Malgré les campagnes de vaccination d’urgence, la maladie continue de circuler dans plusieurs zones, notamment dans les provinces accueillant des réfugiés soudanais.
La lutte contre la rougeole reste un défi sanitaire majeur au Tchad. Dans l’est du pays, où l’afflux de réfugiés fuyant le conflit au Soudan accentue la pression sur les structures de santé, plusieurs flambées épidémiques ont été signalées depuis le début de l’année 2026. La situation est particulièrement préoccupante pour les enfants, premières victimes de cette maladie hautement contagieuse.
À Adré, dans la province du Ouaddaï, la progression de la maladie a été particulièrement marquée. Selon Médecins sans frontières (MSF), les cas de rougeole sont passés de 16 en janvier à 371 en mars 2026. Au cours des deux premières semaines d’avril, 161 nouveaux cas avaient déjà été recensés. Face à cet afflux de malades, l’organisation a dû renforcer ses capacités d’accueil pédiatrique, faisant passer de cinq à quinze le nombre de lits réservés aux enfants atteints de rougeole.
Pour contenir la propagation de l’épidémie, les autorités sanitaires, avec l’appui de leurs partenaires humanitaires, ont multiplié les campagnes de vaccination d’urgence. À Adré, plus de 95 500 enfants ont ainsi été vaccinés contre la rougeole. Dans la province du Sila, plus de 113 000 enfants ont également reçu le vaccin en l’espace de quinze jours.
La riposte s’est aussi étendue aux camps de réfugiés et aux localités environnantes. Au camp de Zabout, dans le Sila, une intervention conduite par ALIMA et Alerte Santé entre février et mars a permis d’enregistrer plus de 100 cas suspects et d’atteindre plus de 95 % de la cible vaccinale définie.






























