanmoins mis en garde : «On ne peut pas respecter la trêve unilatéralement. Une trêve doit être faite de part et d’autre. On ne va pas croiser les bras et se laisser massacrer», a-t-il dit. «Nous sommes sur la même longueur d’onde que l’opposition et la société civile, qui réclament un dialogue inclusif», a également affirmé le leader du groupe rebelle. «On s’en tient à ce qu’a dit Emmanuel Macron, un dialogue inclusif pour discuter de l’avenir du peuple. Nous croyons à sa capacité de faire évoluer la situation», a-t-il assuré

Vendredi, lors des funérailles d’Idriss Déby, Emmanuel Macron avait affirmé que «la France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui, ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad» mais il avait appelé le CMT à promouvoir la «stabilité, l’inclusion, le dialogue, la transition démocratique

 

Tchad : un opposant dénonce une rencontre clandestine entre des acteurs politiques et des chefs d’Etats du G5 Sahel

Le président du pour le Rassemblement et l’Equité au Tchad (PRET) a condamné, ce 24 avril 2021, la rencontre entre certains leaders de partis politiques et deux chefs d’Etat du G5 Sahel

Les chefs d’Etas du Niger Mohamed Bazoum et Mohamed El Gazaouani de la Mauritanie ont échangé avec des acteurs politiques de l’opposition et de la majorité hier, dans un hôtel de N’Djamena au sujet de la transition au Tchad. Le président du PRET, Me Bongoro Théophile estime que c’est une rencontre prématurée au vue des circonstances.

« Pas du tout content », a déclaré l’homme politique avant de poursuivre ainsi : « nous sommes sincèrement surpris d’une certaine rencontre qui aurait réuni les acteurs politiques avec deux(02) Présidents des pays amis venus compatir notre nation éplorée »Il s’est agi de l’appréciation et avis des acteurs politiques sur le CMT, ajoute le patron du PRET

Pour lui, les conditions d’une rencontre de cette envergure n’ont pas encore réunies : « nous affirmons avec force que le Tchad n’est pas un butin à partager. Par conséquent, le devenir d’une nation ne peut se résumer à l’écoute de quelques acteurs triés sur le volet. Il est donc impérieux que toutes les forces vives de la nation, dans tous ses segments puissent se réunir en toute urgence pour proposer un plan de sortie et du retour à l’ordre constitutionnel. »

Rappelons qu’à l’issue des échanges, les présidents du Niger et de la Mauritanie ont promis présenter la situation au Conseil militaire de transition.

Tchad : les universitaires demandent le retour de l’ordre constitutionnel

En marge des obsèques de l’ancien président tchadien, Idriss Deby Itno, le 23 avril 2021, le Syndicat National des Enseignants du Supérieur (SYNECS) s’est prononcé sur la question socio-politique qui prévaut au Tchad

La société civile, la classe politique et les autorités militaires sont divisées au sujet de la transition au Tchad, depuis l’instauration d’un Conseil militaire de transition. La Charte de transition instaurée par les forces de sécurité et de défense est contestée par plusieurs corporations, dont Syndicat le National des Enseignants du Supérieur (SYNECS). Cette organisation exige le cessez-le-feu et le retour à l’ordre constitutionnel au Tchad.

C’est dans cette optique que le SYNECS a décidé de joindre : « sa voix aux autres organisations de la société civile pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel ». Le président du Syndicat National des Enseignants du Supérieur (SYNECS), le Dr Guirayo Jérémie invite également les belligérants au cessez-le-feu, à l’arrêt des hostilités. Les enseignants et chercheurs du supérieur  estiment que le pays a déjà assez subi les affres de la guerre.
Le SYNECS propose enfin, l’ouverture d’un cadre national de dialogue inclusif qui permettra d’aborder une transition apaisée, et des élections libres et transparentes. Et demande les militantes et militants de continuer à vaquer normalement à leurs activités académiques à l’exception de ceux qui ont : « des revendications sectorielles ».

Obsèques d’Idriss Deby : son fils Abdelkérim porte le témoignage des enfants

Les enfants du Maréchal du Tchad ont rendu hommage à leur père ce 23 avril 2021, à l’issue des obsèques officielles organisées à la Place de la nation. Il révèle que son était l’incarnation pur du courage et de l’altruisme

Dans le cadre des hommages rendus à l’ancien président du Tchad, Idriss Deby Itno, l’un de ses garçons, Abdelkérim Idriss Deby a pris la parole pour parler au nom des enfants. Pour lui, la mort physique d’Idriss Deby est le début d’une nouvelle vie. Car dit-il, son père est parti en défendant sa passion de toujours. . « Tu es parti en avançant face à l’ennemi comme tu l’as toujours promis. Tu es parti après avoir dit un dernier adieu à tes compatriotes à travers une tournée qui t’a menée dans le Tchad profond et de la ville de N’Djamena »

Le fils du défunt président regrette que le Tchad ait perdu : « un père et un frère qui les aime et qu’ils aiment. Nous perdons en toi père, un papa hors du commun, un papa attachant, un papa attentionné et un papa exigeant ». La mort d’

Il salue la mémoire de son père pour sa bravoure : « Le président Idriss Deby Itno,  notre père est physiquement mort, le soldat et maréchal Deby s’en est allé horriblement dans les conditions réservées aux grands guerriers. », pour lui, Idris Deby est mort dignement, les armes à la main pour défendre l’intégrité territoriale.

Toutefois Abdelkérim Idriss Deby reconnait qu’ : « il n’existe pas de morts sans peines pour les proches du défunt, mais il ait des morts qui rendent fières les vivants malgré la douleur liée à la disparition de l’être aimé. Nous sommes fiers de toi cher père, on ne prend conscience de la valeur d’un homme, qu’après qu’il eut quitté ce bas monde. Les réactions unanimement attristés de tous les tchadiens et des amis du Tchad témoignent à suffisance de la place qu’occupait le Maréchal du Tchad dans le cœur de ses compatriotes », cite le fils du défunt d’une voix terne. Il reconnait en son père : « l’incarnation pur du courage et de l’altruisme ». « Il aimait son pays et ses concitoyens plus que sa propre vie. Il était un homme de principe et d’ouverture. Il avait un sens élevé de l’amitié et du panafricanisme. Il avait une obsession pour la paix et l’unité des tchadiens », poursuit le représentant des enfants de Deby.

La famille biologique du Maréchal promet rester fidèle à la mémoire du défunt président, en continuant à défendre aux côtés des autres tchadiens les causes pour lesquelles leur père était admiré et choyé par ses concitoyens.

Le Tchad rend un dernier hommage à Idriss Déby

Douze chefs d’Etat ont notamment assisté, ce vendredi 23 avril, aux obsèques du défunt président.Les Tchadiens ont fait leurs adieux à leur guide pendant 30 ans et dont la mort au front a été annoncée mardi dernier. Plusieurs présidents, parmi lesquels Emmanuel Macron de la France, ont pris part à l’hommage national.

Il y avait également, aux côtés de la famille biologique et politique d’Idriss Déby, Félix Tshisekedi, chef de l’Etat congolais et président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé (Guinée), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Bah N’Daw (Mali), Mohamed Bazoum (Niger), Faure Gnassingbé (Togo), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau), Faustin Archange Touadéra (Centrafrique), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Général Abdul Fattah al-Burhan (Soudan) et Mohamed al-Manfi (Libye).

Au cours de la cérémonie funèbre,  Abdelkerim Idriss Déby, l’un des fils de l’ancien président, s’est exprimé en premier : « Tu es parti en défendant ta passion de toujours, le Tchad. Tu es parti en avançant face à l’ennemi. Le Tchad perd en toi un président marqué au fer du patriotisme. Ta mort brutale nous a dévastés. Elle nous prive de tes solides épaules et ton regard lumineux. Il est des morts qui rendent fiers les vivants malgré la douleur ».

A sa suite, la veuve Hinda Déby Itno, tout de noir vêtue, a salué la mémoire de celui qui était pour elle « un époux exemplaire ». Poursuivant son éloge funèbre, l’ex-première dame du Tchad a déclaré : « Le père a disparu nous laissant en perdition dans un désert mouvant. Intrépide guerrier, invincible devant tous les périls. Nous devons porter partout le message de la paix et de la cohésion nationale. Ce sera notre héritage ».

Un autre fils d’Idriss Déby, Zacharias, a affirmé que « le monde se souviendra longtemps de ce digne fils d’Afrique » car « il représentait à la fois la fierté et l’âme de la nation tchadienne ».

Le président guinéen a abondé dans le même sens. En effet, Alpha Condé a soutenu que Déby « a montré son attachement à l’Afrique en versant son sang dans différents champs de bataille ».

De son côté, Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo a émis le souhait que la transition tchadienne menée par un Conseil militaire, présidé par Mahamat Idriss Déby, soit « pacifique, démocratique et inclusive ».

Seul chef d’État occidental présent à N’Djamena, le président français Emmanuel Macron a rendu un vibrant hommage à son ancien allié dans la lutte contre le jihadisme au Sahel : « Nous voilà réunis devant votre dépouille après trois décennies à la tête de votre pays et tant de combats livrés avec bravoure. Vous avez vécu en soldat, vous êtes mort les armes à la main. Vous avez connu la guerre, mais vous ne l’aimiez pas. Vous avez donné votre vie pour le Tchad ».

« La France ne laissera jamais personne remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad », Emmanuel Macron

Le France restera auprès du Tchad dans le cadre des combats armés, a laissé entendre le président français, Emmanuel Macron ce 23 avril 2021, dans son allocution d’hommage à Idriss Deby Itno, ancien président tchadien

Très attendu au Tchad, sur la question de l’avenir du Tchad suite à la mort tragique du Maréchal du Tchad, le président français s’est prononcé ce jour. Dans son allocution  aux obsèques de l’ancien président tchadien, Emmanuel Macron déclare que : « La France ne laissera jamais personne remettre en cause et ne laissera jamais personne menacé, ni aujourd’hui, ni demain, la stabilité et l’intégrité du Tchad ». Il rappelle qu’il y’a 80 ans, le Tchad à l’instar de quelques pays africains, a scellé à jamais : « un pacte de fraternité » avec le pays de De Gaulle. « Il nous appartient de faire vivre ce serment, c’est un serment de liberté, d’indépendance », poursuit le président du pays des droits de l’Homme.

Quant à la continuité du pouvoir, Emmanuel Macron déclare que : « La France sera également là pour faire vivre sans attendre la promesse d’un Tchad apaisé faisant une place à l’ensemble de ses enfants et toutes ses composantes. La transition aura ce rôle à jouer. La stabilité, l’inclusion, le dialogue, la transition démocratique. Et nous sommes et seront à vos côtés », va-t-il martelé.

Pour lui, Idriss Deby a écrit une page indélébile d’amitié entre le Tchad et la France. Il invite dès lors, le peuple tchadien à s’unir dans ce souvenir afin de bâtir l’avenir que sa jeunesse mérite : « dans ces nouveaux combats, de l’indéfectible amitié de la France », note le patron de l’Elysée.

« Aujourd’hui, je partage le deuil d’une nation touchée dans sa chair par le sacrifice de son premier soldat, je partage aussi le deuil d’un ami et d’un allié fidèle. Car vous avez été parmi les premiers à répondre à l’appel des pays de la région pour défendre l’Afrique contre le terrorisme armé au Sahel. En 2013, à venir au secours de vos frères maliens aux cotés de la France. Vous avez estimé que notre devoir commun était de lutter contre cet obscurantisme qui menaçait et menace encore les Etats de la région et leurs populations, dans leur liberté, dans leur existence même, dans leur dignité », Emmanuel Macron

Tchad : l’hommage de Hinda Deby Itno à son feu mari le Maréchal Idriss Deby Itno

L’ancienne première dame du Tchad a rendu un hommage plein d’émotions à son époux, le Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno. C’était à l’issue des obsèques officielles de ce 23 avril 2021 à N’Djamena

La première dame  ouvre son allocution par : « vous comprenez tout ce que ressent une mère qui perd son fils et ce que vit une femme qui perd son époux. Son autre moi !». Pour elle l’ancien président du Tchad, Idriss Deby Itno était à la fois, un époux exemplaire, un père attentionné et un conseillé avisé. D’une voix à peine audible Hinda Deby Itno a laissé entendre que : « qu’un repère entier a disparu »

« Notre guide n’est plus, mais l’étoile du berger brille dans les cieux pour nous orienter vers le bon port », se console Hinda Deby. Pour elle, l’image du Maréchal du Tchad continue de faire corps avec son peuple. La première dame se remet à Dieu après le départ du Maréchal du Tchad par ailleurs : « glorieux soldat, intrépide guerrier, débout et invincible devant tous les périls ».

La veuve de l’ancien  président tchadien invite le peuple tchadien à se tenir debout pour : « porter partout le message de la paix et de la cohésion nationale sans se préjuger des origines et des confessions, vue sa vision et tel sera notre héritage », « Nous restons en perdition dans un désert mouvant » Pour Hinda Deby, « les valeurs doivent irriguer nos veines et arroser nos cœurs de toutes leurs forces »

« Je ne peux parler du Maréchal du Tchad sans évoquer la place singulière place  qu’il a donné à la femme tchadienne. L’égalité de genre est une philosophie qui lui ait propre. Je sais que les femmes ont perdu leur tout premier avocat défenseur, mais il nous revient mes chères sœurs de tirer le meilleur parti des investissements que le Maréchal du Tchad a réalisé en notre faveur. », Conclut, Hinda Deby nen invitant tous les tchadiens à honorer la mémoire de l’ancien chef de l’Etat

« Maréchal du Tchad désormais vous êtes partis A dieu. Pour toujours vous serez dans nos cœurs Le peuple tchadien vous a aimé et vous remet à Dieu », Hinda Deby Itno

Tchad: Pourquoi Macron se rend aux obsèques de Deby?

Le président français se rend ce vendredi au Tchad pour assister aux obsèques du président Idriss Deby dont la mort a été annoncée mardi matin. C’était le meilleur allié militaire de la France en Afrique.Toute mort attriste, fut-elle celle d’un homme sur lequel les futurs chroniqueurs qui raconteront sa vie oublieraient difficilement de souligner qu’il était tout sauf un enfant de cœur: Idriss Deby, 68 ans dont 30 à la tête du Tchad grâce, en grande partie aux armes et à la force.

La mort annoncée mardi 20 avril d’Idriss Deby Itno a affecté beaucoup de monde. Au Tchad, en Afrique mais aussi en France, l’ancienne puissance coloniale qui perd ainsi celui qui était, sans aucun doute son « meilleur soldat africain ». .

Cette proximité exceptionnelle entre Paris et l’ancien officier stagiaire des écoles miliaires françaises, explique d’ailleurs la promptitude avec laquelle l’Elysée a annoncé le déplacement d’Emmanuel Macron, ce vendredi 23 avril, aux obsèques nationales du défunt président tchadien.

Né voici 68 ans environ dans une famille modeste de bergers, Bidayat – un sous-groupe du clan des Zaghawa, à cheval entre le Tchad et le Soudan – Idriss Déby se lie à la France alors qu’il n’était encore qu’un obscur officier africain envoyé dans les années 1980 pour un banal stage dans une école militaire de l’hexagone. Remarqué par les «africanistes» de l’état-major français, il est alors coopté pour être l’œil de Paris au Tchad. De retour dans son pays, les conseillers français, qui avaient la haute main sur l’armée du président Hissène Habré, l’appuient pour obtenir le poste de numéro deux de l’armée, derrière son cousin Hassan Djamous, un autre «homme de la France».

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Accusés de tentative de coup d’Etat, les deux hommes s’enfuient en avril 1989 vers le Soudan, où seul Déby parvient à s’installer, Djamous ayant été rattrapé dans sa fuite par les hommes du président Habré avant d’être ramené dans la capitale puis exécuté.

Au Soudan, Idriss Déby crée le Mouvement patriotique du salut (MPS), essentiellement composé de Zaghawas mais ouvert à d’autres groupes ethniques dont les Arabes et les Hadjéraïs, mais aussi les Saras du Sud, tous en mauvais termes avec le régime d’Hissène Habré. L’officier déserteur voyage: Tripoli, Lomé, Ouagadougou et Paris. Quand, en novembre 1990, il lance ses colonnes sur les provinces de l’est du pays, c’est à peine s’il rencontre des adversaires. Suréquipé par les Libyens et bien conseillé en secret par des experts français, il entre victorieux à N’djamena le 1er décembre.

Prisons vidées, liberté d’expression autorisée: les premiers mois de pouvoir d’Idriss Déby se déroulent dans l’euphorie. Mais très vite, l’ancien chef de guerre installe à son tour un régime autoritaire, où malgré l’instauration du multipartisme en 1993, le pouvoir, ses attributs et ses fruits sont confisqués par la petite minorité de partisans et proches chef du de l’Etat.

C’est dans ce contexte que les forages entrepris dans le sud par des compagnies américaines révèlent l’existence d’importants gisements de pétrole, dont l’exploitation en 2003 est censée assurer au Tchad un quart de siècle de confort. Mais au lieu de servir à renforcer la cohésion du clan Déby, l’arrivée de cette manne va au contraire nourrir les rivalités au sein de l’entourage proche du chef de l’Etat qui va connaître ses premières fissures graves.

Deux événements vont précipiter les déchirures au sein du clan Déby. Le premier est le conflit au Darfour: la rébellion soudanaise étant en grande partie composée de Zaghawas, beaucoup de proches du président tchadien ne lui ont jamais pardonné sa réticence à venir au secours des «frères» soudanais qu’ils estiment victimes de la répression du régime de Khartoum et ses milices janjawids. Ils sont donc entrés en dissidence.

Le second événement est la révision de la Constitution pour qu’Idriss Déby puisse briguer un troisième mandat – il a été élu en 1996 et réélu en 2001. Elle signifie pour d’autres membres du clan qu’Idriss Déby prépare une présidence à vie, ce qui aboutirait à terme à leur mise à l’écart du pouvoir alors qu’ils y étaient jusqu’ici associés au nom d’un supposé pacte de collégialité ou de solidarité.

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La première fissure qui lézarde le mur du clan éclate en mai 2004. Des gardes zaghawas tentent d’assassiner leur cousin  Idriss Déby dans son palais. Ils échouent et sont arrêtés. En octobre 2005, un second coup, cette fois plus rude, est porté au cœur du système. Après avoir essayé de tuer le chef de l’Etat,, plusieurs de ses proches dont une bonne partie des chefs de la garde présidentielle ainsi que ses deux hommes de confiance, les frères, Tom et Timan Erdimi, ses neveux, fuient vers le Soudan où ils créent le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (Scud).

A la différence du Front uni pour le changement (FUC) – allié du Soudan et auteur le 13 avril 2006 d’un assaut sur N’Djamena qui a failli sonner la fin du régime Déby -, auquel manque l’atout déterminant d’un appui d’une grande puissance, le Scud avait alors d’une bonne presse à Washington. Un argument qui fait peur autant à Idriss Déby qu’à la France, ancienne puissance coloniale et protectrice du régime de Ndjamena. Déjà absents de l’exploitation du pétrole tchadien, les français ne pouvaient guère voir d’un bon œil l’arrivée d’un régime qui ne jouerait pas dans son camp, surtout  dans un pays central de son dispositif militaire et diplomatique d’Afrique.

Scud, Fuc ou encore les différentes coalitions de rebelles qui prennent les relais, aucun adversaire armé ne parvient à défaire l’homme fort de Ndjamena. Éternel victorieux, Idriss Deby Itno ne l’aurait sans doute pas été si, à chaque fois, l’ancienne puissance coloniale qui dispose d’une base militaire dans la capitale et d’une autre à Abéché, dans l’est, n’avait envoyé ses avions intercepté les assaillants ou conseillé et armer discrètement son armée.

Un bon « guerrier » comme il aime se présenter, étant aussi un homme d’honneur, Idriss Deby n’hésite pas une seconde quand ses amis français sollicitent son aide à la veille du déclenchement de l’opération Serval en janvier 2013 au Mali. Paris mobilise alors’ d’immenses moyens humains et logistiques pour intervenir au Mali. Mais’la France a besoin d’hommes supplémentaires, de préférence issue des armées de la région. Le Tchad envoie immédiatement pres de 2000 soldats. Ils vont se révéler décisifs Cpi cours de plusieurs batailles.

Quatre ans plus tard, Idriss Deby récidive. Le Niger et le Cameroun, deux pays importants pour la France, sont menacés par les islamistes basés au Nigeria, de Boko Haram. Les incursions jihadistes dans ces deux pays se multiplient. Le Tchad est aussi touché. Il perd plusieurs soldats. L’homme fort de Ndjamena envoie plusieurs unités qui infligent de lourdes pertes aux islamistes, parfois sous son commandement personnel. Ce qui lui vaut d’ailleurs d’être élevé en août dernier à une dignité, au souvenir pourtant funeste dans cette partie du monde,  de… « Maréchal » par une session spéciale de l’Assemblée nationale.

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Juste avant sa mort en début de semaine, armes à l’a man, face aux combattants du FACT (Front  pour l’alternance et la concorde au Tchad), cette rébellion partie de Libye le 11 avril dernier, jour où Idriss Deby sollicitait un sixième mandat qu’elle voulait empêcher, il volait encore au secours d’un voisin. 1200 de ses soldats viennent d’être déployés au Niger pour chasser les jihadistes de la zone des trois frontières entre ce pays, le Burkina et le Mali.

Une grande partie de ce corps expéditionnaire étant issu des soldats d’élite de la puissante garde présidentielle, son chef n’est autre que Mahamat Idriss Deby Itno, fils du président défunt. Actuellement général quatre étoiles, 37 ans, c’est lui qui a succédé à son père après que l’armée a pris le pouvoir, mardi, et l’a désigné comme président d’un Comité militaire de transition (CMT). Il est censé organiser dans un délai de 18 mois un processus politique pour un retour à des institutions élues.

Ce vendredi 23 avril, c’est  lui qui va donc présider la cérémonie d’hommage à son père prévue dans la capitale N’djamena, en présence de nombreux chefs d’Etat dont le français. Emmanuel Macron. C’est lui qui va aussi diriger le rapatriement de la dépouille paternelle à Am Djarass pour être enterrée dans le cimetière familial situé dans ce village non loin du Soudan.

À N’djamena, parmi les témoignages qui y seront prononcés, celui d’Emmanuel Macron est, sans doute, le plus attendu. Sera t-il juste le plus touchant ou audacieusement tranchant ?

Tchad : la CNDH demande une transition pacifique

Dans une déclaration du 22 avril 2021, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a appelé à une transition pacifique au Tchad suite au décès tragique de l’ancien président, Idriss Deby Itno

Le président de la CNDH, Djidda Oumar Mahamat, a indiqué qu’avec avec la disparition tragique du Maréchal président, le Tchad, une fois de plus, est en train de traverser une période houleuse et éprouvante de son histoire.  Mais, poursuit-il : « c’est bien dans de telles circonstances qu’il faut que les Tchadiens, dans leur ensemble, sachent faire preuve de plus de sérénité, de calme et envisagent leur avenir que dans la paix, la concorde et l’unité nationale », a-t-il. D’après la CNDH, l’heure n’est pas aux agitations, aux comportements et déclarations à l’emporte-pièce, comme on peut entendre et lire dans certains médias.

La commission invite les tchadiens à ne pas perdre de vue que l’environnement d’insertion immédiat du Tchad est de plus en plus critique. Il cite entre autres, les mouvements rebelles dans la partie septentrionale prêtes à anéantir les acquis de ces dernières années, l’extrémisme violent de Boko Haram dans la province du Lac et ses environs, et les multiples affrontements intercommunautaires. Djidda Oumar Mahamat  a également rappelé que la majorité des pays limitrophes connaissent des situations sécuritaires pouvant entrainer, si l’on n’y prend garde, des conséquences désastreuses pour notre pays.

La CNDH demande au Conseil militaire de transition (CMT) d’organiser, dans les meilleurs délais, un dialogue national véritablement inclusif qui doive aboutir sur une élection apaisée, libre, transparente et démocratique, seul gage de stabilité pour le Tchad.

Tchad : une Charte de transition adoptée

Le Conseil Militaire de Transition (CMT), qui dirige le Tchad depuis la mort d’Idriss Déby Itno, a approuvé un texte de base comportant 104 articles.Aux termes de la Charte de transition, publiée mercredi soir, il y a désormais trois organes au Tchad : le Conseil Militaire de Transition, le Conseil National de Transition et le Gouvernement de transition.

Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, concentre l’essentiel des pouvoirs. A 37 ans, ce Général préside le Conseil Militaire de Transition, « l’organe de définition et d’orientation des questions de paix, de stabilité et de sécurité nationale ». Le CMT fixe également « les grandes orientations de la politique économique, sociale et culturelle ». 

Le président du Conseil Militaire de Transition occupe « les fonctions de président de la République, de chef de l’Etat et de chef suprême des Armées. Il veille au respect de la Charte de transition. Chef de l’administration, il assure par son arbitrage le fonctionnement des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat ».

Le deuxième organe, le Gouvernement de transition, composé d’un Premier ministre et de ministres, « conduit et exécute la politique de la nation définie par le Conseil Militaire de Transition ».

Enfin, le Conseil National de Transition, dont les membres sont désignés par le président du Conseil Militaire de Transition, exerce « la fonction législative » et sera chargé d’ « examiner et d’adopter le projet de Constitution ».

La transition promise par les militaires au pouvoir doit durer 18 mois avant que ne se tiennent des élections générales.

Tchad : l’église catholique s’oppose à une transition militaire et demande un cessez-le-feu

Dans une communication faite ce jeudi 22 avril 2021, le président de la Conférence épiscopale du Tchad, Edmond Djitangar invite les tchadiens de tout bord à, un dialogue national inclusif, au cessez-le-feu et au respect strict de l’ordre constitutionnel

« Nous partageons l’angoisse et les espérances du peuple tchadien qui écrit actuellement, une page délicate et déterminée de son histoire, inquiet au sujet du présent et de l’avenir », a déclaré l’archevêque métropolitain de N’Djamena, dans son allocution de ce jour.

Quant à la transition en cours, le président de la conférence épiscopale note que les évêques du Tchad joignent leur voix à tous les tchadiens qui appellent à : « un dialogue national inclusif ». Pour l’église catholique ce dialogue doit être conduit : « par une instance politiquement indépendante, crédible et neutre », pour permettre à toutes les filles et fils du Tchad de jeter les bases d’un nouvel ordre politique consensuel fondé sur : « le respect des personnes, le souci du bien commun et la promotion de la justice sociale. »

Le président de la Conférence épiscopale note que ce : « dialogue national inclusif et de réconciliation s’impose aujourd’hui comme une nécessité pour une paix durable dans notre pays mais il faut en créer des conditions favorables pour sa réussite ».

Pour cela il souhaite que tous les belligérants déclarent unilatéralement : « un cessez-le-feu sans condition, déposent les armes et se concertent ». Et que : «  la transition soit conduite dans le strict respect de l’ordre constitutionnel »

L’autorité religieuse rassure que, l’église famille de Dieu ne manquera pas d’apporter sa contribution à la réussite de ce dialogue national inclusif et de réconciliation.  Il invite dès lors, les fidèles catholiques ainsi que tous les croyants à intensifier les demandes de prières et de supplications

Tchad : des chefs d’Etats attendus ce jeudi pour les obsèques d’Idriss Deby Itno

Plusieurs chefs d’Etats sont attendus  au Tchad pour prendre part aux obsèques de l’ancien président tchadien, Idriss Deby Itno, décédé le 20 avril 2021 des suites de blessures reçues au Front. Ils commencent à arriver ce jour

Il s’agit entre autres de :

  • Emmanuel Macron, président de la France ;
  • Alpha Condé, président de la Guinée ;
  • Umaro Sissoco Embalo, président de la Guinée Bissau ;
  • Bah Ndaw, président de la transition du Mali ;
  • Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo ;
  • Mohamed Bazoum, président du Niger ;
  • Roch Marc Christian Kaboré, président du Burkina Faso ;
  • Mohamed Ould El-Ghazaouni, président de la Mauritanie ;
  • Faure Gnassingbé, président du Togo ;
  • Abdel Fattah al-Burhan, président de transition du Soudan
  • Christiane Ossouka Raponda, Première ministre du Gabon
  • Joseph Beti Assomo, ministre camerounais de la défense

Rappelons toutefois que les rebelles du FACT ont exhorté les chefs d’Etats et de gouvernements des pays étrangers à ne pas se rendre au Tchad pour les obsèques. Ces derniers font savoir que le délai donné pour l’organisation de la cérémonie est épuisé.

Tchad : 21 coups de canons demain en hommage au Maréchal Idriss Deby Itno

Le Conseil militaire demande aux populations de rester calme pendant les honneurs militaires qui seront rendus au président Idriss Deby demain, vendredi 23 avril 2021 à la Place de la Nation de N’Djamena

Les obsèques officielles de l’ancien président tchadien, Idriss Deby se tiendront demain à la Place de la Nation. Comme il est de rituel, des honneurs militaires seront rendus à celui qui a conduit le Tchad depuis 30 ans. 21 coups de canons seront tirés à cet effet

Dans un communiqué, Le Conseil militaire de Transition (CMT) fait savoir que : « conformément aux usages, il sera procédé demain 23 avril 2021 au tir de vingt et un (21) coups de canons ». La cérémonie des obsèques  du Maréchal du Tchad  Idriss Deby Itno, président de la république, chef suprême des armées se tiendra en présence d’une dizaine de chefs d’Etats et de chefs de gouvernements

Le porte-parole, le général Azem Bermandoa Agouna prie la population de rester calme, tranquille et de vaquer normalement à ses occupations au cours de cette ce rituel de salutation de mémoire du défunt à coups de canons.

 

Tchad : les rebelles demandent aux chefs d’Etats et de gouvernement invités aux obsèques d’Idriss Deby de sursoir à l’invitation

Dans la nuit du 21 avril 2021, les rebelles du FACT, directement impliqués dans la mort du président tchadien Idriss Deby Itno ont demandé aux chefs d’Etats et de gouvernement invités aux obsèques de sursoir à l’invitation

D’après le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), le délai accordé à la famille Deby pour l’inhumer prend fin ce jour 21 avril 2021 à minuit. De ce fait, le coordonnateur politique chargé de la communication des rebelles, Kingabé Ogouzeima demande aux chefs d’Etats et de gouvernement : « invités par la junte militaire à la cérémonie du 23 avril 2021 de sursoir à cette invitation pour des impératifs de sécurité »

Le FACT martèle qu’il ne reconnait pas le Conseil de transition militaire qui s’est substitué : « à la dictature tchadienne », et estime que la Charte publié par le CMT est : « illégale et illégitime ».

Le communiqué invite : « les forces vives au Tchad pour la mise en place d’un organe de transition menant vers une réelle alternance ». Les rebelles clament qu’ils : « sont plus que jamais déterminés à délivrer le peuple tchadien de cette abominable dictature ».

Précisons qu’une dizaine de chefs d’Etats ont annoncé qu’ils feront le déplacement de N’Djamena pour prendre part aux obsèques du président Idriss Deby, prévu le vendredi 23 avril 2021.

 

Tchad : les partis politiques de l’opposition dénoncent un coup d’Etat institutionnel

Réunis ce 21 avril 2021, au sujet de la crise politico-sécuritaire au Tchad, les présidents et secrétaires généraux des partis politiques de l’opposition démocratique ont condamné un coup d’Etat institutionnel opéré par les généraux

 

Les partis politiques de l’opposition démocratique au ont fait savoir dans une déclaration, qu’ils s’opposent fermement à une transition militaire au Tchad. D’après le porte-parole de ces formations politiques, Mahamat Bichara, les officiers supérieurs de l’armée tchadienne auraient créé un coup d’Etat institutionnel qui a couté la vie à l’ancien président Idriss Deby Itno. Dans la note séquencée en sept points, l’opposition : « condamne avec fermeté le coup d’Etat institutionnel opéré par les généraux après la mort du président de la république, Idriss Deby Itno le 2021 »

Les opposants politiques font également savoir qu’ils : « rejettent toute dévolution monarchique du pouvoir au Tchad et appellent à l’instauration d’une transition dirigée par les civils dans le respect de l’ordre républicain à travers un dialogue inclusif ».

Ils demandent la mise en garde des autorités françaises notamment : « le président français Emmanuel Macron, le ministre des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian et les les généraux de l’armée française de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Tchad et appellent la population tchadienne à ne pas obéir aux décisions illégales, illégitimes et irrégulières prises par le Conseil Militaire de Transition (CMT), notamment, la Charte de la Transition, le couvre-feu, la fermeture des frontières, et à demeurer vigilante, contre toute forme de prise de pouvoir ou de sa confiscation par la force ».
Le porte-parole de l’opposition démocratique, Mahamat Bichara invite : « toutes les parties en conflit à faire taire au plus vite les armes et à s’asseoir pour une solution pacifique et salutaire pour le pays ».  Et demande enfin à la communauté internationale à accompagner le peuple tchadien dans la restauration de l’état de droit et de la démocratie.

« Le non-respect de ces points pourrait amener lesdits signataires à appeler la population à un soulèvement populaire ». Conclut les présidents et secrétaires généraux des partis politiques de l’opposition démocratique

Tchad : le président de l’Assemblée nationale approuve et soutient une transition militaire

A l’issue de la  réunion du bureau exécutif du 21 avril 2021, le président de l’Assemblée nationale, Haroun Kabadi dit avoir pris acte de la mise en place du Conseil militaire en toute lucidité

Le bureau exécutif de l’Assemblée national s’est réuni hier pour permettre au président de la chambre des représentants de, faire une communication relative à la situation politique et sécuritaire dans le pays. A l’issue des échanges, Haroun Kabadi a confirmé avoir pris acte de la mise en place d’un Conseil militaire de transition

D’après les termes du communiqué, Haroun Kabadi a été entendu sur les circonstances, les démarches et les concertations ayant conduit à la mise en place du Conseil militaire de transition. Il a également rappelé : « les conditions dans lesquelles, le Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, président de la république a rendu son dernier souffle laissant le pays tout entier dans le désarroi ».

Le président de la Chambre des représentants note que : « Eu égard à ce contexte militaire, sécuritaire et politique dans le pays et la sous-région, le Président de l’Assemblée Nationale a, en toute lucidité donné son accord pour la mise en place d’un Conseil Militaire de Transition en vue d’une transition politique dans la sécurité et la paix »

Au terme des échanges, les dispositions suivantes ont été adoptées et rendu public. Le bureau exécutif de l’Assemblée nationale :

  • Prend acte de la mise en place du Conseil Militaire de Transition (CMT) ;
  • Prend acte de la désignation des membres du CMT ;
  • Prend acte de la dissolution du Gouvernement et de l’Assemblée Nationale ;
  • Apporte son soutien au CMT et particulièrement à son Président le Général de Corps d’Armées Mahamat Idriss Deby ;
  • Souhaite vivement que toutes les dispositions soient prises pour que le peuple tchadien puisse vivre dans la tranquillité, la sécurité et la paix.

Tchad : pluie d’hommages à Idriss Déby

De Dakar à Yaoundé en passant par Abidjan, les chefs d’Etat africains ont unanimement salué la mémoire du défunt président tchadien.La mort brutale d’Idriss Déby Itno a été ressentie un peu partout en Afrique. Le « Maréchal du Tchad », comme l’appellent ses compatriotes depuis que l’Assemblée nationale de son pays lui a décerné un tel titre en août dernier, avait gagné, aux yeux de l’opinion publique et de ses pairs, un statut de rempart du bassin du Lac Tchad et du Sahel contre les jihadistes.

Depuis 2013, plusieurs unités de l’armée tchadienne ont été déployées au Niger, au Nigeria et au Cameroun pour lutter contre les islamistes de Boko Haram et au Mali pour aider les forces françaises de l’opération Barkhane qui y combattent plusieurs groupes jihadistes.

Sur les réseaux sociaux, la classe dirigeante africaine a rendu un vibrant hommage au tout-puissant président du Tchad durant 30 ans. Pour son compatriote Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, Idriss Déby était « un grand homme d’Etat et un chef militaire reconnu ».

Président du Cameroun, frontalier du Tchad, Paul Biya a soutenu que c’est « une immense perte pour le Tchad, l’Afrique centrale et notre continent qu’il aura servi sans relâche ».

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Muhammadu Buhari, président du Nigeria, également voisin du Tchad, s’est dit « profondément choqué et dévasté par (cette) mort soudaine ». A en croire le successeur de Goodluck Jonathan, l’ancien homme fort de N’Djamena « a joué un rôle très actif dans leur coalition militaire régionale pour combattre les terroristes de Boko Haram ».

En 2017, les soldats tchadiens ont été d’un précieux secours au Nigeria, au Cameroun et au Niger confrontés à des attaques répétées des islamistes. Buhari a souligné que « la mort de Déby va certainement créer un grand vide ».

A la tête du Niger, Mohamed Bazoum a appris « avec une grande émotion » la disparition du président en exercice du G5 Sahel dont font partie leurs deux pays en compagnie du Mali, du Burkina et de la Mauritanie. Son prédécesseur Mouhamadou Issoufou a aussi affirmé qu’il garde le souvenir « d’un grand homme d’Etat et d’un éminent stratège ».

Roch Marc Christian Kaboré, chef de l’Etat burkinabè, a quant à lui regretté le décès « d’un frère, d’un grand panafricaniste, engagé avec conviction et détermination dans la lutte contre le terrorisme ».

Pour sa part, Bah N’Daw, président de la transition au Mali, a estimé que la mort d’Idriss Déby « est une lourde perte, non seulement pour le Tchad pour lequel il est allé jusqu’au sacrifice suprême, mais aussi pour la région sahélienne et l’Afrique ».

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Signe de la compassion de l’Etat malien, un deuil de trois jours, à compter de ce mercredi, a été décrété sur toute l’étendue du territoire national.

De l’avis du chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, « l’engagement (du défunt) pour la paix au Tchad et la stabilité du Sahel fut constant ». C’est pourquoi son homologue sénégalais, Macky Sall, a rendu « un hommage appuyé à (Déby) pour sa contribution à la stabilisation » de la zone sahélienne.

Enfin, Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, a manifesté sa « consternation » suite au « décès tragique de (son) ami et frère ».

Idriss Déby Itno (68 ans) serait mort les armes à la main en affrontant les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) venus de la Libye et dont l’objectif déclaré est de renverser son régime. 

L’annonce du décès du président tchadien est intervenue mardi 20 avril, quelques heures seulement après que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a déclaré sa victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle du 11 avril dernier avec 79,32 % des suffrages valablement exprimés.

Désormais, c’est son fils, Mahamat Idriss Déby (37 ans), qui a pris les rênes du pays suite à la mise sur pied d’un Conseil militaire de transition (CMT). Celui-ci est censé conduire le Tchad vers des élections générales dans 18 mois.

Tchad : « tous ceux qui veulent continuer le système Deby vont finir par la petite porte », Succès Masra

Le leader des Transformateurs, Succès Masra s’oppose à une transition militaire et à une continuité du système Deby au Tchad. Il interpelle les partenaires du Tchad et les organisations de la société civile.

 

La transition militaire instaurée au Tchad suite au décès du Maréchal inquiète le président des Transformateurs. Interviewé par TV5 Monde ce 21 avril, Succès Masra s’est ouvertement opposé à la continuité du système Deby. Il révèle avoir rencontré le président Déby avant sa mort pour le prévenir de : « sa mort programmée presque ». « Je l’ai rencontré pour lui dire de renoncer au sixième mandat dont il a exclu tout le monde », confie Succès Masra qui regrette avoir été disqualifié de la présidentielle du 11 avril 2021. « Il m’a éliminé de la course en relevant l’âge pour être candidat à la présidence », déclare l’homme politique.

Pour Succès Masra, la crise politico-sécuritaire qui prévaut en ce moment au pays, serait en partie l’œuvre des partenaires du Tchad. « Tous les partenaires de notre pays qui étaient silencieux, incapables de dire à monsieur Deby que ce qu’il faisait pour exclure 80% de la population était intenable. Aujourd’hui je constate qu’ils prennent acte d’un coup d’Etat organisé pour perpétuer un système. Le peuple tchadien ne veut pas d’une transmission dynastique du pouvoir », pour lui la prise de pouvoir par les militaires après la mort du chef de l’Etat s’assimile à un « coup d’Etat ».

Le plus jeune opposant tchadien botte en touche la Charte de transition instauré par les militaires. Il estime que le document qui a : « été fabriqué dans la nuit » pourrait favoriser le maintien du Conseil militaire de transition au pouvoir pour près de 4 ans. « Je vois que la transition n’est plus pour 18 mois, c’est pour 4 ans presque. 18 mois fois 2. Parce que la transition peut être prorogée et sera prorogée »

Toutefois, il propose un dialogue avec la participation, des rebelles, des organisations de la société civile, et des partis politiques pour trouver une nouvelle trajectoire à l’avenir du Tchad.

Tchad: quels défis après la mort de Deby (décryptage)

Le Professeur Zacharia Ousmane Ramadan, président du centre Tchadien d’études stratégiques et analyses prospectives décrypte pour APA News le bilan des trente ans de pouvoir du président tchadien Idriss Déby Itno, les conséquences de sa mort sur la stabilité du Tchad et son engagement dans la lutte contre le jihadisme au Sahel.Quel bilan Idriss Déby Itno, dont la mort a été annoncée mardi 20 avril, laisse-t-il après 30 ans de règne sur le Tchad?

Le président Idriss Déby Itno laisse un bilan à la fois exceptionnel et controversé.
Quand il était arrivé au pouvoir, le pays et la sous région étaient le théâtre de graves crises politiques qui paraissaient insolubles. Le Tchad était le théâtre d’une multitude de rébellions et beaucoup de pays voisins connaissaient de graves tensions. Idriss Déby est parvenu à la fois à stabiliser le Tchad et lui éviter d’être entraîné dans les différentes crises qui sévissaient chez les voisins.

On peut distinguer plusieurs périodes dans le long règne de Déby. De sa prise du pouvoir en 1990, jusqu’au début des années 2000, il s’était attelé à juguler les différentes rebellions et à stabiliser le pays. C’est dans ce contexte qu’il avait permis l’organisation d’une conférence nationale souveraine qui avait jeté les bases d’un processus démocratiques qui a permis l’organisation régulière d’élections quelles soient transparentes ou pas, ces élections ont largement contribué à stabiliser le pays.

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De 2000 à 2010, période qui a coïncidé avec les premiers revenus de l’exploitation du pétrole, Déby a eu les moyens financiers pour se lancer dans un important programme d’infrastructures qui a largement transformé le pays et dont il a tiré un bénéfice certain en termes d’image au sein de l’opinion.

Plus tard, l’émergence de nouveaux foyers de tensions à partir de 2010, comme en Centrafrique, au Nigeria avec Boko Haram, en Libye après la chute du colonel Mouammar Kadhafi puis au Sahel avec l’apparition de groupes jihadistes au Mali et dans la région, a poussé Déby à s’engager sur plusieurs fronts militaires. Cet engagement qui lui a valu d’être considéré comme le meilleur allié de la France et des puissances occidentales dans la lutte contre le jihadisme au Sahel, l’a progressivement détourné des réalités du pays. D’où les tensions qui ont émaillé le Tchad juste avant l’élection présidentielle du 11 avril dernier dont il a été déclaré vainqueur quelques heures seulement avant l’annonce de sa mort.

Quelles pourraient être les conséquences de la mort d’Idriss Déby Itno sur la stabilité du Tchad?

Les premiers pas de la junte qui a pris le pouvoir immédiatement après l’annonce de la mort d’Idriss Déby influenceront sans doute l’avenir immédiat du Tchad. Elle est confrontée à des défis variés et complexes. Mais l’un d’entre eux devrait compter plus que les autres et il est d’ailleurs le premier auquel la nouvelle équipe au pouvoir sera confrontée. C’est la cohésion et l’unité au sommet de l’Etat. Il faut absolument que les successeurs d’Idriss Déby parviennent à rester soudés pour pouvoir conduire le pays vers une transition pacifique loin des luttes intestines qui sont souvent, dans ce genre de situation, fatales pour les hommes au pouvoir et le pays aussi. Le défi est d’autant plus énorme que le système par lequel Idriss Déby Itno avait réussi à gérer le pays durant trois décennies avait été conçu et organisé entièrement autour de sa propre personne. Ce n’est pas une situation propre au Tchad. Beaucoup de pays africains connaissent ou ont connu ce genre de situation, ce qui explique d’ailleurs ce perpétuel casse-tête qu’est la construction toujours inachevée des Etats et des nations sur le continent. Le Tchad n’échappe pas à cette réalité, malgré pourtant le leadership exceptionnel démontré par Idriss Déby itno et qui lui est reconnu d’ailleurs dans la sous-région et dans toute l’Afrique.

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Il faut donc espérer que le nouveau pouvoir se montre ouvert envers le reste de la classe politique et la société civile et éviter coûte que coûte les tiraillements fratricides et la tentation d’une gestion solitaire des affaires de l’Etat. L’exercice ne doit pas être facile dans un pays qui en soixante ans d’indépendance n’a connu qu’une petite période allant de sept à douze ans maximum sans grande catastrophe, comme la guerre, la sécheresse, l’invasion de criquets pèlerins qui ravagent les récoltes, etc.
La nouvelle équipe au pouvoir pourra-t-elle maintenir les engagements du Tchad dans la lutte contre le jihadisme au Sahel dans le bassin du Lac Tchad où Idriss Déby Itno avait, ces dernières années, envoyé plusieurs milliers de soldats?

Il y a peu de chance de voir le Tchad se retirer de ses engagements extérieurs dans la lutte contre le jihadisme. La nouvelle équipe au pouvoir étant composée des principaux collaborateurs militaires du président défunt, elle maintiendra sans doute les engagements pris par Idriss Déby. Les soldats engagés aux côtés de l’armée française au Mali y resteront. Ceux qui se trouvent engagés aux côtés des armées voisines contre les islamistes de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad y resteront. En fonction de l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays, une partie de ces soldats pourrait cependant être rapatriée.

Mort de Deby : le Mali décrète trois jours de deuil national

Le président de la transition au Mali, le chef de l’Etat Bah N’Daw a décrété trois jours de deuil national sur toute l’étendue du territoire malien à compter de ce mercredi à zéro heure en hommage au président Tchadien Idriss Déby Itno décédé mardi des suites de ses blessures après des combats avec des rebelles.

Les drapeaux seront mis en berne sur tous les bâtiments et édifices publics du Mali pendant toute la durée du deuil, précise le décret de déclaration de deuil parvenu à APA.

Le président Tchadien Idriss Déby qui était le président de la coalition G5 Sahel, était également considéré comme l’un des piliers de la lutte antiterroriste au Sahel.

Ainsi des soldats Tchadiens sont engagés dans la Mission des Nations-Unies au Mali ( MINUSMA) pour lutter contre les terroristes.

Idriss Déby Itno avait été réélu après la présidentielle du 12 avril dernier pour un sixième mandat à la tête du Tchad qu’il dirige depuis 30 ans. Après l’annonce de sa mort, une transition militaire a été mise en place et est présidée par le général Mahamat Idriss Déby, le fils du président Déby qui était le responsable de la garde présidentielle.

Cette transition devrait durer 18 mois avant d’organiser de nouvelles élections.

Tchad : le conseil militaire de transition réhabilite le gouvernement et rouvrent les frontières

Le Conseil militaire de transition au Tchad, a revu les heures de couvre-feu, ouvert les frontières du Tchad et autorise les ministres à continuer à exercer jusqu’à la mise sur pied d’un nouveau gouvernement

Dans une déclaration du 20 avril 2021, suite à l’annonce du décès du président Idriss Deby, le Conseil militaire de transition a décidé de dissoudre le gouvernement et l’Assemblée nationale et d’instaurer un deuil national de 14 jours dans tout le pays.

Certaines des mesures suscitées ont été réaménagées ce jour pour apporter de la clarification et éviter la confusion.  Le couvre-feu est ramené de 20 heures à 5 heures du matin et les frontières aériennes et terrestres ont été recouvertes à partir de ce jour par les militaires qui comptent assurer la transition pendant 18 mois.

Le Conseil militaire de transition, invite les ministres à assurer : « la continuité des services publics jusqu’à la mise en place du nouveau gouvernement de transition ». Il instruit les membres du gouvernement à : « continuer à expédier les affaires courantes et ne peuvent prendre aucune nouvelle mesure relative à l’affectation, nomination du personnel, engagements de dépenses, réforme de véhicules ».

Tous les services publics et privés doivent également fonctionner normalement sur toute l’étendue du territoire national, indique le communiqué signé par le porte-parole de l’armé, Azem Bermandoa Agouna.

Dans un autre communiqué, le Conseil national de transition indique que le : « le deuil national ne signifie, nullement l’arrêt du travail ». L’administration publique et les services privés doivent continuer à fonctionner, les fonctionnaires et autres agents de l’Etat sont tenus d’être à leurs postes de travail. Les commerçants et les transporteurs doivent vaquer normalement à leurs activités.

Tchad : le vice-président de la transition présente les nouvelles orientations aux diplomates

Le vice-président du Conseil militaire de transition, Djimadoum Tiraina a eu un échange avec les diplomates et  les représentants des organisations internationales dans la soirée du 20 avril 2021.

Le général de division, Djimadoum Tiraina a présenté les mécanismes mis sur pied pour gérer la transition militaire pendant 18 mois. Il a fait savoir que, au vu de la situation sécurité sous et de la menace terroriste les militaires vont : « défendre l’intégrité du territoire et éviter que le pays ne sombre dans le chaos et l’anarchie que les forces de défense et de sécurité ont pris leur responsabilité devant l’histoire ».

Il rassure que les militaires n’ont pas l’intention de conserver le pouvoir mais d’assurer la transition pour : « rendre le pouvoir à un gouvernement civil à l’issue des élections libres et démocratiques dans un délai de 18 mois ». Il note également que, le Conseil militaire de transition sera le garant des traités et accords internationaux et divers engagements pris par le Tchad

Notons que le  Conseil militaire de transition mis en place après le décès du président, Idriss Deby Itno a institué une Charte qui lui permet d’accrédité les ambassadeurs et les envoyés spéciaux.

Le Mali décrète trois jours de deuil nation pour rendre hommage au président tchadien Idriss Deby

Le 20 avril 2021, Le président de la transition, chef de l’Etat du Mali,  Bah N’DAW a décrété un deuil national de trois dans tout le pays pour rendre hommage au Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno

« Un deuil national de trois (03) jours, à compter du mercredi 21 avril 2021 à zéro heure, est déclaré sur toute l’étendue du territoire national en hommage au président du Tchad le Maréchal Idriss Deby Itno, décédé le 20 avril 2021 », peut-on lire dans la note.

Il est précisé dans le décret que : « Les drapeaux sont mis en berne sur tous les bâtiments et édifices publics pendant toute la durée du deuil ». Ce deuil national de trois jours vise à rendre hommage au Président du Tchad, Maréchal Idriss Deby Itno, décédé ce mardi 20 avril 2021.

Il est important de préciser que, Idriss Deby a joué un rôle décisif dans la lutte contre le terrorisme au Mali. Des milliers de militaires tchadiens sont tombés au Nord du Mali en essayant de repousser le terrorisme. Il était également un maillon incontournable dans la protection de l’espace G5 Sahel.

Tchad : les rebelles du FACT annoncent qu’ils sont en route pour N’Djamena

Dans une déclaration faite dans la nuit du 20 avril 2021, le Front pour l’Alternance et la Concorde (FACT) ont annoncé qu’ils sont de nouveau en route pour N’Djamena dans l’objectif de déloger le conseil militaire mis en place pour assurer la transition

Quelques heures après l’annonce de la mort de l’ancien président du Tchad, Idriss Deby le 20 avril 2021 par l’armée, un conseil militaire de transition chapeauté par le fils du défunt a été mis en place. Suite à cela, le Front pour l’Alternance et la Concorde (FACT) à l’origine des affrontements qui ont entrainé la mort du Maréchal fait savoir dans un communiqué qu’il : « Il ne peut y avoir de dévolution dynastique du pouvoir dans notre pays. »

« Le Tchad n’est pas une monarchie », laisse entendre le coordonnateur politique chargé de la communication du FACT, Kingabé  Ogouzeimi de Tapol. Il indique de ce fait que : « Les forces de la résistance nationale du Front pour l’Alternance et la Concorde font route en ce moment même vers N’Djamena. Avec assurance, mais surtout avec courage et détermination»

Il console ainsi les familles éplorées en ces termes : « alors, vous, mères tchadiennes éplorées ; vous, la veuve, vous la fille, le fils qui avez perdu un fils, un mari, père, une sœur, un frère; vous toutes les victimes de cette implacable dictature de ces trois dernières décennies: emplissez la terre et l’espace tchadiens avec des hymnes de la Paix. Emplissons ensemble nos poitrines et nos cœurs avec des aspirations de la Paix. Faisons de notre hymne national une réalité qui fleurit et qui vit. Faisons de l’espoir un code de conduite et d’effort ».

Le FACT annonce qu’il est aux portes de N’Djamena : « pour faire sonner les cloches non pas de la haine ni de la division, mais pour faire sonner les cloches de la Paix et de la nouvelle espérance. Et quand elles sonneront, il n’y aura plus de mains au Tchad pour battre le Tambour de la guerre »

Mort de Déby : la France perd un allié majeur en Afrique

La mort du président tchadien, Idriss Déby Itno, est une mauvaise nouvelle pour la France dont il était un des meilleurs alliés militaires en Afrique.Entre Idriss Déby Itno et la France, c’est une longue histoire. En 30 ans de règne, ce fils de berger Zaghawa (une ethnie à cheval entre le Tchad et le Soudan), passé par les bancs des écoles militaires tricolores et les rangs des rébellions, a vu se succéder cinq présidents au palais de l’Elysée: François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et aujourd’hui Emmanuel Macron.

Avec chacun d’entre eux, le Tchadien a su se montrer si utile qu’il est devenu une pièce incontournable pour la France en Afrique. Lors du lancement de son opération Serval, en janvier 2013, destinée à chasser les jihadistes des villes qu’ils occupaient alors dans le nord du Mali, Paris n’a trouvé meilleur allié que les fantassins des forces d’élite tchadiennes envoyés par Idriss Déby Itno et dont le commandement avait été confié à des hommes de confiance désignés par lui-même. Parmi eux, son fils, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, général quatre étoiles, désormais nouvel homme fort du pays après son installation au pouvoir à Ndjamena, à la tête d’un Comité militaire de transition (CMT) qui a suspendu la constitution et dissous le gouvernement et l’Assemblée nationale. 

Quatre ans plus tard, en 2017, quand face aux offensives tous azimuts lancées alors par les islamistes de Boko Haram au Nigeria, au Cameroun et au Niger, ce sont les renforts envoyés par Déby qui font reculer les jihadistes. Il y a quelques semaines, 1200 de ses soldats tchadiens supplémentaires ont, encore, été dépêchés dans l’ouest du territoire nigérien par Déby pour appuyer la force française Barkhane. Celle-ci a pris le relais de Serval en 2014 mais peine encore à éradiquer les groupes jihadistes au Sahel, dont les attaques sont souvent très meurtrières à l’image de celles récurrentes des combattants de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) très actifs dans la zone des trois frontières entre le Burkina, le Mali et le Niger.

Avec la disparition inattendue de celui qui était sans conteste un de ses meilleurs alliés militaires en Afrique, la France a reconnu avoir perdu « un ami courageux qui a œuvré à la stabilité de la région durant trois décennies » et le Tchad « un grand soldat et un président (ayant travaillé) sans relâche pour la sécurité du pays ».

Dans un communiqué posté sur le site de l’Elysée, la France a compati à l’« épreuve » que traverse le peuple tchadien, avant d’exprimer « son ferme attachement à la stabilité et à l’intégrité territoriale du Tchad ». Pour sa part, Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a salué la mémoire d’« un partenaire fiable » de la France.

Après la mort du chef d’état-major de l’armée lors d’un précédent affrontement entre l’armée régulière et les combattants du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), cette rébellion basée en Libye et qui a lancé ces derniers temps une offensive en direction de la capitale Ndjamena,  Idriss Déby Itno avait pris lui-même le contrôle des opérations. Mal lui en  a pris. Celui qui vient tout juste de se faire introniser, en août dernier, Maréchal du Tchad, n’a pas survécu à cet énième déplacement sur la ligne de front comme il aime le faire à chaque fois que son armée est attaquée. 

La France comme les autres amis du président défunt s’apprêtait d’ailleurs à le féliciter pour sa réélection pour un nouveau mandat à la tête du Tchad. Selon un communiqué de la Commission électorale indépendante (CENI) rendu public lundi, soit quelques heures avant que sa mort ne soit annoncée, le Maréchal Idriss Déby Itno, 68 ans, qui briguait un sixième mandat de président, a été déclaré élu avec  79,32 % dès le premier tour du scrutin organisé le 11 avril dernier.

Paris qui officiellement s’est toujours déclaré hostile aux coups d’Etat s’est contenté, après l’annonce de la prise du pouvoir par l’armée, de prendre « acte de l’annonce, par les autorités tchadiennes, de la mise en place d’un Conseil militaire de Transition ». 

Toutefois, l’Elysée a souligné « l’importance que la transition se déroule dans des conditions pacifiques, dans un esprit de dialogue avec tous les acteurs politiques et de la société civile, et permette le retour rapide à une gouvernance inclusive s’appuyant sur les institutions civiles ».