Une Lettre ouverte de Ndolembai Njesada empreinte d’humilité adressé au président de la République Mahamat Idriss Deby Itno, exhorte à transformer le pouvoir en héritage en écoutant le silence interpellateur du peuple.
« LUNDI DE PÂQUES : ENTRE ESPOIR, VÉRITÉ ET RESPONSABILITÉ
À Son Excellence le Maréchal du Tchad,
Président de la République, Chef de l’État, Mahamat Idriss Deby Itno
En ce jour de Lundi de Pâques, je vous écris avec respect, mais surtout avec le cœur. Non pas seulement comme citoyen, mais comme un fils de cette Nation qui aime profondément son pays et qui refuse de perdre espoir.
Pour beaucoup de nos compatriotes, cette journée symbolise la victoire de la vie sur la mort, de l’espérance sur la souffrance, du pardon sur la rancœur. Et c’est justement parce que ce jour porte un tel message que je me permets de vous parler avec sincérité.
Excellence,
Il est difficile aujourd’hui d’ignorer la fatigue de notre peuple. Une fatigue silencieuse, mais bien réelle. Elle se lit dans les regards, dans les conversations, dans les préoccupations quotidiennes des familles.
Dans nos quartiers, nos villages, nos villes, les attentes sont simples : vivre en sécurité, manger à sa faim, avoir accès à l’eau potable, aux soins, à l’électricité, pouvoir se déplacer sans craindre les routes impraticables ou les inondations à venir. Ce ne sont pas des revendications excessives. Ce sont des besoins humains, fondamentaux.
Monsieur le Président,
Au-delà des difficultés matérielles, il y a aussi un besoin profond de droiture et d’égalité de traitement. Beaucoup de Tchadiens veulent simplement sentir que leurs efforts comptent, que le mérite est reconnu, que les règles sont les mêmes pour tous.
Quand cette confiance disparaît, c’est le lien entre le peuple et ses institutions qui s’affaiblit. Et lorsqu’il s’affaiblit trop, c’est l’espoir lui-même qui vacille.
Excellence,
Permettez-moi de vous parler avec une certaine proximité, presque comme à un frère. Car au-delà des fonctions, il y a des liens humains que nous n’oublions pas.
La situation de Succès MASRA touche profondément une partie du peuple. Pas uniquement pour des raisons politiques, mais parce qu’elle renvoie à quelque chose de plus profond : le besoin de réconciliation, de compréhension et d’unité.
Je me permets de vous le dire avec humilité : un geste de votre part pourrait changer beaucoup de choses. Un geste de coeur, d’ouverture ou de dialogue.
Pas comme un renoncement, mais comme un acte de grandeur. Comme une main tendue qui apaise, qui rassemble, et qui montre que la force d’un dirigeant se mesure aussi à sa capacité à unir.
Monsieur le Président,
Je vous parle aussi comme à un père. Un père ne veut pas voir ses enfants divisés, blessés ou désespérés. Il cherche à réparer, à apaiser, à protéger. Aujourd’hui, beaucoup de Tchadiens attendent ce geste. Pas un geste parfait. Mais un geste humain.
Excellence,
Je rêve d’un Tchad où l’on peut marcher librement sans peur, où les différences ne deviennent pas des divisions, où les blessures du passé laissent place au pardon. Un Tchad où le peuple retrouve confiance en ceux qui le dirigent. Ce rêve n’est pas irréaliste. Il est à portée de décision.
En ce lundi de Pâques, qui rappelle que même dans les moments les plus sombres, la lumière peut renaître, je garde l’espoir sincère que des actes forts viendront redonner souffle et confiance à notre Nation.
Car au final, Excellence, l’Histoire ne retient pas seulement ceux qui dirigent, mais surtout ceux qui ont su écouter, tendre la main et rassembler. Le pouvoir construit l’autorité, mais c’est le cœur du dirigeant qui construit la grandeur. Et dans les moments décisifs, il est bien vrai que les décisions ordinaires ne changent pas une Nation, mais les actes courageux certes réconcilient un peuple avec lui-même.
Je vous adresse ces mots avec respect, avec émotion, et avec la conviction profonde qu’un seul geste de votre part peut changer le cours de notre histoire.
Car parfois, il suffit d’un acte de courage pour transformer le pouvoir en héritage, et un dirigeant en homme d’Histoire. La véritable grandeur d’un dirigeant ne se mesure pas à la force qu’il impose, mais à la paix qu’il sait instaurer.
Je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de mon profond respect.
Votre Humble Serviteur, »






























